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25/03/2018

En_peripateticie

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X La musaraigne

  

Et voilà. Comme si de rien n’était. On ne peut déduire. Pour l’immédiat, il faut marcher. Il ouvre, franchit, referme ; du plus doucement. Il aurait pu dire un dernier mot. Regrette déjà. Il clanche le bouton. Quel mot ? Aucun triomphalisme ; ni s’aplatir. Lui donner, ou non, de l’importance, à cette femme ? Trop tard ! Il est dans le vide. L’extérieur. L’immense palier désert. Heureusement… Une odeur de vieux bois. Très verni ! De popote… C’est beau. Quitter l’endroit… S’esbigner ! Lui revient la pensée que la dame est entrée par une porte dérobée, comme on dit. Retrouver cela. A moins que cela ne tourne pire, qu’il débouche sur une foule énorme ? Carole ne serait pas passée par là. Pour le moment il descend l’escalier, si large que l’on craint de se perdre, à pas de chat. En sortant cela va inonder en tempête de soleil comme dans Meursault l’Etranger. La pénombre actuelle n’en paraît que plus violemment obscure. Le palier du bas ; plus clair. La porte qui descend aux cuisines. Catherine en bas Carole en haut. Chacune sa pièce… Il se sent comme un conquérant trop petit. Il inspecte les lieux. Cela ne peut pas être par les cuisines, sous terre. Leurs extractions doivent être au niveau où il se trouve actuellement. Exact. Un réduit opaque en forme d’ergastule on n’ose même pas. Pile au-dessus des cuistances. Il hésite ; s’enfonce dans le zimbreck. Le temps roule ; faudrait pas que la fille, qui connaît, le rattrape. Palper le mur. De ses mains. S’habituer… Ca tourne et retourne en baïonnette. Une lourde ! Une immense lumière suinte par-dessous. La chevillette la bobinette… se décoince ! Pivote normalement… Aveuglant grand aveuglement ! Pas un rat… Une colossale haie de buis vient barrer le passage à un mètre ou deux ; il faut se glisser. Libre ! Il n’ose pas lever la tête ; chercher la mansarde. Plutôt de l’autre côté, d’après ses calculs. Des graviers. La brune avec ses talons, pour venir ? Elles sont lestes, ces chéries… Passent partout !

- Où étiez-vous ?

- Oah je cherchais du ravitaillement…

- Il y en a ici ; venez.

La musaraigne. Le voilà pris sur le fait. Elle est maligne… Au colback ! Avec un peu de chance elle pensera aux toilettes ; c’est ce qu’il aurait dû prétendre. Incroyable que les choses se passent comme on les a prévues. Trop vite ! Elle est là. En jeans passe-muraille ; le reste à l’avenant. Une sorte de tunique un peu soutenue. Ca l’habille ; la rend active.

- On te cherchait.

- Oah j’en ai profité pour me balader dans le truc...

Directos au tutoiement. Cela familiarise ; change de monde immédiatement : elle est au-dessus de cela. Il y en a, dans cette petite taille. Il la regarde. Pas si laide. Vaguement austère ; pas « ingrate ». Finalement, impénétrable. On en rencontre parfois. Maintenant ne reste qu’à la suivre. Elle se chargera de tout. Faudrait meubler… Toujours dans ses petits souliers. Il a balancé le cigarillo. Dans ces cas-là le mieux serait d’en rallumer un. Elle se met à l’interrompre. Les femmes savent toujours interrompre.

- Tiens ; en voilà, une table...

Ben voyons. Précisément celle où il était avec la brune au moment où elle lui a donné rendez-vous. Comme si la jeune femme était encore là. On croit deviner le Mitsouko. N’importe. Excellente occasion d’une halte ; il ne tient pas à se retrouver immédiatement devant la miss Potelée. Comme un sas. La Gaby soudain le protège ; c’est bien ce qu’il avait souhaité ? Gabrielle, son prénom… Il a dû l’entendre. Prononcé en l’occurrence par Carole. Elle, qu’il voudrait oublier pour le moment… La seule évocation l’en rapproche. Sans compter qu’elle va descendre… Avec son espèce de tunique au-dessus du jean’s, il n’a pas peur de la trotte-menu. Il serait plutôt comme un grand frère. Curieux, le souvenir de toutes ces filles ensemble. Un tourbillon se prépare… Depuis, quelque chose a changé. L’une s’est éloignée du groupe à son profit. Carole. Illusoire profit ! Maintenant celle-ci. Différemment. A quoi peut-elle servir ? Il ne sait pas. Présence lénifiante. Qui pourrait s’apparenter à celle des chaises vertes sur la terrasse. Un calme qui n’arrive jamais ; ou on oublie d’en profiter. La tunique aussi tire sur le vert.

