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29/06/2017

Consultez ! Consultez !

Pas du tout haucunement un billet contre les toubibs, ces lugubres, mais tout bonnement pour faire reluire le minerai de l'hypocrisie humaine dans un seul mot ! Bien sûr ce seul mot vient directement du registre médical, on pourrait penser qu'il y a collusion dans ma perfidie et que le verre était dans le fruit. En un sens il l'est quand même, hattendu que l'intelligence émotionnelle se fout dans les tours principalement lorsqu'il y a émotion, et qu'il n'y en a jamais trop, d'émotion, pour ces rats ; mais ils n'y sont pour rien, ils me donnent juste un coup de main pour s'occuper d'un copain à eux, les hypocrites...

 

Ca c'est la pléthore maximale ! Chattemite, jamais un mot plus haut, même des jésuites comme Aramis ils les laissent hassis par terre... On va même appeler Nathalie Sarraute à la rescousse, avec ses Fruits d'or. Hadonc le type me regarde d'un air bête, comme dirait Renaud, et me sort :

 

- Tu devrais consulter...

 

Et c'est tout c'est un peu court jeune homme ; consulter quoi ? Le Chaix ? C'est transitif, nichtevare ? Passeque dans les gens normaux ç'aurait été :

 

- Tu devrais aller voir un médecin...

 

Pourquoi ? Passeque, c'est bien connu, on va au docteur et chez le bordel ; euh non... L'inverse du contraire, quoi. Mais pourquoi ce gazier i sort ce terme lunaire qui signifie que dalle ? Ben je vas vous y essepliquer, parce que justement il en raconte beaucoup plus que rien, le terme le corpus delicti. En particulier sur l'ordure qui l'emploie. Donc pour bien corroborer, consulter en intransitif, ou même en transitif avec complément d'objet caché, ce qui est déjà de la manipulation, eh bien cela fait partie de ce que l'on happelle un jargon ; terme nullement péjoratif, qui désigne grosso modo une partie de la langue propre à un groupe social, souvent à caractère professionnel. C'est limpide, mon con emploie un mot du jargon de la médicale ; parvenus à ce point, vous me voyez venir mais please wait, il y a encore quelque chose : un syllogisme d'induction, donc farpaitement invalide, consistant à suggérer que s'il emploie un mot propre au jargon de la médicale, il est susceptible voire, pourquoi pas, supposé être capable d'en employer d'autres, et tant qu'on y est tous. S'il maîtrise, comme disent d'autres cons, un jargon quel qu'il soit, c'est peut-être parce qu'il fait plus ou moins partie du groupe social propriétaire de ce jargon... Donc subitement, agissant délicatement sur le subconscient  de ses interlocuteurs, ma charogne est devenue elle-même quelqu'un de cette hiérarchie, par exemple un médecin le tour est joué ! Alles clar, Kommissar ?

 

Vous allez me dire ça lui fait une belle guibolle, d'être celui qui veut passer pour un chapeau de Napoléon plié avec une double page de France-soir... Ne croyez pas cela, malheureux ! La médicale, c'est une bonne cote, donc s'en rapprocher c'est déjà de l'élévation  ; et voilà note crevure juchée et bien juchée, le menton à la hausse trois mille, bref tout ce qu'on aime... Comme dans les Bidochons :

 

- Et vous voulez me faire croire que vous n'êtes pas du métier !

 

Excellent, ce sympathique Binet... Un vrai Poquelin on se laisse prendre à tous les coups ; au début on se marre comme de gros beaufs devant les balourdises du gars Robert, ses bretelles et son béret ; qu'il est con ! Non mais qu'il est con on voit bien que chuis pas comme ça ! Puis ça se précise : la cible, c'est la société entière, pas le pauve Chrysale ni le pauve Robert... Nom de Dieu ! Un album entier sur les hostos, tiens tiens le monde est petit... Mais c'est une autre histoire.

 

Revenons à note clampin. A ce moment-là, à la fin du mot "consulter", interruption du son, remplacé par un numéro de mime bien caractéristique, à base de hochements de tête ; d'abord des verticaux, encore assez lents, destinés à ponctuer, confirmer, insister, corroborer. Confirmer quoi  ? L'appartenance présumée, toujours, du susnommé à une secte de spécialistes ; voilà qui nous rappelle ces gens qui battent la mesure avec leur tête, d'un air entendu destiné à suggérer que, en quelque sorte, "on en est", on connaît bien la mélodie, à tel point que l'on a peut-être, pourquoi pas, été mêlé d'une manière ou d'une autre à sa composition. Cela vaut pour n'importe quelle bluette ou fracassage de rap, comme pour la sonate de Vinteuil, avec cette excellente marquise de Cambremer, dans la bande dessinée de Stéphane Heuet, battant l'air du chignon au profit naturellement de toute la salle, du moins l'espère-t-elle...

