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22/01/2017

Voies royales

- Vous êtes sur une route départementale...

- Non.

- Vous êtes...

- Non !

- Attendez, laissez-moi finir... On n'est pas chez WGG !

 

Vous êtes donc hadonc, non pas sur une route départementale, mais sur une autoroute à huit voies ; pas quatre voies dans chaque sens, non, huit dans chaque sens !  Ca commence à causer ... D'ailleurs ça se trouve jamais, en France, sauf dans certains cas sur trois mètres, mais faut que ça soye démonstratif. Donc imaginez que vous êtes presque sur un aérodrome tellement c'est large, une plaine abreuvée dont les sillons sont autant de voies, tout l'horizon en est couvert vous ne voyez que cela, les huit voies de votre sens qui s'enroulent comme d'infinis méandres sur les courbes de niveau des collines environnantes.

 

C'est dans une voiture normale que vous êtes à son volant, comme par exemple une Bugatti (Veyron), à des vitesses réglementaires de cinq cent soixante-dix à l'heure, ou encore une Bugatti (Veyron) ; notez que c'est pour la brièveté de l'exposé, mathématiquement on pourrait tout aussi bien prendre un véhicule de marque "Le Tas" lancé par la volonté du saint esprit à des cent trente : seulement il faudrait lire moins vite. Et enfin ça tourne, mais halor très à peine, à gauche pour qu'on voie bien, donc on peut encore accélérer.

 

Quand même, sur ces immenses voies qui suivent la courbure de l'espace, apparaît sur la droite mais alors tout minuscule, la route départementale ! Comme le steak, elle était cachée ; et sur son pauvre bitume indigent, un bolide carré genre la trois cent un de mon grand-papa ; en gros, l'essentiel de la tire est sur le toit, six matelas trois cannes à pêche zéro pliant et un canard laqué... Euh non, gonflable. Et ça havance, pas bien vite mais ça avance, pas bien vite mais ça avance ; ça se dandine comme le canard.

 

D'où la question est : qui passe devant ? Vu comme cela, ça coule du Gerbier-des-Joncs, on s'ignore superbement et au mieux la Veyron, qui carbure dans les voies six ou sept, laisse un souple et léger écart vers la gauche en direction de la huit pour bien que tout le monde soit tranquille.

 

Hé bé je vais vous dire que c'est pas ça du tout, moi qui repasse le permis à peu près tous les quinze jours, on a même une diapo pour cela. J'oubliais de préciser qu'il n'y a rien d'autre de roulant à des verstes, eh bien la solution de s'écarter d'un doigt négligent sur le volant est tout juste tolérée. Non, ce qu'il faut, c'est s'entasser avec l'autre, bien se reluquer, et surtout que tout le monde voie bien que l'un passe avant l'autre, et qui c'est. En général, le plombier... S'il y a bagarre c'est mieux, mais sinon on pourra se contenter de quelques démonstrations bien senties, comme envoyer une fléchette dans le canard... Ou un bon bain d'huile sur le joyau de Molsheim !

 

Et nos sociétés c'est cela ; pas question de prendre du champ lorsqu'on le peut, non, toujours la relation d'ordre, une hiérarchie temporaire et bidon, je t'emmerde et tu m'emmerdes. Il faut absolument servir de repère sinon l'autre perd son identité comme son pucelage...

 

12/01/2017

Heuristics

Ce matin en allant mettre le courrier par terre à la poste, j'entends un bonnet de con... Enfin non, j'entends un bruinintelligible qui, comme dirait Bécaud, sautillait sur le trottoir. Des comme ça, de bonnets, j'avais vu le bonnet d'âne à Brighelli ou encore le bonnet Duform de l'inspecteur Palmer ; mais là un authentique, pas un de Duty free, non, un vrai de vrai du pavillon de Breteuil. Y avait pas marqué "CON" à proprement parler, passeque la tête était petite, et puis honnêtement c'était vraiment pas utile....

 

- Vous savez où vous allez ?

 

Ben... Déjà, sûrement pas où il va, lui ! Faut lui demander halor...

 

- Vous savez où vous allez ?