Il va lui faire des frais, la servir. Puisque table il y a. Et grillons. Sans la moindre altération ils montrent que l’après-midi avance. Et elle parle et elle parle. Il écoute à peine. Elle semble un peu de celles qui savent tout ; mais sans forfanterie. Essentiel ! Elle ne mange plus beaucoup. Lui se laisse picoler. Ca l’embrume vaguement ; sans plus. Il faudrait que… Non, il ne faudrait rien. Il guette le timbre électrique de Carole. Elle n’apparaît pas. Il observe les traits de sa vis-à-vis. Sans les voir. Puis machinalement. Puis avec attention. Cherche une complicité. Il devrait lui parler d’elle, c’est connu. Elle a vraiment les cheveux particulièrement fins. Attachés dans le cou par un quelconque zimbreck. Ses lèvres aussi restent peu charnues. Détourées d’une curieuse pâleur. En fin de compte elle est parfumée, discrètement. Cela ressemble à une eau de Cologne. Translucide. Présente comme par acquit de conscience. Elle ne sourit guère. Un peu crispé ; on pourrait dire imité. Le plus extraordinaire, ce sont ces traits. Formidablement réguliers ; à la grecque. Cela vient lui prodiguer cet aspect particulièrement austère. A moins que ce ne soit le dessin par trop menu de ses lèvres. Ce côté intello, également, qu’elle dégage. Il ne s’y risque pas ; de ce fait ne peut en acquérir la moindre certitude. Elle tchatche. A jet continu. Ca elle n’est pas avare ! De tout et rien. Pas la peine de se fendre à inventer des réponses. Elle n’en laisse pas le temps, les plages nécessaires pour embrayer. Elle bloque la porteuse. Cela change de Catherine-Carole. Comment font-elles en sa présence ? Tiens, pourquoi a-t-il pensé « Catherine-Carole » et non l’inverse ? Si, peut-être parce que la miss Potelée devient la première à retrouver. Mouais… Pas sûr. En tous cas, c’est curieux de les avoir mises involontairement sur le même plan. En attendant, la brune pourrait bien ne plus tarder à redescendre ; il faudrait se méfier. Ne pas stagner ici. Et pourquoi donc ? Quel besoin de chercher le salut dans le mouvement ? Irraisonné, seulement on ne fait guère les choses raisonnablement… Il piaffe. Rencontrer l’odalisque avec ses éphélides il n’y tient pas non plus. Pour le moment. Besoin d’air ; de se poser. Se détendre. La Gabrielle sert bien pour cela. Seulement il ne faudrait pas qu’elle se lasse, peu à peu, de son silence. Un étranger ! Volubile, elle poursuit. En autofonctionnement ! Elle a une puissance énorme. Cela seul est assez impressionnant ; la caractérise. Elle devrait avoir un mec, alors. Ou des mecs. Peut-être en a-t-elle ? Pas ici ? C’est encore Marienbad. Lui parler d’elle il hésite. Si elle se prenait au jeu ? Cruel et inutile. Ou il pourrait avancer dans le tout et rien. C’est facile ! Du moment que c’est gratuit. A force de tout considérer, il en vient à se méfier du moindre mot.

- Mais qu’est-ce que tu manges !

Elle montre l’exemple en ne s’en méfiant pas, des mots. Il parvient à sourire de circonstance. Néanmoins, ne trouve rien. Se rembrunit. Si tant est que les garçons rougissent. Elle pourrait bien avoir cherché les causes de sa faim subite. Il repense à l’alcôve, en haut de la grande bâtisse. Les grillons ! Ici dehors aussi on les entend.

- On n’a qu’à faire un tour…

- Si tu veux ; de quel côté ?

Vers l’immense terrasse, il y a Catherine. Il y a eu… Depuis le temps… Est-elle encore avec le couple d’importuns rassurants ? Ce serait bien étonnant. Ca ne lui dit guère d’affronter. La pulsion l’en dévore. On verra plus tard ; en rentrant.

- Oah, vers les statues ?

- Oui.

- Tu me les expliqueras.

- Je ne suis pas très ferrée...

- Que si ; cela se voit tout de suite.

- J’ai fait un peu d’histoire de l’art, mais maintenant…

- Maintenant ? Qu’est-ce que tu fais ?

- J’enseigne ; et puis quelques traductions…

- En histoire de l’art ?

- Oui.

- Tu vois...

Il allume ce petit cigare. Il veut les entraîner derrière la terrasse, de manière à rattraper la succession d’escaliers empruntés le matin. Elle a mieux.

- Suis-moi, il y a un raccourci.

Il s’agit de contourner la bâtisse par l’autre côté. Un petit bois joli. Touffu moussu, en clairières avec des bancs. Cela se prolonge à l’éternité. Rempli de silence, de grillons. En y entrant, on passe quasiment sous la fenêtre de l’alcôve. Coup d’oeil discret, on aperçoit le chien assis. A nouveau cette impression de changer de monde. Abandonner quelque chose. Le bon côté c’est toujours celui du passé. Ils entrent dans une sorte de petit éden que l’on croirait ignoré. Si bien entretenu qu’on ose à peine le fouler. Presque trop confidentiel. Un espace intimidé par les traits austères de la Gabrielle. Il observe sa démarche, comme il pratiquait le matin. Résolue. Sautillante de nervosité froide. Rien d’une elfe, non, compacte, terre à terre, une énergie fantastique dans un corps si menu. Il se prend à l’observer comme une femme. Elle doit pas laisser sa part… Dommage, cette espèce de rigidité dans le visage, qui déconcerte. Peut-être laisse-t-il passer une occasion ? Il est dans l’occasion, elle n’attend que cela ? Il n’est pas câblé ainsi. Parfaitement idiot. Il n’est lié ni avec la miss pot de lait, ni avec la brune ; qu’il y ait eu, ou pas eu. Ce n’a rien à voir. Quand le destin sourit, on se méfie. Sans parler, ils marchent. Avalent tranquillos le petit bois. Ils vont bien finir par déboucher. Il peut toujours se dire qu’il aura reconnu un bel endroit. Pour la suite. Quelle suite ? Qu’est-ce que celle-ci, la Gabrielle, a de moins que les autres ? Trois cela fait beaucoup. C’est elle qui est venue à sa rencontre. Coïncidence ? On peut le penser ; a priori, non. L’amusant serait de tenter quelque chose. Histoire d’en avoir le coeur net. Les conséquences ? Etrangement il se sent fort. Ce n’est guère honnête… Il lui prend la main. Elle accepte. Elle a la peau extrêmement douce. Il en est surpris. Le voilà ficelé... Compromis ! Si on les voyait ? Pour la Gaby… Il ne trouve rien à dire. A lui dire… Le voilà dans une position fausse ! Il cherche il réfléchit. Elle s’en rend sans doute compte. On ne peut l’exclure. Il se demande… Ils ne sont pas si mal, comme cela. Tant que personne ne les voit… Il tremble un peu qu’elle ne veuille aller plus loin ; jusqu’au flirt. Impossible de se rendre compte de ce qui se passe dans sa petite tête… Et elle en a, une tête ! Parfaitement réveillée. Trop pour lui ; décalage manifeste ! Il avait déjà remarqué, dans les conversations. Un esprit aigu. Plein de vocabulaire. Des concepts solides ; indubitables. Du bon sens. Mais non popu ! Au contraire. Délicat. Ciselé dans certains aspects. Ce doit être le propre des filles dont on ne s’occupe pas assez. Il le voit ainsi. A cet instant. Caractère attachant. De l’or camouflé, du minerai. « Elle mérite mieux ». Mieux que quoi ? Idée en impasse… Quelqu’un sans défaut, ça épuise… Soudain ploetzlich elle échappe sa main. Se dirige vers un banc de fougères. Sombre impression en lui… Se voir libéré, abandonné… Mauvais soulagement ! Il suit la dame benoîtement. Espère un geste à effectuer. Un pardon qui éloigne ; arrange. Il ne le voit pas ; le pressent. Elle s’approche de ces adiantes ; va pour en cueillir une. Dangereux… Coupant ! C’est l’occasion...

