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10/12/2017

Miss_Potelée

La suite de l'ours, ami lecteur ; pas trop pour ne pas te lasser.

 

D'autant qu'un problème se pose, et de taille : on me dit que "il y a beaucoup de détails" ; en d'autres termes on s'ennuie, le bouquin tombe des mains, quoi. C'est ce qui peut harriver de plus grave ! Alors est-ce vraiment vrai, on s'emmerde, ou on s'emmerde pas ? Musique...

 

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Une corneille, ou un réveil des hautes fenêtres ? Peu probable. Rien ne presse. A nouveau ? Cela insiste. Une fille. Seulement, ce n'est pas celle qu'il faut. Laiteuse. Jeune et large de silhouette, avec une jupe ample et mal fagotée. Encore une gamine, salement formée. S'il y en a que ça intéresse… Elle a fait claquer la gigantesque porte comme un boulet. Elle doit avoir des muscles. Et laiteuse... L'emmerdante à la Guitry, la copine insupportable. Compacte ; laiteuse et compacte. Une boule de nerfs ; sûrement elle va parler, incidemment demander une cigarette. Un temps... Non ; elle l'allume déjà, s'étire. Elle s'approche comme sans hésitation. Il ne lui manque que les lunettes ; à la place elle a de grands yeux mauves et rieurs, très vifs même à cette heure. Elle est là, elle tient toute la place.

 

- Longtemps que tu es ici ?

- Marre de dormir.

 

En particulier seul. Pas trop la gueule de bois ; cet état un brin euphorisant, aux lendemains de fête, et pas terminée. Aujourd’hui ce sera plus calme.

 

Elle est drôle, miss Potelée. Elle a l'épiderme assez moite, cela se voit d'ici. Elle n'a pas dû encore se débarbouiller, elle a des mèches dans tous les sens ; cela ne fait pas cradoque. Dans certains cas, elle serait presque désirable. Pour l'instant elle lui colle sa fumée de cigarette sous les naseaux. Elle a une tête à s'appeler Catherine ou quelque chose comme cela.

 

Hier soir, elle le lorgnait mais elle a passé son temps dans un groupe où ça discutait ferme, essentiellement du scientifique. Elle le lorgnait... On ne sait jamais vraiment. Bizarre qu'elle ne porte pas de lunettes ; par coquetterie ? Inutile d'être méchant sans savoir : elle aurait plutôt un genre vivant, attendrissant même. Pour l'instant elle contemple la table mouillée, vide, à l'exception du cendrier qu'elle est en devoir, toute debout, de commencer à remplir. A son poignet luit un fin bracelet d'argent classique, pesant et discret. Au bout d’un moment elle s'assoit parce que c'est plus confortable, avec les sandalettes non attachées, sa cuisse blanche, lourde et ferme qu'elle ne croise même pas sur l'autre.

 

- Il fait triste, ce matin, elle minaude.

- J'aime bien ; mais ça manque de café.

 

 

Ces murs pleins de lierre... Ou d'autre végétal ; en tout cas c'est vert, lourdes tapisseries accrochées au roc des murs. Une seconde balustrade, tout en haut, couronnant la demeure... La fille disparaît derrière l'imposant vantail. Qu'est-ce qu'elle va bricoler, au juste ? Si c'est pour le café, serait étonnant qu'elle en trouve ; il a vérifié à tout hasard avant de sortir. Elle n'a encore pas rattaché les lanières qui lui battent les chevilles ; elles sont bien faites, ses chevilles, tiens : puissantes, pas trop, on voit le délié qui suffit. Ça n’a pas manqué de reclaquer derrière elle... Quelle brute… La réverbération comme persiste.

 

Ces sculptures, dans les niches de la muraille... Sacré travail quand on y réfléchit ; les portes, les fenêtres renfoncées une fois, deux, jamais à l’excès. Tout cela calculé, aligné, proportionné, nombre d'or... Un seul étage ; c'est beaucoup plus harmonieux. Du bruit à l'intérieur, comme la première fois : quelqu'un d'autre est levé ? Il va falloir se remuer, alors. Non, rien ne presse. C'était si bien, cette tranquillité mal réveillée. Mieux vaut maintenant la grosse ; pourquoi la grosse ? Cela ne lui va aucunement. Sincèrement, elle ne l'est guère ; ce sont des airs qu'elle se donne. Se mettre à des pudeurs de langage, non pas d’expression, de pensée pour une taupe qui se donne juste la peine d’exister... Peut-être elle est maquée, va savoir... Peut-être que non ; elle a l'air de s'en foutre. Plus exactement, ce n'est pas une question qu'elle suggère.

 

20/11/2017

Une_chaise_de_jardin

Ami lecteur public chéri mon amour, Achtung ! Car l'heure est grave, très grave... Le hasard de mes circonvolutions cérébrales ou assimilées m'a fait exhumer d'un malheureux tiroir un ours de chez ours, comme on dit, et quel ours ! Une platrée de guimauve aux hépinards farcis qu'on en dégobille d'avance comme le chat qui se purge...

 

Que tu acceptes ou non ta mission n'a que peu d'importance, hami, attendu que dans les deux cas ce qui est attendu est : ouverture du feu immédiate et de la dernière férocité ! Aucune mansuétude, tout, chaque mot, chaque virgule, chaque lettre même absente doit passer à la trappe... Cornes d'Ubouille... Plus rien rester ! Le fameux champ de ruines à la Roman Polanski, quoi... Le pilon avant de commencer !