 

Mais s'il veut pas que j'y aille ? Je l'avais bien dit, c'est un gros, hein ! Ha la merde il la tope... Des professionnels ! Sinon, comme dans une antienne très antédiluvienne, à quoi bon savoir où l'on va, on le verra bien quand on y sera... Ou halor si :

 

- Comme tout le monde, dans un trou dans le sol...

 

Même dans les cas de пермафрост, hein ! I va pas comprendre, hallons... Non mais tu l'as vu ? Même le bonnet i se tord... Ou alors comme dirait Jean Gabin, on le sait jamais, où on va ! Le seul truc qui est sûr, c'est qu'on se trompe ; on fait comme les Shadoks, on rate les essais. Simplement c'est de pas y penser ! Recommencer des calculs toute une après-midi pour vérifier que ça plante, c'est une situation somme toute assez confortable... Ca a marché quoi ! Si ça marche pas, c'est-à-dire que ça marche, on happelle le chef ça c'est un truc qui marche...

 

Et mon abrutos alors ? Ben on sort le pistolet chargé :

 

- Toi, tu creuses !

27/11/2016

Le mot et la chose

Hor donc il y a peu de jours il advint que JC a remployé le terme "onomatopée", histoire de rappeler les origines de la littérature, et moi ça m'a rallumé passeque voilà. Comme en mathématiques on admet que, en l'occurrence on admet que personne n'a perdu de vue que le grec "onomatopeia" signifie "formation de mots" ; donc les Grecs le savaient ! Heu non c'est pas ça... Pas besoin de remonter à Solutré, dans la vie courante dès que le son passe pas (éloignement, langues étrangères, marteau-piqueur) on y va au geste. Mais après danach ? Là c'est plus fin, disons que, contrairement au geste qui fuse immédiatement, on hésite à oser imiter un bruit pour évoquer un phénomène, et puis après on y va ; c'est vrai qu'on fait un peu l'acteur. Mais les bêtes aussi ! Enfin rendons grâces à la bande dessinée, et puis après tout apprendre une langue, dons son parc ou un labo, c'est bien imiter des sons, etc.

 

Et justement, imiter. Ce qui m'anime, dans l'affaire, ce sont les assonances et allitération dans tout cela. Encore elles ! Par nature, chacune des deux constitue une répétition ; et qui peut se produire dans le même mot, ou entre voisins, ou se réverbérer en bondissant dans la phrase, bref on assiste purement et simplement, comme dans une symphonie, ou une poésie, mettons, à une juxtaposition de phénomènes ondulatoires, chacun sa fréquence chacun son amplitude, parce qu'évidement vibrer c'est recommencer. Et alors ces assonances et allitérations, ou bien l'on s'en sert comme maint poète, ou bien ce sont d'ennuyeux parasites et on les traque dans tous les coins.

 

Peu importe au demeurant, l'important étant de remarquer qu'elles s'amènent quand bon leur semble, c'est-à-dire fort souvent, et surtout sans qu'on les invoque ; autrement dit elles ont une vie propre, elles sont le résultat de l'action d'un mécanisme, cette perpétuelle vibration de tout partout. Elle est là, l'écriture automatique ! Mais ce n'est que le début... Elles s'imposent, ces braves, finalement... Et elle vont jusqu'à suggérer la fin de la phrase, de la même manière qu'au concert, quand c'est possible, on se met à terminer une mesure ou on écrit la mesure suivante à la place du compositeur. Et elles la suggèrent à qui, la fin de la phrase ? Eh bien à la main, directos, par un arc réflexe raccourci ! Elles écrivent avant la pensée ! Ne dit-on pas : "ça m'a échappé" ? Et les gus qui s'écoutent parler ! Il faut un temps d'avance, pour cela ; et ce n'est pas celui qu'on croit, c'est l'autre, celui de l'automatisme, donc bien évidemment du subconscient...

 

Tout cela pour farfouiller les délicats mécanismes qui font qu'on vit comme des zombies, ce qu'on savait déjà... Bon je m'en vais sur ma Yamaha ; trouvez pas que ça fait le bruit, "Yamaha", un peu élastique de quelques forcenés coups de kick ? Et puis alors après cela plus besoin de demander si les robots vont parler ! Ca i vont nous les casser, oui...