- Attends.

Il n’est pas plus adroit. Il lui faut un temps monumental. Ridicule… S’échine s’acharne. Ca tourne à la boucherie végétale. S’escrime dans une bouillie verte. Il arrache le morceau ! Et un sourire à la dame… Elle saisit le butin. Elle va l’envisager à son tour ; silencieusement ; pendant des lustres. Il n’ose rompre son silence liturgique. Il a bien joué.

- Qu’est-ce que tu regardes ?

- Le développement selon une fractale ; tu sais bien, c’est un exemple des plus connus.

Il observe à son tour. Elle tient pour lui cette botte d’herbacées. La plante se subdivise merveilleusement. Cela met en valeur son professeur de rencontre. Elle se concentre avec son visage osseux. Non. Pas osseux. Marqué, simplement. Frétillant comme un moteur en partance. Suprêmement actif ; on entend le ronronnement. Lèvres entrouvertes ; un rien brillantes. Voix fraîche, presque de gamine. Assurée, fluide. En plus aiguë ; un rien plus que mademoiselle pot de lait. Celle-ci n’a pas un timbre grave à proprement parler ; évasif, en particulier durant son éternel chantonnement. La promenade est en passe de reprendre doucement. Il n’y peut rien. La jeune fille garde le faisceau mutilé de fougères en mains. Elle va le tourner encore un peu ; le conserve sans raison. Ils marchent dans le calme. Cela s’est installé progressivement. Lui-même est libre. Physiquement ; mentalement. Il n’est plus à la remorque. Elle écrase le gravier des sentes. Différemment. Elle porte des ballerines plates ; beaucoup plus faciles. Une démarche plus légère. Très vaguement dansante. Pas toujours. Ils arpentent une longue allée qui tend à s’enfoncer dans le bois. Au prochain croisement il faudra sans doute prendre sur la gauche. Cela paraît évident. Il se focalise là-dessus. Ils sont bien en route pour le vaste jardin à la française derrière Marienbad. A moins qu’elle ne désire poursuivre tout droit ? Il ne peut se départir de l’incroyable sérénité qui l’a envahi. Elle révèle comme une bascule dans son esprit. Il commence à ressentir un véritable besoin d’action. Peu à peu incoercible. On ne se suffit jamais du moment actuel ; curieuse sensation de vouloir perpétuellement être ailleurs. Y a-t-il des cas où on ne le souhaite pas ? Le carrefour des pistes approche. Comme celui du matin. En remontant. Il s’en souvient avec une grande précision. Que s’y passait-il ? Car il attendait aussi quelque chose. Une boucle de sandale à remettre. Ce n’est pas tout : une direction aussi. Redescendre sur le bourg, ou poursuivre la montée pour rentrer. Maintenant, c’est pareil. A gauche, ce sont les splendides jardins à la française. Essentiellement, c’est le lien avec le monde qu’il sait graviter ici. Le lien avec le fonctionnement de la journée. Tout droit, c’est l’inconnu avec la fille. Il n’est pas fixé sur ce qu’il désire. Il ne peut ni ne veut l’être.

 

 

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XI Péripatéticie.

  

Un grand silence moussu. Les grillons sont tombés en sourdine. Ils attendent eux aussi de voir si l’on va prendre tout droit. La fille ne dit rien. Elle se joint au silence parmi ses talons plats. Furtive ! Comme si elle était toute intellectuelle. Mais non, c’est Catherine, qui l’est. Enfin il ne sait plus ; il ne sait plus rien. Celle-ci, on dirait qu’elle gamberge également. La différence est qu’elle ne chantonne pas. Et voilà, le croisement est atteint. Quelques mètres, encore qu’il soit très large. Rien ne change ! Ce n’est qu’un carrefour de pistes. Il suit à côté, sans oser fût-ce un regard torve. Est-ce qu’elle va hésiter, changer, se raviser ? Pour l’instant ils continuent geradeaus dans une belle ignorance. Nul ne parle. Il pourrait intervenir, lui aussi. Faire remarquer. Interroger. Trop difficile sidéré fasciné dirait Quignard. Ils avancent de concert, un peu comme un véhicule à la dérive ; où c’est elle qui tient le volant. Les herbes sautent aux yeux, qui bordent soigneusement les bien larges travées. Bel angle droit ! A cette allure ils ont atteint le milieu. Le point de non-retour. Cela s’exécute comme une symphonie de trompettes. Il songe que dans tous les cas pour lui ce sera mauvais. Obsession de l’échec ! Cela hante. C’est plus fort.

- Ce sont bien les statues, que tu voulais regarder ?

- Comme tu veux…

- C’est à gauche...

- Allons-y.