 

Hensuite arrivent des pivotements du cou autour d'un axe vertical ; enchaînement indubitablement au point. Cette fois, il s'agit de quêter, puis guetter l'approbation d'un quelconque public, également imaginaire. Et ça tourne comme un Lontarin tournicoti tournicoton ! On prend à témoin... Mais qui donc ? Ha mais on s'est garni ! Toujours un témoin gênant... Pour l'interlocuteur ! Pas question de risques toujours un faire-valoir un sbire un béni oui-oui... Sinon l'aurait même jamais hosé le sortir, son consulter, l'immondice ! Et maintenant il attend que l'aute con reconne... Qu'il embraye de ses yeux doux de ses longs cils humides ! Le problème c'est la manivelle faut le démarrer... Ca va venir ! Un borglourygme... Ca va se coincer ! Non ça passe, comme sur le périph...

 

-  Oui consulter...

 

Sans dec !

23/03/2017

No pasaran

Dans les vertes hannées, j'ai nommé ce fabuleux printemps soixante-huit, il y a une antienne qui se ramenait à toutes les sauces, ponctuant la moindre manif, même celles avec trois types, la moindre motion le moindre tract, c'était "le fachisme ne passera pas". Ca me cisaillait toujours le bol, ce truc, et pour des raisons.

 

Chaque fois en l'entendant la première idée c'était "Oui ben tu vas voir si jamais i sont là s'ils passent pas !" Ce qui sous-entendait un fachisme représenté par une sorte de gigantesque corps franc hérissé de Stahlhelms et blindé par milliers résonnant sur le pavé de notre brave capitale. Révélateur ! Malgré le terme lui-même, c'était jamais l'italien pourtant largement aussi décoratif et bien sapé (sauf pour les tanks, là ils ont pas le coup de crayon) ; c'était donc un rien diffus, un peu Europe centrale mais surtout spountz. Et révélateur parce que, démonstration faite, on avait recours à l'Histoire, attendu que de fachisme dans le coin il n'y en avait pas plus que de beurre en broche. Finalement, les seuls qui se dévouaient pour tenir le rôle même approximativement c'étaient les copains soviets, qui eux effectivement ménageaient pas leur peine. pour batte l'estrade.

 

On pouvait naturellement imaginer aussi de compter sur la ressource locale ; mais encore... La France gaullienne, fachiste ? Mouais... Soyons sérieux trois secondes. Ha oui les groupuscules ! Occident, le GUD, que sais-je encore... On remplirait pas un train corail avec ça ! Et les Katangais... C'était mignon, ça, les Katangais !

 

Dans ces conditions, pour pas passer i risquait de pas passer, hein ! Tiens, Le Pen ça existait déjà, il avait une maison d'édition d'audiovisuel, de disques, donc, avec des enregistrements historiques, discours d'oncle Wolf etc. Rien que de légal et d'ailleurs sans prosélytisme particulier. Toutes manières ça circulait sous le manteau, ces trucs-là ; j'avais un copain, fils d'ingénieur bossant en France au titre des dommages de guerre, qui nous ramenait ça de chais pas où en cours d'allemand.

 

Mais revenons au sujet : qui aurait dit que, quelques décennies plus tard, ça nous pend au nez comme un sifflet de deux sous ? On a manqué de souffle : il fallait les hattendre rue Gay-Lussac ! Pour leur dire de pas passer...

13/03/2017

Allons voir si la rose

Avant les urnes, les boîtes aux lettres. Comme des outres ! Mais non ; hier c'était un bon socialiste, donc une seule haffichette... Disziplin ! C'était cet excellent Macron, et le premier élément de cette composition, son public ; passeque lui c'est pas comme Polnareff y a du trèfle, et naturellement oecuménique puisqu'on est tous pareils dans notre France entière. Donc bessif rutilant au milleu une Noire un vieil... Euh chais pu ; non c'était un Noir balèze comme John Williams. Enfin c'était très hétudié par une agence pire que Saatchi pour capter les suffrages les pognons et tout ce qu'on peut. Des jeunes y en avait aussi, un max, même, havec soit des bouclettes comme sous Louis XIV ou alors invisibles et sans histoires. Et même des gus normaux comme par exemple moi ma gueule en skin cinq lames de chez Wilkinson là c'est comme dans Cyrano à la fin de l'envoi ça coupe. Et tout ce beau monde déferlait comme dans la pub de chez Leclerc où ils sortent de là hémerveillés les bras chargés de jouets par milliers et même parfois d'un moteur automobile flambant tout neuf ! Faut des abdos, hein...

 

Hadonc c'était essepliqué "Macron président", pour que naturellement on voye bien que c'est pas le denier du culte, la brocante de dimanche, l'agence himmobilière qui vient de vendre votre baraque sans vous le dire ou encore des pizzas à des milliards d'écus. Mais moi ma fugitive intuition, car il faut toujours écouter les acouphènes qui se propagent en rangs serrés surtout d'ailleurs en Lorraine, c'est que ce gars-là ça faisait un drôle de bruit, "Macron président", mais surtout pour lui passeque nous, au fond, on veut ce qu'on veut, comme s'il se demandait s'il faut vraiment y croire, comme justement le denier du culte...