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20/11/2017

Une_chaise_de_jardin

Ami lecteur public chéri mon amour, Achtung ! Car l'heure est grave, très grave... Le hasard de mes circonvolutions cérébrales ou assimilées m'a fait exhumer d'un malheureux tiroir un ours de chez ours, comme on dit, et quel ours ! Une platrée de guimauve aux hépinards farcis qu'on en dégobille d'avance comme le chat qui se purge...

 

Que tu acceptes ou non ta mission n'a que peu d'importance, hami, attendu que dans les deux cas ce qui est attendu est : ouverture du feu immédiate et de la dernière férocité ! Aucune mansuétude, tout, chaque mot, chaque virgule, chaque lettre même absente doit passer à la trappe... Cornes d'Ubouille... Plus rien rester ! Le fameux champ de ruines à la Roman Polanski, quoi... Le pilon avant de commencer !

 

Bon c'est parti ; comme c'est aussi plaisant que de l'huile de foie de morue, j'en mets pas lerche. No surrender !

 

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I

   

Une chaise de jardin, avec des gouttes d'eau qui attendent. En métal vert foncé, tarabiscoté façon école de Nancy. Un beau vert, qui passe inaperçu près des feuilles elles aussi parsemées de larmes immobiles. Il a plu mais c'est normal ; dans l'été, il faut aussi du gris morose et plein d'espoir.

 

Quel espoir, on ne sait pas. Mais les jours veulent promettre. D'ailleurs le mot est impropre. Il faudrait plutôt dire : « une saison qui ne devrait jamais s'arrêter ». Un ciel azur n’ajoute rien à l'affaire. Mieux vaut l'incomplétude, c'est un peu comme en amour.

 

Et puis, ces allées, ces marches humides elles aussi. Mais ce n'est pas gênant. Même la longue balustrade en pierre délavée, posée là on ne sait pourquoi, semble accueillante et complice. C’est plus beau lorsque l’utilité n’apparaît pas. En tous cas, à y regarder de plus près, elle se montre obstinément régulière et classique, et l'on ne se lasse pas de la contempler sans jamais trouver à redire sur le parfait emboîtement de ses proportions.

 

La table, ronde et verte aussi. Et à côté, d'autres chaises et d'autres tables, désertes et parsemées de minuscules flaques occupées à sécher. Impossible de savoir ce que sera la journée, et d'ailleurs il est trop tôt pour y réfléchir sérieusement. Ces balustres, en fait, c'est la terminaison d'un péristyle souligné de ramifications végétales.

 

Une corneille, ou un réveil des hautes fenêtres ? Peu probable, et puis rien ne presse. Mais si ; cela insiste. Une fille. Seulement, ce n'est pas celle qu'il faut. Laiteuse. Jeune et large de silhouette, avec une jupe ample et mal fagotée. Encore une gamine, mais salement formée. S'il y en a que ça intéresse...

09/11/2017

Tortillon, ou hortillon ?

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M'est revenu ls souvenir d'une conversation avec Christiane, qui avait découvert que mes infernales lanternes héclairaient, certes, mais sans l'ombre d'une ampoule à l'intérieur ! Un peu fort quand même... Or il se trouve que j'y reviens, non dans l'optique de la non moins infernale place Stan, mais au contraire pour essayer de les réutiliser dans une espèce de construction un peu fantastique, onirique, dans le genre de la terrasse surplombant du rien. Et là est bien le terrain d'action privilégié, comme on dit, de la 3D. Cela dépend surtout du moteur de rendu (le logiciel qui réalise l'image proprement dite à partir de a modélisation, faite de seuls chiffres) avec ses matériaux, les shaders. Il y a dix ans, ces moteurs de rendu se devaient se produire quelque chose de "photoréaliste", et il est vrai que l'on parvenait à des effets saisissants. Mais tout passe et tout casse et tout lasse, ce qui fait que l'on a commencé à prendre un peu de distance avec ce canon, remarquant bien que c'était l'aspect onirique, voire fantastique comme je l'ai boni qui pouvait retenir l'attention au point d'en faire un but.

 

C'est un peu comme les simulateurs de vol. On a des terrains de plus en plus réalistes, avec force détails, on peut se repérer, pour les naves, uniquement via la planimétrie, on tend visiblement vers la quasi-perfection qu'offre un Googleearth. Mais c'est beaucoup moins romantique ! C'est presque à regretter mes premières naves, toute l'après-midi, sur l'itinéraire de Lugano au Léman par la vallée du Tessiin, certes sans les olifants d'Hannibal... Magique ! Feeling... Ha pour ça on savait jamais exactement où on se trouvait, tant le terrain, déjà presque bien dans son nivellement, demeurait au contraire plutôt fruste dans sa planimétrie, sauf pour les aérodromes, qui permettaient un "touch and go" si on havait la forme, et surtout de se recaler topographiquement parlant si on était paumé. Mais on rêvait, scrutant tout cela... La nuit des loupiotes s'allumaient dans les bleds, en rendant encore plus mystérieuse la localisation...