Elle a bien parlé des statues, non des jardins. C’est déjà enfoui. Un passé récent. Un passé… Elle n’a pas décidé. Fallait s’y attendre. Lâche soulagement, comme on dit. Un refuge au goût âcre. Il commence à regretter. Pour l’idée, non pour la fille. Avec la Catherine c’était pour la fille. Peut-être également pour l’idée. Egalement, ou surtout ? Peu de distance jusqu’aux immenses jardins. Apparaît, comme un porche lumineux, la voûte dans les arbres. Juste le temps d’allumer un petit cigare. La demoiselle ne fume probablement pas. Il ne l’a jamais vue. Lui passe à l’action sans délai. Fouille farfouille extrait. Soulagé. Un peu plus adroit que normalement ; cela va très vite. La flamme ! Il range. Range ses deux mains dans les poches. Elle a pris le temps de l’observer ; balance la fougère. Il y a comme une stabilisation de leur esprit, un retour de la portance. Une idée lui vient. Cette musaraigne, entre camarades, peut l’aider ; pourvu qu’elle reste la musaraigne. « Pourra » l’aider. Dans l’immédiat il n’a guère envie de briser ce nouveau calme. Facile et rassurante procrastination. Il s’en rend compte. Qu’il reste assis sur de l’explosif, aussi. N’importe. Avec le cigarillo il retrouve ses sensations. Il a envie de parler. De se jeter à l’eau n’importe où. Spongieux déferlement ; qui pourtant ne vient pas. Rampante euphorie, artificielle. Peut-être que la jeune fille voit autrement. Il n’ose. Il voudrait l’aider. Lui trouver quelque chose… Un mec ! Il se voit en grand frère… Il songe que tout pourrait aller mieux. Pourvu que l’on reprenne dès le début… Il faudrait faire comme si et comme cela… Il s’en veut ! Immense besoin de paix, lui aussi controuvé, artificiel. Repartir à zéro… Il n’y a que des accalmies ! Une sustentation… A un moment on a besoin que ça rate… Fascination de l’échec ! On surnage… Ueberwinden comme dirait Nietzsche. S’accrocher au peu qui reste… Ils approchent de l’arcade végétale. La lumière s’affadit. Immense chaleur… Les jardins ! Une tranquillité de plomb. Menace du silence ! Des allées inextinguibles ; du gravier sous le pas ; de profondes zones de pierre, accueillantes. Combien de choses se montrent accueillantes dès lors qu’elles sont loin… A perte de vue les balustrades, les dalles… Des statues, approximativement lavées. Sourde animation ; fête de trolls… Impatiente oppression ! Des bassins. Des gargouilles dormantes. Grandiose ; familier. La fille non plus n’a guère eu la velléité de piper mot. Etrange communion, l’idée presque triviale de quitter la symphonie matte qui les enveloppait pour un instant. S’habituer. Le matin c’était identique avec la potelée dans les villas du bourg, épais cubes enracinés. Ici l’espace, la dimension ; sourd espace, aveugles dimensions. Du Hilaire agrandi, développé hypertrophié. Ils se demandent lequel des deux pourrait prononcer « magnifique ! ».

Ca fait quelque chose de s’engager là-dedans ; cela fait toujours quelque chose. Sensation ! Il se dit que le vivre en compagnie d’une étrangère est une trahison envers la miss Potelée. Détournement d’euphorie ! La véritable euphorie c’est autre chose. Il a déjà vécu cette merveille. C’est personnel. Cela ne se produit que peu de fois dans la vie. Il se souvient. C’était à skis. A skis de fond. Une matinée froide, brumeuse. Un paysage disparu ; enfoui ! Tard, le soleil perce. On découvre un magnifique terrain coupé, de puissantes avancées de bois, majestueuses frondaisons. D’immenses champs de neige ; un blanc presque rosé, parfois bleuté. Et d’onctueux vallonnements, du relief perché à l’horizon. Quelques burons extrêmement disséminés. Par-dessus, une musique dévorant tout… Le plus sublime ! Une symphonie colossale… Nouveau monde ? Peer Gynt ? S’emparant de lui, une incroyable alacrité ; une liesse intérieure perpétuelle. Il allait rentrer. Du coup, comme un grain de folie, décision de poursuivre ; de rajouter une boucle. De s’enfermer dans cette allégresse. Puis il rentre au chalet, installé dans la même béatitude. Laquelle aura duré deux bonnes heures. Il revoit tout cela. Pour un rayon de soleil ! Il n’avait jamais vécu cela. Ne le revivra peut-être jamais. A Marienbad, c’est très différent. Et le même endroit que le matin. C’est bien autre chose que sa formidable expérience du passé. Ils sont deux. Ils attaquent les jardins par la bande. Perpendiculairement. Non comme des Champs-Elysées ainsi que la première fois. Ils ne sont pas si loin de la bâtisse proprement dite. Elle paraît assez considérable, allongée, vue comme cela et non au pied. Avec une activité morte en plein après-midi. Voire… Carole ! Vibration plombale du jour omnipotent. Grillons incomplètement éloignés. Invisibles mouvements diffus. Les arbres monstrueux, taillés ; les statues ; ou alors des personnages inexistants. Etonnant qu’il n’y ait personne en même temps qu’eux. Au loin à deux mille mètres le chemin qui descend vers le bourg. Lui le voit, il sait… Il a peur de ce chemin, simplement d’en prendre la direction. Une frontière un autre monde ; passé ou en attente ? Il appréhende aussi une communion avec sa nouvelle voisine. Repense aux éphélides. Celle-ci les traits durs en réalité un parfait épiderme ; éminemment petite à ses côtés nullement imposante. Voilà qu’elle les oriente vers cet infini très lointain, sorte de bonde pour le parc. Imperceptiblement. Comme exprès. Peut-elle imaginer la résonance pour lui de ce sentier minuscule, blanchâtre ? Ils marchent droit dessus. L’événement imperturbable. Qui se moque de ce qu’on n’en veut pas. Pierre suit, bien sûr. Il sait qu’il aurait pu les faire obliquer autrement ; par exemple vers ces bassins. Les statues… Qu’elle voulait tant regarder. La musaraigne dirige ; lui à la remorque, éternel attentiste. Le sentier au loin a pris tout son esprit. Obsessionnellement, il s’est mis à compter chaque pas, ne cessant d’évaluer le délai qui les en sépare. Il se dit que cela n’aurait pas la moindre importance qu’ils empruntent ce chemin. Sorte de Gribouille qui s’apprivoise tout seul. Un peu rassuré… Il y en a une palanquée avant, de statues, de layons de traverses… On peut même repiquer sur le bois. Il ne l’avait pas remarqué le matin. Ce qu’il faudrait, c’est parler ; dissoudre la tension qui l’a réinvesti. Qui l’empoisonne. Il farfouille un nouveau cigarillo. Elle bifurque vers un large bassin rond. Cela change tout ! On reste dans les jardins. Il est soulagé. Tant pis le briquet c’est parti. En marchant ce n’est pas si facile que cela.

