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12/02/2007

En revenant de la revue...

 Ca des manifs nous à Nancy on en a. On est des types engagés, on est conscient politiquement et tout. Déjà comme pavés on a largement ce qu'il faut sur la place Stan, des monstrueux comme je l'ai déjà expliqué, que les Parigots ils en resteraient sidérés. Ah mais par exemple il faut des muscles... Et ça vient d'Extreme-Orient ces mastars, de Croatie ou un nom comme ça, et peut-etre meme par le Simplon comme sous Paul Morand. Ca fait quand meme chic pour des pavés.

 La première manif de la saison c'est les infirmières en octobre, pour laisser aux autres le temps de rentrer s'organiser. Là c'est mignon, il fait encore à peu près beau, avec leurs petites voix c'est tout à fait charmant, d'ailleurs dans nos régions il y a pas mal de blondes. Normalement il y a bien un type ou deux à la sono, mais généralement personne n'écoute et de toutes manières la plupart du temps il manque les piles.

 Les chercheurs ça c'est plus sérieux. Il y en a un nombre énorme,  au moins plusieurs rues, d'ailleurs on cherche tout, ici, le colza,  le pétrole, la rage et peut-etre meme l'eau lourde et le phylloxéra. Meme pour le cancer on a un centre et l'hosto, tous les noms sont gravés dans le marbre comme au mausolée de Lénine. Les noms des toubibs, bien sur...

 La manif normale, c'est celle d'il y a quinze jours. Là il y a tout, cette année ils avaient mis les gens des impots, comme ça on peut vérifier qu'ils ont bien la tete de l'emploi. Au total et sans les impots ça faisait quand meme moins que les chercheurs, mais ça c'était à cause des flics qui étaient divisés en deux : ceux qui étaient dans la manif pour manifester et ceux qui guidaient la manif pour pas qu'elle loupe la place Stan. Y a que les conducteurs du tram qu'il y avait pas, mais eux c'est parce qu'ils n'avaient pas pu venir. Ca arrive assez souvent  avec le tram.

 Celle-là, c'était la CGT, la vraie avec sa faucille entre les dents. Après il y a encore la CGT, c'est pour le premier mai, mais voilà l'ennui avec la programmation c'est trop proche. Donc ils se font relayer par des Turcs, c'est aussi place Stan, mais directement sur les lieux, comme cela pas de problème d'itinéraire. Ils se repassent les drapeaux rouges et les gigaphones, de toutes manières meme si on entendait on n'y comprendrait rien...

 

03/02/2007

Bonjour, je suis votre chef de bloc...

Tout le monde s'en souvient, de ce charmant essai des années quatre-vingt ? Eh bien, nous y sommes.

Prenez un agent, posé par terre, dans la rue. Un bien gras, laiteux et mafflu. Avant il fliquait normalement et on n'en parlait plus. Maintenant au contraire on en parle, c'est meme lui qui parle :  lui comme il est, il vous fait la morale. Il s'occupe de votre "comportement". Ben voyons... Il mate il reluque, il dévisage... Pour les éviter le mieux c'est les banlieues. Des étrangers moi j'en ai déjà vu ils avaient l'air normal. En tous cas ils n'avaient rien contre les Auvergnats.

Mais on ne va pas s'en tirer comme cela.  Il faut faire comme le cancer, infiltrer toute la population. Chacun doit controler chacun. Avec des Sicherheitsdienste spécialisés : pour le tri, pour les clebs, pour ceux qui marchent sur les couloirs à vélos, pour les fumeurs, les cracheurs, les buveurs, les mangeurs et peut-etre meme les chasseurs de papillons. Le tout, c'est de flairer quelqu'un. Et crac ! une visite domiciliaire et un PV dans la boite aux lettres. Et controle des papiers, bien sur. Mais pour ça on a des flics-citoyens-volontaires. Avec des plaques bleu blanc rouge. Quand je vois du bleu blanc rouge maintenant j'ai honte.

Toutefois ça va s'améliorer. Pour l'instant c'est encore l'anarchie. Il y a tant à faire ! Vérifier que les gens se lavent les dents, changent de capote, regardent la télé, ont du respect comme les rappeurs, Qu'ils posent des bombes ça on s'en fout, ce qu'il faut c'est le comportement.  Marxistes tant qu'on veut mais pas les passages cloutés. Donc nous y voilà, il faut des chefs de bloc. Alors qui va-t-on choisir ? Ben... moi, par exemple, tout simplement ! Impliquer, ça s'appelle. La plus grosse ficelle du genre. Si on est chef de bloc, on peut rien dire contre rien.

 Alors là ça va etre bath ! Les visites domiciliaires ça va donner. Les calendriers, je surveillerai ! Et les vieilles pendant ce temps-là elles coudront les brassards. Les mecs s'ils veulent continuer à vivre ils monteront leur cave : tout doit disparaitre ! Pour les dénonciations il y en aura tellement qu'on procédera par tirages au sort. Tribunal du peuple, autocritique : respect, comportement... Tout le monde aura le meme texte. Comme à la messe mais sans la déco. Sans y croire non plus, heureusement. A la messe au moins il y a quelque chose à croire.

Faudra quand meme gaffer aux malades qui se dénonceront tout seuls... 

 

 

 

08/12/2006

Le tram

C'est avec une certaine émotion que je me décide à aborder ce sujet qui périodiquement fait se secouer de rire l'Europe entière et peut-etre meme jusqu'aux Lapons.

Normalement, un tramway, c'est sur rails.  Donc nous on en a mis, des rails, et des beaux, dans un alliage spécial qui rouille beaucoup plus vite que par exemple ceux de la SNCF. Mais on ne peut pas imputer cela au tram, parce que lui, il roule sur pneus. Et on s'est fait des vingt bornes d'essais en rase campagne pour vérifier que les pneus s'usaient bien. De vrais pneus, des Michelin, fabriqués spécialement, et qui s'usent aussi vite que les rails se rouillent. Mais les rails ne se contentent pas de rouiller, ils s'écrasent sous le poids du tram qui roule sur pneus. Je sais bien qu'il y a des gros, à Nancy, mais quand meme...

Bon. Pour etre sur que le tram ne se perde pas en ville, on n'a qu'une ligne. Mais quand meme, de temps en temps il en sort, de ces rails, avec ses pneus, et il se met à serpenter doucement n'importe où. Heureusement, ça se conduit, ce truc.  Et il y a un poste de pilotage, mais adapté aux évolutions sur rails avec en plus un volant, ce qui permet de suivre au quart de poil les virages de ce qu'il faut bien appeler la voie en décrivant de voluptueuses arabesques. De toutes manières le conducteur ne voit rigoureusement rien, et surtout pas où il va. Devant cet état de fait, la plupart se mettent en grève, mais ce n'est pas très utile parce que de toutes façons en général le bastringue est en panne. D'ailleurs le seul endroit où l'on peut marcher tranquillement en ville sans se méfier de quoi que ce soit, ce sont précisément les rails du tramway. Quand par hasard il en survient un, tout le monde se demande ce que c'est, à l'exception bien sur des malheureux qui sont montés dedans par désoeuvrement et qui en descendent par inadvertance.

Ou pour échapper aux controleurs. De toutes façons, personne ne sait où il faut prendre les billets.  Les controleurs, eux, c'est par cinq qu'ils montent, à cause de l'insécurité. Quelle idée ! S'il y avait des hooligans à Nancy, ça se saurait...