Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/10/2017

Petite histoire vécue dont on pourrait tirer des conclusions ?

Il y avait autrefois à Paris tout en haut des Champs-Elysées un cinéma qui passait des films anciens à des prix imbattables entre midi et deux pour les étudiants fauchés. J'y ai vu "Chantons sous la pluie" trois fois dans la même semaine... et j'ai même failli m'y faire assassiner ... (ça c'est pour le suspense)

 

Je recopie une partie d'un article de journal découpé à l'époque* :

 

 

Paris, 2 mars 1964

 

Drame dans un cinéma parisien. Une spectatrice poignardée par un noir

 

Une jeune femme a été frappée à coups de couteau par un noir...dans le cinéma "Les Champs-Elysées". La jeune femme, Mme Carmen G.... regardait le film "Chantons sous la pluie" lorsque l'homme se jeta sur elle et lui porta plusieurs coups de couteau. Mme G a été atteinte à la gorge et à la poitrine. .../... Des spectateurs maîtrisèrent l'énergumène qui fut conduit au commissariat de police..../..."J'ai frappé Mme G. , a-t-il dit, parce qu'elle me devait de l'argent". Les policiers mettent en doute cette explication car l’homme ne paraît pas jouir de ses facultés mentales et il est possible qu’il ne connaisse pas la victime.

 

 

En fait, lorsque la femme a crié et que le film s’est arrêté, j’étais furieuse. Des gens s’étaient levés, ils cachaient l’écran , quelqu’un à côté de moi a dit : « Oh, encore une qui a une petite crise ! » Mais nous avons entendu l’ouvreuse qui disait : « Fais allumer la salle, il lui a fichu un coup de couteau. »

 

Surprise, étonnement, attente, curiosité,  puis la police est arrivée qui a emmené l’homme, je n’ai même pas vu la femme.

 

 Puis le film a enfin continué. 

 

 *en cherchant sur internet (on y trouve décidément tout) et en mettant le nom de la victime j'airetrouvé dans'Paris Jour' un article qui relate le fait divers mais ce n'est pas cet article là que j'ai gardé (je ne lisais pas Paris Jour !)

 

 

Lucy, almost in the sky without diamonds

05/10/2017

Le patient

Annexe D_medecin.gif

Halor là c'est l'apothéose on peut pas faire mieux. Le patient c'est le мужик le зек ; c'est le cadavre dans lequel pousse la médicale en touffes hideuses. Parce qu'elle en a parfaitement besoin de lui, la médicale ! C'est son poumon sa terre nourricière... Sans les patients tout s'écoule ! Salles d'attente vides, cabinets houverts les bras croisés comme  un restaurateur qui guette, toque en tête et cuiller de bois à la main, des patients qui ne passent jamais ! Infirmiers à domicile tournant des heures en ville faute de point de chute où on les attend... Pharmacies en toile d'araignées ! Hostos comme les friches industrielles à Detroit ou en Lorraine.... Sans patients, l'institution crève en une seule semaine ! Il lui faut instamment ce vivier, et l'entretenir avec soin ; pas question de laisser s'évader ! Ni mort, ni guérison. Un qui passe l'arme à gauche, très urgent de le remplacer ! Donc autant garder ceux qu'on a, on les connaît, on sait les faire survivre les prolonger... Il y en a qui s'échappent par la guérison, un peu comme le champion olympique avait franchi en saut à la perche les doubles ou triples enceintes du Struthof. Heureusement, c'est epsilon ; mais pas question de laisser ce genre d'activistes proliférer, encore qu'avec un peu de chance on est quasiment sûr de les rechoper un jour. Guérisons ou bout de la piste, si on laisse trop faire c'est scier la branche !