- Qu’est-ce que tu fumes !

- Cela t’ennuie ?

- Non, ça te fait un genre à toi.

Elle s’intéresse à lui. C’est égal ; cela réillumine le paysage. Le mot s’est immobilisé dans son esprit. Il crépite d’évidence. Elle brandit le vocable. Il s’applique à elle. Quel est le sien ? Chez elle, tout est dans le genre. A moins qu’elle en ait plusieurs. Elle véhicule une personnalité c’est sûr. On ne sait pas quoi en faire. Il a envie de s’y intéresser ; de l’aider. On ne sait pas si elle en éprouve le besoin ; si elle ne se trouve pas très bien comme ça. Il va trop loin, à la disséquer. Elle n’a rien demandé. Les femmes ne demandent jamais. Une statue arrive. Depuis un moment. Au fond, la bâtisse. Imposante. Endormie. On dirait qu’en permanence elle veut dire quelque chose. La statue est là. Vivante. Présente. Surplombante. Hiératique. Atmosphère chaude ; filandreuse. Rien de comparable avec les vibrations du matin. Impossible d’évoquer cette déesse en pierre devant la miss ; évoquer une femme auprès d’une autre femme. Sauf à s’en faire une complice. Il y faut une certaine agilité. Ou qu’elle y vienne d’elle-même. Parfois ça marche. On a l’impression que lorsque celle-ci ne veut pas parler, inutile d’essayer. Là, c’est le contraire. La voilà partie dans une gigantesque explication artistique. Avec des références à l’antiquité grecque. Il ne sait plus quand elle a commencé. Rien d’autre à faire que de l’écouter. Il fait mine de s’y intéresser ; s’y intéresse. Pas aisé, ces regards qui se croisent. Vaste jeu de miroirs. Chacun s’efforce de ne pas se bloquer, se figer. De ne pas éviter l’oeil de l’autre. De ne pas laisser penser qu’il s’ingénie à dévier ; qu’il est en lutte permanente afin que ce combat n’apparaisse pas. Mythe d’Achab, chacun meilleur ennemi de soi-même. A ce jeu elle est très forte. Simultanément, elle trouve ses phrases. Elle visualise en un discours construit ce qu’elle décrit. Sans interruption. Chaque pensée appelle une suivante. Comme une cascade sur les innombrables plans d’une toiture complexe et infinie. Elle a changé intégralement. Elle vit son récit. Ses forces intellectuelles se multiplient l’une l’autre. Elle s’installe de mieux en mieux dans son rythme. Comme pour ne jamais s’arrêter.

- Tu veux voir celle-là ? Elle te plaira...

Une trentaine de mètres. Quelques marches à descendre. Une Vénus avec un symbolique pan de toge sur l’épaule. Ils en font le tour. Elle est dirigée vers le fond de l’esplanade. A mesure que le regard découvre, impossible d’éviter l’image de Carole dans l’alcôve.

- Ils pourraient faire les pupilles, ces sculpteurs.

- Regarde ; elles y sont...

N’importe, toujours cette expression morte qui casse tout. La phrase de Gabrielle s’est avancée ; un rien étonnante, nouvelle facette. Finalement on s’entend bien avec cette personne. Il aurait presque envie. C’est trop tard ; il faut considérer que c’est trop tard. Pourquoi ? Une certaine vision de la beauté canonique ; celle de la statue par exemple. Il détaille in petto les traits austères de la musaraigne, les caractères. Dans chacun on peut retrouver un rien de la potelée, ou de Carole, ou du monument de pierre. Il a fini le cigarillo. Le jette. Cela marque irréfragablement la terminaison de quelques instants de complicité avec cette fille. Il le regrette. Souhaite que cela reprenne ; que le temps s’arrête. Un moment n’est jamais si bon que lorsqu’il est forclos. Il se demande comment elle le trouve, lui ; toujours ce besoin de comparaison, de se faire au moins reconnaître en tant qu’individu. Malgré la nature dérisoire de cette préoccupation dans l’immanence des lieux.

- Tu ne t’ennuies pas ?

- Sinon je ne serais pas là.

Trop rapide et sèche, affirmée, la réponse. Est-ce que cela correspond à la même chose dans leurs deux esprits ? Problème de langage… Après tout, quand cela tend les bras… Qu’est-ce qu’une femme a de plus qu’une autre ? Il lui rejette un œil. Est-ce qu’elle a des mecs, un mec, cette miss Bonne fortune ? Il s’est déjà posé la question ; pourquoi n’en aurait-elle pas ? Elle a tellement l’air de savoir où elle va… S’il allait finir de toutes manières par y passer, à la casserole ? Sous les dehors de facilité apparente qu’offre la situation, est-il vraiment libre ? On s’éloigne de la bonne camarade… Aussi, on perd ses repères. Il suffirait d’un rien physiquement… C’est vraiment perdre une occasion ?

- Tiens, regarde celle-là...