 

Bon c'est parti ; comme c'est aussi plaisant que de l'huile de foie de morue, j'en mets pas lerche. No surrender !

 

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I

   

Une chaise de jardin, avec des gouttes d'eau qui attendent. En métal vert foncé, tarabiscoté façon école de Nancy. Un beau vert, qui passe inaperçu près des feuilles elles aussi parsemées de larmes immobiles. Il a plu mais c'est normal ; dans l'été, il faut aussi du gris morose et plein d'espoir.

 

Quel espoir, on ne sait pas. Mais les jours veulent promettre. D'ailleurs le mot est impropre. Il faudrait plutôt dire : « une saison qui ne devrait jamais s'arrêter ». Un ciel azur n’ajoute rien à l'affaire. Mieux vaut l'incomplétude, c'est un peu comme en amour.

 

Et puis, ces allées, ces marches humides elles aussi. Mais ce n'est pas gênant. Même la longue balustrade en pierre délavée, posée là on ne sait pourquoi, semble accueillante et complice. C’est plus beau lorsque l’utilité n’apparaît pas. En tous cas, à y regarder de plus près, elle se montre obstinément régulière et classique, et l'on ne se lasse pas de la contempler sans jamais trouver à redire sur le parfait emboîtement de ses proportions.

 

La table, ronde et verte aussi. Et à côté, d'autres chaises et d'autres tables, désertes et parsemées de minuscules flaques occupées à sécher. Impossible de savoir ce que sera la journée, et d'ailleurs il est trop tôt pour y réfléchir sérieusement. Ces balustres, en fait, c'est la terminaison d'un péristyle souligné de ramifications végétales.

 

Une corneille, ou un réveil des hautes fenêtres ? Peu probable, et puis rien ne presse. Mais si ; cela insiste. Une fille. Seulement, ce n'est pas celle qu'il faut. Laiteuse. Jeune et large de silhouette, avec une jupe ample et mal fagotée. Encore une gamine, mais salement formée. S'il y en a que ça intéresse...

09/11/2017

Tortillon, ou hortillon ?

lant_dbl.jpg

 

M'est revenu ls souvenir d'une conversation avec Christiane, qui avait découvert que mes infernales lanternes héclairaient, certes, mais sans l'ombre d'une ampoule à l'intérieur ! Un peu fort quand même... Or il se trouve que j'y reviens, non dans l'optique de la non moins infernale place Stan, mais au contraire pour essayer de les réutiliser dans une espèce de construction un peu fantastique, onirique, dans le genre de la terrasse surplombant du rien. Et là est bien le terrain d'action privilégié, comme on dit, de la 3D. Cela dépend surtout du moteur de rendu (le logiciel qui réalise l'image proprement dite à partir de a modélisation, faite de seuls chiffres) avec ses matériaux, les shaders. Il y a dix ans, ces moteurs de rendu se devaient se produire quelque chose de "photoréaliste", et il est vrai que l'on parvenait à des effets saisissants. Mais tout passe et tout casse et tout lasse, ce qui fait que l'on a commencé à prendre un peu de distance avec ce canon, remarquant bien que c'était l'aspect onirique, voire fantastique comme je l'ai boni qui pouvait retenir l'attention au point d'en faire un but.

 

C'est un peu comme les simulateurs de vol. On a des terrains de plus en plus réalistes, avec force détails, on peut se repérer, pour les naves, uniquement via la planimétrie, on tend visiblement vers la quasi-perfection qu'offre un Googleearth. Mais c'est beaucoup moins romantique ! C'est presque à regretter mes premières naves, toute l'après-midi, sur l'itinéraire de Lugano au Léman par la vallée du Tessiin, certes sans les olifants d'Hannibal... Magique ! Feeling... Ha pour ça on savait jamais exactement où on se trouvait, tant le terrain, déjà presque bien dans son nivellement, demeurait au contraire plutôt fruste dans sa planimétrie, sauf pour les aérodromes, qui permettaient un "touch and go" si on havait la forme, et surtout de se recaler topographiquement parlant si on était paumé. Mais on rêvait, scrutant tout cela... La nuit des loupiotes s'allumaient dans les bleds, en rendant encore plus mystérieuse la localisation...

 

Adonc les ampoules... Coriace ! Pour nous c'est simple, on déclare un point lumineux, invisible sur le rendu, ainsi qu'une puissance d'éclairage, et le moteur de rendu en restitue les effets sur les objets alentour. Mais... L'ampoule, crénom ? Passeque gambergeant à la manière de Renaud, "j'ai réfléchi, et je me suis dit", que s'il y avait une ampoule dans les vraies sur la place, je l'aurais modélisée ! C'est assez simple, et en plus verre sur verre ça peut faire de bon effets, de bons cadeaux, alors pas s'en priver... Ben non si j'ai rien fait c'est que j'ai rien vu ! En halor en reréfléchissant, je me suis enfin souvenu : c'est un petit tortillon de filament que l'on voyait tout nu directement à l'intérieur de la lanterne, tout rachepec et mouiseux. Bien sûr à l'époque j'avais laissé tomber, attendu en particulier que les lanternes ne devaient jamais apparaître de trop près ; maintenant je me demande...