 

Corollairement le patient a exactement le même besoin, symétrique, mais lui de l'institution médicale ; pas pour guérir, bien sûr, de toutes façons elle veille. Non, pour en quelque sorte justifier sa propre existence, comme un naufragé sur son île guette les cargos qui défilent à l'horizon sans lui porter la moindre attention.  Sans houblier que le patient est un authentique salopard, un pilleur industriel ! Le confort... Non mais i faut se figurer que ces monstres prétendent s'empiffrer de drogues pour rien sentir ! I veulent plus havoir mal... Et puis quoi encore ? Des déserteurs, que c'est, voilà tout ! Un patient ça doit havoir mal à preuve c'est ça que ça veut dire, patient... Patior c'est passif encore des conjugaisons à coucher dehors ! Enfin bref i veulent que ronquer devant Ruquier toute la journée, jamais ni bobo ni rien, des sortes de très grandes vacances, quoi... Bien douillettement couettés ! Mais non de Dieu ça coûte bonbon tous ces Dafalgan et autres, plus moins mélangés à de la coke de la blanche et tutti quanti ! Si l'argent de la Sécu file en stups qu'est-ce qui restera pour payer les Ferrari les Béhêmes des médecins des infirmiers ? D'ailleurs elle devrait bien se refaire en engageant des écuries de course, la pauve Sécu, vu le parc qu'elle phynance... Mais attattion, avec des vrais pilotes, hein ! Passeque si les autes blaireaux sont aussi dangereux sur la route qu'en médecine... Hor donc ce qui faut bien se dire, c'est que pas une seule seconde les buts de la médicale et du patient sont autres qu'exactement antinomiques ; les seuls cas où, pourtant, on pourrait halléger le sort du malade à peu de frais c'est l'euthanasie, mais même si c'était autorisé toutes manières ce serait l'aveu de l'échec médical donc pas question de scier la branche assise...

 

Le patient c'est comme le taureau dans le corral, faut le pousser au bloc ; là les médicaux ça les fait ronronner. Mais faut ruser passeque ce con le bloc il le flaire... Et là i veut plus y aller ! Il le flaire à des quatre ou huit kilomètres la grande boucherie qu'on lui fourbit ; les médicaux eux il faut habsolument qui l'y passe inéluctablement comme dans le Maëlstrom tourbillonnant, même pour une grippe ou la petite vérole ! Faut tout prévoir, car lui est essetrêmement sournois pour se défiler s'évader par les coins ; donc faut tout prévoir des rabatteurs fournis par les infirmiers et même des picadors pour pousser l'animal dans le dédale inexorablement. Et là, maintenant, cela va plutôt tenir du concours hippique : il y a toujours un virage entre deux obstacles, ce qui fait que, occupé à en franchir un, on n'a pas la moindre vue sur le suivant, que dire alors du dernier, le plus terrible et souvent en double ou triple ! Le charlatan, lui, il est dans les tribunes, et distingue parfaitement, en fonction de la fatigue, des équilibres, des tendances et caetera, la seule chose qui le réjouit vraiment et que, pour cette raison, il vous occulte sans la moindre vergogne mais le plus souvent en coupant la parole à chaque question qui s'en rapprocherait par trop : comment ce con de patient va se faire embrocher sur ce fameux dernier et même charnier, la table d'opération...

29/06/2017

Consultez ! Consultez !

Pas du tout haucunement un billet contre les toubibs, ces lugubres, mais tout bonnement pour faire reluire le minerai de l'hypocrisie humaine dans un seul mot ! Bien sûr ce seul mot vient directement du registre médical, on pourrait penser qu'il y a collusion dans ma perfidie et que le verre était dans le fruit. En un sens il l'est quand même, hattendu que l'intelligence émotionnelle se fout dans les tours principalement lorsqu'il y a émotion, et qu'il n'y en a jamais trop, d'émotion, pour ces rats ; mais ils n'y sont pour rien, ils me donnent juste un coup de main pour s'occuper d'un copain à eux, les hypocrites...

 

Ca c'est la pléthore maximale ! Chattemite, jamais un mot plus haut, même des jésuites comme Aramis ils les laissent hassis par terre... On va même appeler Nathalie Sarraute à la rescousse, avec ses Fruits d'or. Hadonc le type me regarde d'un air bête, comme dirait Renaud, et me sort :

 

- Tu devrais consulter...

 

Et c'est tout c'est un peu court jeune homme ; consulter quoi ? Le Chaix ? C'est transitif, nichtevare ? Passeque dans les gens normaux ç'aurait été :

 

- Tu devrais aller voir un médecin...