Ils ont abattu du chemin. Cela fait un moment qu’il observait cette autre statue. De très loin on distingue un caractère accusé, que n’avait pas la première. Pas plus de toge que de beurre en broche. Etonnamment suggestive. Ou c’est lui ? Non. Sa bienveillante cicerone attire son attention. Gênée ? Il va la regarder en coin. Par deux fois. Il est surpris du sourire inattendu qui orne ses lèvres ; éclaire de façon inaccoutumée l’ensemble de sa physionomie. Ses joues ont rosi, à la façon de celles d’Albertine. Jusque-là il ne croyait pas que cette couleur pût être autre chose qu’une simple métaphore. Surtout de sa part. Il découvre maintenant que la stabilité de ses traits pourrait s’apparenter à celle d’un masque. Probablement inconscient. Il risquerait bien un geste. Lequel ? D’une certaine manière, avec sa simplicité naturaliste, cette fille parvient à l’intimider. Il s’astreint à détailler stupidement l’édifice de pierre. Les buis environnants ; haies basses ou concrétions artistiques magnifiquement taillées. Il n’avait certes pas manqué de les remarquer. Il cherche maintenant pourquoi, s’il y doit y avoir une raison, il n’y a pas porté une plus grande attention. Les moments de tension viennent inéluctablement amener de ces inattendues considérations ; divagations hors du temps et du lieu ; de l’objet. Là, ce qui vis-à-vis de cette miss l’agite, c’est une décision. Le mot peut sembler inapproprié. Les choses viennent se mélanger dans son esprit ; la potelée, la brune Carole, comme s’il s’était échafaudé en quelque sorte des manières de promesse qu’aucune véritablement ne lui réclame. Les massifs de buis… Ce matin c’étaient les chaises vertes, la table, le lierre. Il ignorait ce que la journée offrirait. En tous cas pas cela. Sans compter que ce n’est aucunement terminé. Du moins l’espère-t-il. Peut-être le vin ? Naturellement une certaine euphorie n’est pas désagréable. Il se rend compte qu’ils marchent vers l’extrémité des jardins. Celle qui mène au bourg… La fille le sait-elle aussi ? Sûrement. Rien ne lui échappe. Ca l’ennuie de trop s’éloigner. Quitter un monde où, s’il a peu de certitudes, il finit par s’installer. Il paraît délicat de ramener la conversation vers les autres filles ; trouver un subterfuge pour cela. Il est persuadé que la miss musaraigne en sait relativement long. Pour l’instant il n’y en a plus du tout, de conversation… Dans ces cas-là mademoiselle pot de lait chantonnait interminablement. Le silence qui s’est institué depuis un certain nombre de minutes est en train d’établir une forme indéfinissable de relation avec cette Gabrielle. Le briser ne constituerait-il pas une sorte de muflerie ? Elle est vraiment autre que ce qu’elle paraissait au début ; enjouée, sautillante, étonnamment vive.

- A quoi tu penses ?

Il ne sait que répondre. Parce qu’il est surpris. Lui revient cette affaire de fractales.

- Je me disais que, si tout est organisé de manière fractaliste, pourquoi pas la pensée aussi ?

- Demande à Catherine, c’est son rayon.

- Catherine ?

- Une matheuse ; je crois qu’elle s’y connaît vraiment.

- Mon idée te paraît curieuse ?

- Pas réfléchi ; tu sais, nous, dans la linguistique, on applique surtout des recettes...

- Justement ! Vous devez avoir les mêmes phénomènes qui se reproduisent...

- On en a déjà parlé avec elle ; mais tu vois, elle a une manière… différente de voir les choses.

- C’est-à-dire ?

- Il faut qu’on puisse le calculer ; sinon elle n’y croit pas, disons. Il lui faut du concret, des repères, si tu veux...

Intéressant, comme dirait Guélassimov. Il est bien de cet avis pour les repères. L’affaire du concret apparaît comme triviale, déplacée. Celle des repères le rapprocherait intellectuellement de miss Potelée. Quel drôle de surnom il lui a trouvé ! Maintenant il évoluerait plutôt vers un certain quant-à-soi vis-à-vis de son propre cynisme, de sa propre distanciation vaguement puérils. Il serait presque prêt à filer lui avouer ! Insensiblement, il délaisse la musaraigne. Peut-être qu’elle n’en n’a pas besoin, elle, de repères, ou bien moins, voire différemment.

Commentaires

Sergio,
si j'ose la franchise, ce personnage, cette histoire trop écrite pour des lecteurs (références littéraires, vocabulaire trop recherché...) n'a pas d'épaisseur. Lui n'a pas de passé, pas de rêves. Comme un automate il marche avec l'une, a un rapport sexuel express avec la deuxième, marche avec la troisième... et alors ? c'est une histoire qui n'est guère passionnante. Pour quelles raisons l'avez-vous écrite ? Pour quelle raison tient-elle l'unique place sur votre blog jusqu'à l'enliser. On dirait que vous vous ennuyez en l'écrivant. Vous y perdez un peu de votre personnalité bondissante, de votre humour. Est-ce si important pour vous d'être un romancier ? Il y en a déjà tant alors que vous, avant, c'était inimitable.
Bien amicalement.
Bonne soirée.

Écrit par : christiane | 25/03/2018

Comme prévu j'attends la livraison de l'objet littéraire définitif pour poser des questions à Sergueï, dont certaines ressembleront comme des sœurs jumelles ensanglantées à ce qui précède en provenance de Christiane ....

Écrit par : JC...6h33 | 26/03/2018

Aie, je me suis perdue dans le parc Sergio...Jusqu'ici j'ai suivi Pierre dans les allées ou à travers le château pensant qu'il me conduirait vers le "vrai" sujet du roman, ce qu'il t'importait de dire réellement; mais là, j'ai lâché prise aussitôt parce que je ne vois rien venir de tel. Sorry Sergio.

Écrit par : chiara | 26/03/2018

J'envisage, donc, de laisser tomber définitivement l'ours. A moins qu'il soit possible de récupérer certains morceaux ? Qu'en pensez-vous, tous.

Quant à l'avenir du blog, j'ai bien quelques billets d'avance, mais guère. De plus il y en aurait beaucoup de médicaux. Néanmoins il n'est pas utile de se compliquer à fermer nommément le blog. Simplement le laisser en l'état, avec un petit billet d'une phrase de temps en temps. Avec éventuellement les amusettes style Evidence. Cela ne mangerait pas de pain. Le blog serait "dormant", quoi, comme l'avait trouvé JC à son arrivée il y a deux ou trois ans. Solution qui ne ferait de mal à personne et ne mangerait pas de pain...

