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06/07/2017

Ma première fugue

Ha mais voilà c'est Christiane é m'a filé des devoirs de vacances... Faut tout faire, hein ! Y a que ma première cuite je vous raconterai pas, hattendu qu'elle est encore en cours...

 

La première fugue elle c'est le contraire elle l'est pas encore ! C'est comme la sonate de Vinteuil helle est introuvable ; au moins comme les Shadoks j'ai pas pu la rater, même le premier essai je l'ai pas encore raté ; donc c'est l'échec de l'échec, quoi... C'est un peu comme le suicide, finalement : si on est trop sûr de réussir vaut mieux laisser les aléas décider de la décision. C'est un happel au secours, le suicide, nichtevare ? Mais s'il n'y a plus rien à secourir ! Ca vaut pas des masses le coup... La fugue c'est pareil jusqu'à Pontault-Combault ça va... Mais si on quitte la planète ! Personne va y venir, dans les vides sidéraux... Forcément, y a rien à becqueter !

 

Ce que je s avais pas, c'est qu'il existait l'Assistance Publique. Enfin si, je le savais, puisque finalement des tas de types essetraordinaires en sont issus, mais je faisais pas le lien avec le principe d'une fugue, ou plus précisément je me représentais pas un gazier tout seul aller frapper à la porte de ce gourbi-là comme autrefois les monastères les églises... Pourtant c'eût pas été une idée hidiote, tant il est vrai que tous les espoirs sont permis dans la mesure où les études les plus comacs sont aussi les plus gratosses on peut même y être payé dedans ! Si on prend l'X. ou l'Ulm les conditions sont les mêmes y en a que trois :

 

- être vrounzé : bon ben là ça roule, puisque l'Auvergne c'est entre Dunkerque et Tamanrasset ;

 

- Avoir un profil physique  machin truc : pareil c'est compris dans le prix c'est pas le poids du bicorne...

 

- Satisfaire aux épreuves du concours d'admission... Comment ça ? Faudrait voir... Euh... Y a pas des dispenses ? Passeque comme dirait Jean Yanne ça serait trop bête de foirer pour des formalités !

 

N'empêche que c'est vrai on y va en stop reste juste à payer les cartouches d'encre...

 

C'était presque à la mode, à un moment, ces fugues ; en tous cas compte-rendus à la téloche, parfois plusieurs jours d'affilée. A table c'est toujours gênant, les enfants on a plutôt intérêt à piquer du nez, comme on dit, dans notre assiette ; la télé le soir à table, c'est bien les jours de mauvaise note, parfois au pluriel ! Mais il peut y avoir des dommages collatéraux on apprend à se méfier de tout... On savait jamais exactement comment elles se terminaient, ces brillantes escapades ; normalement c'étaient toujours les volaillons qui les rechopaient ; voire ! Si on écoutait entre les mots, il me semblait bien, à moi, que c'était plutôt le gus qui commençait à fatiguer... "A bout de ressources" : ça en disait long ! Et bien sûr ça fait réfléchir... Les poulagas mon père au volant comme tout le monde il vitupérait les flics ; mais sinon il me semblait que pour lui c'était quelque chose, ces loupiots-là. Je l'ai su bien haprès : quand lui était enfant, donc entre les deux guerres, dans les bleds en Auvergne il les voyait arriver dans des tournées de plusieurs jours ; et ils étaient à cheval ! Ha mais oui... Comme dans la Sioule ! C'est cela qui impressionnait...

 

Du coup c'était pas gagné, cette histoire... La partie western, c'était trop imprécis pour effrayer vraiment ; mais la clape le reste la survie, quoi ? Pas net pas net pas net ! Donc vous m'avez compris, un coup foireux ça m'a pas botté j'ai jamais changé de niche. Tout de même, quelques années après c'est peut-être mon frère qui a eu le mot de la fin.