 

Pourquoi ? Passeque, c'est bien connu, on va au docteur et chez le bordel ; euh non... L'inverse du contraire, quoi. Mais pourquoi ce gazier i sort ce terme lunaire qui signifie que dalle ? Ben je vas vous y essepliquer, parce que justement il en raconte beaucoup plus que rien, le terme le corpus delicti. En particulier sur l'ordure qui l'emploie. Donc pour bien corroborer, consulter en intransitif, ou même en transitif avec complément d'objet caché, ce qui est déjà de la manipulation, eh bien cela fait partie de ce que l'on happelle un jargon ; terme nullement péjoratif, qui désigne grosso modo une partie de la langue propre à un groupe social, souvent à caractère professionnel. C'est limpide, mon con emploie un mot du jargon de la médicale ; parvenus à ce point, vous me voyez venir mais please wait, il y a encore quelque chose : un syllogisme d'induction, donc farpaitement invalide, consistant à suggérer que s'il emploie un mot propre au jargon de la médicale, il est susceptible voire, pourquoi pas, supposé être capable d'en employer d'autres, et tant qu'on y est tous. S'il maîtrise, comme disent d'autres cons, un jargon quel qu'il soit, c'est peut-être parce qu'il fait plus ou moins partie du groupe social propriétaire de ce jargon... Donc subitement, agissant délicatement sur le subconscient  de ses interlocuteurs, ma charogne est devenue elle-même quelqu'un de cette hiérarchie, par exemple un médecin le tour est joué ! Alles clar, Kommissar ?

 

Vous allez me dire ça lui fait une belle guibolle, d'être celui qui veut passer pour un chapeau de Napoléon plié avec une double page de France-soir... Ne croyez pas cela, malheureux ! La médicale, c'est une bonne cote, donc s'en rapprocher c'est déjà de l'élévation  ; et voilà note crevure juchée et bien juchée, le menton à la hausse trois mille, bref tout ce qu'on aime... Comme dans les Bidochons :

 

- Et vous voulez me faire croire que vous n'êtes pas du métier !

 

Excellent, ce sympathique Binet... Un vrai Poquelin on se laisse prendre à tous les coups ; au début on se marre comme de gros beaufs devant les balourdises du gars Robert, ses bretelles et son béret ; qu'il est con ! Non mais qu'il est con on voit bien que chuis pas comme ça ! Puis ça se précise : la cible, c'est la société entière, pas le pauve Chrysale ni le pauve Robert... Nom de Dieu ! Un album entier sur les hostos, tiens tiens le monde est petit... Mais c'est une autre histoire.

 

Revenons à note clampin. A ce moment-là, à la fin du mot "consulter", interruption du son, remplacé par un numéro de mime bien caractéristique, à base de hochements de tête ; d'abord des verticaux, encore assez lents, destinés à ponctuer, confirmer, insister, corroborer. Confirmer quoi  ? L'appartenance présumée, toujours, du susnommé à une secte de spécialistes ; voilà qui nous rappelle ces gens qui battent la mesure avec leur tête, d'un air entendu destiné à suggérer que, en quelque sorte, "on en est", on connaît bien la mélodie, à tel point que l'on a peut-être, pourquoi pas, été mêlé d'une manière ou d'une autre à sa composition. Cela vaut pour n'importe quelle bluette ou fracassage de rap, comme pour la sonate de Vinteuil, avec cette excellente marquise de Cambremer, dans la bande dessinée de Stéphane Heuet, battant l'air du chignon au profit naturellement de toute la salle, du moins l'espère-t-elle...

 

Hensuite arrivent des pivotements du cou autour d'un axe vertical ; enchaînement indubitablement au point. Cette fois, il s'agit de quêter, puis guetter l'approbation d'un quelconque public, également imaginaire. Et ça tourne comme un Lontarin tournicoti tournicoton ! On prend à témoin... Mais qui donc ? Ha mais on s'est garni ! Toujours un témoin gênant... Pour l'interlocuteur ! Pas question de risques toujours un faire-valoir un sbire un béni oui-oui... Sinon l'aurait même jamais hosé le sortir, son consulter, l'immondice ! Et maintenant il attend que l'aute con reconne... Qu'il embraye de ses yeux doux de ses longs cils humides ! Le problème c'est la manivelle faut le démarrer... Ca va venir ! Un borglourygme... Ca va se coincer ! Non ça passe, comme sur le périph...

 

-  Oui consulter...

 

Sans dec !