Pour les billets (les normaux, hors ours), il faut bien voir que, non seulement je commence à être sec, mais en plus ça toubibe au point qu'il ne me reste plus que quelques heures l'après-midi... D'où cette course permanente...

Écrit par : Sergio | 26/03/2018

En fait Sergio, on a l'impression d'être dans un labyrinthe de verdure dont les côtés seraient très hauts et duquel on n'arriverait pas à sortir malgré nos efforts...

Sinon belle illustration du jardin de Bouges, merveilleux petit château entièrement meublé*, très belles écuries, immense parc avec arbres majestueux, jardin potager et jardin de fleurs. On peut louer une salle pour un mariage, une réunion de blogueurs...

* Il y manque une pendule qui est chez...Berlusconi !!!

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-pendule-royale-de-berlusconi-27-12-2015-5403149.php

Écrit par : Lucy | 26/03/2018

on a l'impression d'être dans un labyrinthe de verdure dont les côtés seraient très hauts et duquel on n'arriverait pas à sortir malgré nos efforts...
Écrit par : Lucy | 26/03/2018

Image bien belle et très compréhensible. Seulement, cela repose le problème : ce mystère (qui peut agacer : ce n'est pas, littérairement parlant, un vice rédhibitoire, comme on dit en hippologie), ce mystère est-il, précisément de par sa présence, lancinante, une raison de poursuivre de manière à connaître comment il se dénouera, ou au contraire d'arrêter le massacre parce que cela ne mène à rien ?

Écrit par : Sergio | 26/03/2018

Vous semblez chagrin, Sergio. c'est dommage. Vous avez une voix dans ce monde des blogs, très originale, par toujours compréhensible. J'aime bien venir ici. C'est comme un espace en friche où poussent des coquelicots. Votre ours, il est comme empêché d'être libre, une impression que l'écriture ça vous connait et qu'ici, c'est une sorte de jeu : contrarier l'élan pour en faire une chose tarabiscotée, pour faire fuir les lecteurs. Comme un qui voudrait décourager des lecteurs. Je suis certaine que ce personnage a une utilité mais je ne comprends pas laquelle.
Si vous cessez d'écrire ce sera comme si vous vous emmuriez dans une caverne.
Bon. Vous êtes libre...

Écrit par : christiane | 26/03/2018

"ce mystère est-il, précisément de par sa présence, lancinante, une raison de poursuivre de manière à connaître comment il se dénouera, "

Je répondrais volontiers oui ;) Même si cela te semble un lourd travail de reprises. Revoir la construction pour que ce mystère lancine toujours mais s'épuise aussi au fur et à mesure de la lecture ?? Au contraire s'y référer dès le début, et ferrer le lecteur ?? Choisir la voix de Pierre, celle qui te plait parce qu'elle te semble la plus juste ??Laisser l'ours sommeiller ( en le surveillant du coin de l'oeil, qu'il aille pas se perdre ! ) pour le saisir d'un oeil neuf ? Et rebondir ! Ce serait bien.
J'ai trouvé des passages vraiment originaux, et de beaux beaux rythmes dans la manière de dire, Sergio.

"Les ailes de la Rolls effleuraient les pylônes..." J'écoute Gainsbourg ... "les ailes de la Rolls effleuraient les pylônes", c'est good quand même.

Écrit par : chiara | 26/03/2018

y a des tas de choses qui m'énervent, mais considérablement, attention, qui m'énervent considérablement.
toutefois, je reconnais que c'est pas le sujet.

Écrit par : idiolecte | 26/03/2018

Le mieux est de relâcher la pression. C'est dur d'écrire.... c'est fatiguant.... un peu de repos serait le bienvenu ! ....et plus tard, ça repartira !

Écrit par : JC...6h03 | 27/03/2018

Il y a un autre livre sous ce livre. Palimpseste... Parfois, il apparaît, fluide, émouvant. Sergio s'est fait ensorceleur de ce livre pour qu'on ne le connaisse pas... a ajouté des références livresques inopportunes, des mots à faire roucouler l'Académie, des photos parfois déroutantes... Mais je soulève le masque et se dévoile une histoire comme le miroir d'une âme.
Hâte de lire les prochains chapitres pour retrouver une histoire simple...

Écrit par : christiane | 27/03/2018

Sergio, si tu publies ton ours sur ton blog, c'est pour avoir des avis sincères, je suppose. Alors je vais oser :
un roman où il ne se passe rien (enfin sans "histoire simple" comme dit Christiane et sans véritables personnages), ça peut être formidable si l'écriture est forte. Or là, je suis désolé, mais y a pas de style, y a pas d'effort littéraire, tu te contentes de raconter mais sans avoir rien à raconter.
Chiara cherche un mystère... pour moi, y a rien de mystérieux, y a même rien d'étrange, pas d'arrière-plan, pas de tension.
Bon, j'espère que je suis le seul à penser ça et que tu trouveras des lecteurs plus captivés.

Écrit par : Pardon my French | 27/03/2018

tout part en couille...dommage, c'était bien... avant, comme dirait Popaul

Écrit par : Evidence | 27/03/2018

ta gueule vidence

Écrit par : crève, charogne | 27/03/2018

Il est vrai que, avant l'arrivée d'Evidence, c'était beaucoup mieux. D'accord, il y avait jicé, mais on s'y était habitué comme aux crottes de chien sur le trottoir et, lui au moins, il nous donnait des raisons de le détester. Evidence, c'est le néant, la conne aigrie qui ne vient sur les blogs que pour dénigrer. L'inutile par excellence.