 

Il était parti sur médecine (encore un !), donc bail à dix ans, douze ans, quinze ans avec leur maudit internat. Moi ma gueule tout le contraire, prépa bachotage à fond maxi comme le boeuf. Je ne rentrais plus que le week-end, parce qu'on avait trouvé un internat pas trop trop loin, et là ça marnait. Sinon on avait eu Hache quatre, grâce à ma mère qui chaque fois se coltinait le dossier d'admission. Seulement en ces temps-là, Hache quatre entre autres c'était beaucoup de paroles, encore plus de politique ; excessivement sympa, mais pas au programme ! D'un autre côté mon père me racontait que lui de son temps à Saint-Etienne ils avaient plus fort que les bicas, les pentas ! Et puis aussi il y aurait eu les trajets, par la célèbre ligne de Sceaux...

 

Hadonc mon frolot un de ces weekends il me dit :

 

- Finalement c'est toi qui as trouvé le moyen de te barrer des parents le plus tôt possible !

 

Naturellement j'ai force dénégué... Mais est-ce qu'on le sait jamais vraiment soi-même...

08/06/2017

Mon meilleur ami

C'est quelqu'un qui a fait carrière comme professeur d'anglais dans un lycée, un bon lycée, en grande banlieue côté nord. Agrégé, et il le méritait bien puisque dès les premières semaines en sixième il commençait déjà à me bassiner avec les Anglais, leurs textes, leur humour, ponctuant une large rasade de ses phrases d'un "élémentaire, mon cher Watson" bien senti. Lui comme professeur a naturellement vécu les débuts de l'EAO et s'est augustement fendu d'un didacticiel lui aussi bien senti puisque publié chez l'éditeur scolaire de rigueur.

 

Il avait reçu pour Noël un énorme magnétophone à bande, et s'était mis immédiatement en devoir de composer une oeuvre parlée, une saynète, en français quand même mais tournant toujours autour de l'Angleterre, des détectives, une sorte de polar, avec des cadavres il fallait faire sérieux. Lui bien entendu il se prenait le rôle du Sherlock Holmes de service, et moi il m'embauchait dans les faire-valoir, il y en a toujours un tas qui gravitent ; ce que j'aurais voulu c'est le cadavre, un peu comme au bridge, d'autant que j'étais atterré  par ma voix au magnéto...

 

On était vraiment complémentaires, dans la mesure où lui, sans pourtant de compromission, était quand même du côté où on se tire des flûtes ; moi c'était non seulement l'inverse, mais je créais la catastrophe et le truc inextricable pratiquement par osmose. Un jour il dit à sa mère, qui l'a répété à la mienne : "Serge, c'est le Cid" ; autrement dit j'étais déjà passablement sclérosé, mais cela a empiré par la suite, où un copain m'a sorti : "N'oublie jamais que si Sergio rencontre un autobus, c'est quand même lui qui a raison !"

 

On a été séparé de classe dès la cinquième, parce que j'étais germaniste, mais jusqu'à ce qu'ils quittent le bled (Verrières-le-buisson) quelques années plus tard, on a passé toutes nos récrés ensemble, ce qui sauvait les meubles. Un temps la grande affaire fut qu'il me raconte Belphégor, parce que de mon côté même avec un père ingénieur qui de surcroît avait construit le poste radio avec des tubes électroniques, la télé est longtemps resté, elle, un peu le grand Satan... Sinon c'était la fusée, on voulait faire une fusée avec un corps de Critérium ou encore des tubes de médicaments, on passait beaucoup de temps à en discuter ; finalement on a surtout récupéré la poudre des pistolets à amorces, c'était déjà quelque chose...

 

A la communale, comme on disait encore un peu, là c'était très féroce il était toujours inexpugnablement premier ; rien à faire ! Ca arrangeait pas mes affaires je me faisais engueuler... On s'est revu très longtemps jusqu'au bac, j'allais chez lui à Franconville ; un peu plus tard aussi, de loin en loin...

27/05/2017

Tête de bois

Le figuratif, c'est déjà de l'identité !