 

Adonc les ampoules... Coriace ! Pour nous c'est simple, on déclare un point lumineux, invisible sur le rendu, ainsi qu'une puissance d'éclairage, et le moteur de rendu en restitue les effets sur les objets alentour. Mais... L'ampoule, crénom ? Passeque gambergeant à la manière de Renaud, "j'ai réfléchi, et je me suis dit", que s'il y avait une ampoule dans les vraies sur la place, je l'aurais modélisée ! C'est assez simple, et en plus verre sur verre ça peut faire de bon effets, de bons cadeaux, alors pas s'en priver... Ben non si j'ai rien fait c'est que j'ai rien vu ! En halor en reréfléchissant, je me suis enfin souvenu : c'est un petit tortillon de filament que l'on voyait tout nu directement à l'intérieur de la lanterne, tout rachepec et mouiseux. Bien sûr à l'époque j'avais laissé tomber, attendu en particulier que les lanternes ne devaient jamais apparaître de trop près ; maintenant je me demande...

28/10/2017

Rouge !

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- Serge, c'est vrai que tu es communiste ?

 

C'était à Düsseldorf, été soixante-quatre, fin de quatrième, tiens, justement. Mon "correspondant", c'est-à dire un gars de mon âge dont je partageais, dans sa famille, les activités pendant un mois, habitait un modeste pavillon dans l'immense banlieue. N'importe, de là on pouvait aller zu Fuss jusqu'au lycée où, le matin, se rassemblait le groupe des français pour une studieuse matinée linguistique, mais uniquement en allemand et parce qu'avec des professeurs allemands. L'après-midi, excursion, sinon quelques heures très sympas avec le correspondant et ses copains : Fahrrad, monopoly, Schwimmbad, c'est là que j'ai vraiment happris la langue. Kurzgesagt, le matin c'était pour draguer les françaises, l'après-midi les allemandes, ça fait des emplois du temps respectables...

 

Le Fahrrad, c'était vraiment straordinaire ; je n'en revenais pas du "frein moteur", en fait simple blocage du pédalier, de toute cette simplicité, cette robustesse... Jamais vraqué ! Mais le matin, c'est пешком que j'allais au lycée, avec un petit porte-doc. Et halor il se trouvait que la villa voisine, la première sur mon chemin donc, avec un beau jardin, était celle d'un couple franco-allemand ; autrement dit la femme, une Française, avait été ramenée là par le mari, allemand, à la suite d'une des multiples invasions, mais alors laquelle et dans quel sens... Peu importe au reste, elle savait qu'il y avait un petit Vrounzé chez ses voisins, et je ne manquais jamais de la saluer lorsqu'elle se trouvait dans son jardin. Mais un jour elle me fait :

 

- Dis-moi, Serge, c'est vrai que tu es communiste ?

 

Klonk... De quoi t'est-ce qu'il s'agit ? Le communisme on en parlait dans la mesure où une fille de ma classe se disait communiste ; visage austère, mais bien sûr c'est surtout ses parents qui l'étaient. Sinon des bouquins brochés de la collection dix-dix-huit, que lisaient les "grands", redoublants ou des classes au-dessus. En dehors de cela c'était parfaitement hermétique, et en histoire on en était encore aux Egyptiens et à quinze cent quinze Marignan. Mais en l'occurrence il fallait répondre et je me contentai d'un "non" ou "non madame" sans chercher à creuser l'affaire.

 

La grammaire spountze de la matinée me changea les idées, mais au retour je fis part de cette énigmatique question à "mes correspondants". On  réfléchit on brainstorma. A mon arrivée, au saut du train, on avait pas mal discuté. Pas facile d'essepliquer "Südvorort von Parisse" alors que les autres balançaient sans barguigner le nom de leur ville moyenne, à coup sûr connue de chaque Allemand. Cela s'arrangea avec la bagnole paternelle, même en commençant péniblement :

 

- Vierhundert vier mit... euh... Inieksione ?

- Jo ! Mit Direkteinspritzung !

 

Là j'étais devenu à la cool havec les autres godelureaux. Mais la Mutti tout soudain :

 

- Religion ?

 

Ha la fine mouche ça pouvait être que cela... Effectivement cette question étaient venue sur le tapis, pensant que j'allais répondre "catholique", étant entendu que les Allemands sont souvent luthériens. Et en cherchant bien, tous avaient conclu que mon lamentable état s'appelait tout bonnement :

 

- Ohne Religion.

 

Suffisait d'y penser. Mais de là au trotskisme pur et dur, tout de même...

 

Surtout havec la Direkteinspritzung !