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21/07/2015

Le Marcello

Voilà voilà :

1) Le Tramway (Claude Simon) porte en épigraphe (c'est cela, non ?) cette déclaration de Proust : "L'image étant le seul élément essentiel, la simplification consistant à supprimer purement et simplement les personnages réels serait un perfectionnement décisif.") ; intéressant...

2) A un ami compositeur, ledit Marcel confiait ses hésitations entre la musique et la littérature, parce que la musique est déjà en soi considérablement abstraite ; encore mieux..

3) Dans le Sainte-Beuve, et les premières pages de la Recherche, il se propose de partir en guerre contre l'identité ; magnifique !

Eh bien il ne fait rien de tout cela...

C'est vrai que ces terribles phrases, où quoi qu'il arrive il dit absolument tout, pourraient presque être qualifiées de "scolaires". Où est la puissance épique d'un Ferdine ?

Seulement il faut reconnaître que, si l'on se passe le plus souvent d'envolées, ce qu'il dit est extrêmement sérieux, assis, vérifié, indiscutable, complet n'en parlons plus ; on aime bien retrouver pour la première fois chez un auteur ou un autre une pensée que l'on a parfois et que l'on n'a jamais vue imprimée.

En clair, on n'a pas la transcendance promise par les trois items du début, mais le fond est tellement travaillé, va tellement plus loin que ce que l'on a pu lire avant...

Enfin, il y en a quand même, de la vibration dans le texte : je me souviens entre autres, à Balbec, des retours bourrés seul dans son phaéton après s'être fait rincer par Saint-Loup la soirée entière...

17:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (34)

30/04/2015

Sic transit

Halors là Chicago Transit c'est pire que les Fruits d'or ! Un jour c'est un jour c'est pas... Arpeia tax les gémonies dans le Capitole... Tombé par terre en fumée ! Les deux Simon et Garfunkel de la lettre lettreuse, Charand-Mordonne, roulés en bourse ! Suspension cantilever... Trampoline !

 

Enfin voilà deux gus, il y a trois Lunes ils écrivaient comme des dieux. Bien mais bien, excellemment, ce qu'il y avait de mieux depuis l'invention du cunéiforme en on sait pas quand. Tout le monde enfoncé à commencer par Joyce, Proust, Ferdine, pauvres Marx brothers à côté des deux lauréats ; même pas, de la comtesse de Ségur née Ростопшин ! Et non seulement ça, mais il fallait les avoir lus tout de suite immédiatement ; pas leurs livres, bien sûr, on voit pas tellement l'intérêt, mais leur correspondance... A deux en circuit fermé ! Mais alors vite, la lire... Dans le quart d'heure ! Avant même de les creuser les feuillées ! Debout comme oncle Wolf ! Au volant... En rappel ! Avant de se lever le midi... On savait pas pourquoi mais c'était beau ! En un sens y en avait pas tellement, d'urgence, puisque c'était écrit... A moins évidemment que les PTT les réclament !

 

Et puis retour d'oscillation les deux gaziers c'est des monstres... Comme ça un beau matin... Comme dans l'Arrache-coeur ! La Métamorphose... La prose a pas changé mais alors eux dis donc... Tout, ils ont fait ! Des scélérats des cloportes... Probabilistes ! Entomologistes ! Sionistes ! Autocyclistes ! Barbus ! Carriéristes ! Tours de piste... C'est tout juste s'il faut pas aller chercher un mégaphone ! Moules à gaufres... Et pendant tout ce temps-là, naturellement, la prose elle bouge pas d'un oméga ! Ils auraient du mal...

 

Soyons patients dans six lunes un autre thésard en mal de viendra nous torcher une réhabilitation ; mais alors héblouissante ! Ciselée cristalline coruscante... C'est un fonds perdu qui se perd pas...

 

14:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (20)

14/04/2015

Rantanplan

Trommelfeuer ! La vitricidation c'était quand même pas banal, pour démarrer cet ouvrage de six kilos ; mais il y a mieux, du Paul Morand à l'exponentielle ! Dans la rade de Port-au-Prince, nous conte le copain à Chardonne, on ne voit jamais de noyés : les squales les ont gloutis avant. C'est bien ; très bien ; fort ! Günter, lui aussi, arraisonne la population locale, mais à Dantzig, où il y a aussi la mer ; cette fois-ci, encore des poiscailles, ils sont énormes parce qu'ils ont glouti, eux, les équipages des cuirassés coulés à la bataille du Jutland ! Solide... Ausgezeichnet ! Ca c'était du rififi... L'amiral Jellicoe, mal barré, ouf arrivent enfin, des extrémités de l'angoisse, ses plus belles unités, les dreadnoughts aux mâts tripodes, surchargés d'artillerie vomissante... Ca a fait vite, après ! Surtout pour les affamés... Des sacrés ramassis de ferraille, ces barcasses... Pas trop user friendly ! Comme dans les Passagers du vent : "C'est donc aussi terrible que cela, un combat naval ?" On vivait dans un cimetière, quoi...

 

A Dantzig, il y a l'irrédentisme que l'on sait, avec un corridor. Arrivée des Oncle Wolf, ben oui c'était Grossdeutschland, hein ! Manifs, estrades, microphones, accastillages divers : Günter il navigue dans ces chantiers qui prolifèrent, il critique, bien sûr, tout en donnant un coup de main, au reste, mais effectivement, c'était un peu mi-figue, comme critique... Il pouvait pas le savoir, la suite ! On la sait jamais... Bref Hugo Boss... Et maintenant re ça se coince, parce que comme pour Koba on commence à retrouver son dossier ! Meldalor... Quand même, on retombe sur ce truc... On dirait que, comme la vache, l'Europe a besoin de digérer neuf fois, douze fois, quinze fois l'onclewolfisme...

 

Le style de Günter, lui aussi, divise : riche, baroque, méli-mélo, coruscant, enchevêtrement des genres, des niveaux d'abstraction, on trouve de tout... Gigantesque purée ! Je crois que là, Günter, parce qu'il est quand même assez récent, comme gus, avant d'être mort il était vivant, butte sur l'extrémité de la littérature, comme tout le monde. Depuis Joyce on engrange on en met on entasse pire que Courtial des Péreires... Sosthène de Rodiencourt... Ca fait chic moderne ! Seulement le plus difficile à trouver c'est ce qu'on trouve pas... Ca reste du bric et broc tant qu'on ne parvient pas à imaginer, à pressentir, non pas le verni, non pas le ciment, non pas la charpente (sauf pour le fond, mais là c'est autre), mais l'essence de ce que pourrait être l'oeuvre, son sial, son sima. Seulement alors on réavancera... Et ça sera nouveau révolutionnaire et tutti quanti.

 

17:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (26)