Écrit par : pseudoRené | 27/03/2018

J'aime bien, et c'est plutôt bon signe (même s'il faut s'en royalement ficher des signes, je parle des bons ou mauvais) que les habituels adorateurs soient un peu déçus.
Le temps propre au roman suspend son vol comme il le désire sans pour cela transformer les deux personnages féminins en agace-pissettes pour vieux lecteurs pressés d'en découdre avec leur décolleté, le décollement de leur tête chevelue peut-être même, ah les vaches, toujours la rate au corps bouillant ceux-là, on ne peut pas reprocher à Sérioja de ne guère maîtriser la conjugaison des moments qu'il décrit, leur chaînement organique.
Il n'est jamais cinq heures à son horloge romanesque, je puis me tromper, et ses deux marquises ne semblent pas là pour faire des constats de mystère, encore que cela soit déjà exercice de style en soi, Valéry, même Allais, pour ne pas citer Cioran en le name droppant depuis la falaise du château de Dieppe, l'on dit, revolver à cheveux blancs en main pour faire un sort au procédé-roman.
Je vois souvent d'ailleurs les mots de son récit sortir d'un point central, très mince effusion d'un puits, que Pierre en archéologue du temps cimenterait ou fracturerait pour saisir l'âme féminine, peut-être essayer de la comprimer l'espace d'un instant, ou quelque chose du principe féminin reclus dans une chambre verte, d'amour, pas forcément funéraire, au coeur d'une pyramide de verre.
Sensible encore à cette douce émulsion donc, le chantonnement de la Dame blanche, le végétal digne de la serre chaude d'Un Grand Sommeil de la phusis, jamais vénéneux ni étoufffant mais pouvant l'être à chaque instant (sans que l'auteur ne le montre, ni ne nous fasse compter le métrage de ses pourvoirs d'artiste déroulés pour la galerie).
Mais c'est vrai (et-là je me compte dans ceux que je taquine au début de mon post) que je reste sous le charme des merveilleux deux premiers chapitres de l'oeuvre.
Shatstlivo, à +.

Écrit par : xlew | 27/03/2018

"Pardon my French | 27/03/2018 "
Déjà, bravo pour cette signature élégante. Je lis votre avis très proche de mon premier commentaire
puis je relis ceux de Sergio qui envisage de laisser tomber la mise en ligne de la suite de l'histoire
et là je sens une perte pour la lectrice que je suis.
Quelque chose me manquera. J'essaie de préciser.
Une certaine douceur. Un temps de lenteur. Et ce personnage un peu las, un peu indifférent, aimant la nature, la peau des filles. Aimant le désir plus que le passage à l'acte.
Il semble perdu dans ce monde. On ne sait pas trop ce qu'il fait là, qui il est.
On ne sait pas pourquoi cette histoire commence ce matin d'été dans une demeure encore endormie.
Plus on s'éloigne de la demeure, plus le monde habituel remplace le mystère : boutiques, achats, petite ville.
Entre les deux, les chemins sont très importants. Une rivière (où on se serait bien passé de savonnette), des herbes, des grillons, des fougères. Les sons sont répercutés par les murs.
Un labyrinthe, oui.
Le retour au "château" est un peu décevant car d'autres apparaissent, qui brisent le sortilège. Parce qu'une troisième femme embarque notre homme à nouveau dans une marche. parce qu'on mange, on boit.
Tout ça est tiraillé entre deux rythmes : le réel et les gestes prévisibles, l'irréel et l'accès aux pensées de l'homme, la poésie involontaire.
Il n'est pas amnésique puisqu'il se souvient de livres, de films, de fractales (son univers). Mais pourtant, on ne sait rien de son passé, de ses projets, de ses problèmes.
Peut-être est-il trop tôt. Peut-être est-il trop tard.
Peut-être que l'écriture n'a pas encore pris (comme une mayonnaise lente à prendre consistance.)
C'est l'histoire d'un homme qui écrit une histoire récalcitrante et qui y met beaucoup d'énergie.
les maladresses sont-elles volontaires ou non ? Il me semble que oui, depuis le début... une sorte de sabordage d'un qui pourtant sait naviguer sur la houle des mots. Pourquoi ? Quelque chose de funeste dans tout ça...

Écrit par : christiane | 27/03/2018

deux premiers chapitres de l'oeuvre.
Écrit par : xlew | 27/03/2018

Ah, ces deux premiers chapitres... Mais qu'ont-ils qui a été perdu ensuite...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

Chiara cherche un mystère... pour moi, y a rien de mystérieux, y a même rien d'étrange, pas d'arrière-plan, pas de tension.
Bon, j'espère que je suis le seul à penser ça et que tu trouveras des lecteurs plus captivés.
Écrit par : Pardon my French | 27/03/2018

Les avis divergent, puis se rassemblent à nouveau. Cela dépend des chapitres, on dirait ; ou plus simplement, peut-être, du tempo... Difficile...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

"Ah, ces deux premiers chapitres...",
Bon début de descente de "trip",
ensuite, pour un connaisseur :
prendre la mob et se casser,
l'homme n’est pas assez végétal
pour s'enliser dans un marécage.

Écrit par : P comme Paris | 27/03/2018

l'homme n’est pas assez végétal
pour s'enliser dans un marécage.
Écrit par : P comme Paris | 27/03/2018

Joli. Tu veux pas me rewriter l'ours ?

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

Peut-être que l'écriture n'a pas encore pris (comme une mayonnaise lente à prendre consistance.)
Écrit par : christiane | 27/03/2018

Beaucoup (toutes ?) des ces remarques, analyses, observations me semblent et sont probablement très vraies. Seulement, faut-il abandonner ou poursuivre ? Et, dans ce dernier cas, sur quoi l'effort serait-il le plus nécessaire ?

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

crève, charogne à mon endroit... vous diffusez les menaces de mort, sergio ?

Écrit par : Evidence | 27/03/2018

un peu de repos serait le bienvenu ! ....et plus tard, ça repartira !
Écrit par : JC...6h03 | 27/03/2018

Cela peut avoir de bonnes chances d'être vrai, il faut le souhaiter ; et cela n'en rend que plus nécessaire le soin de préparer ce grand jour dès à présent...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

Un effort, Sergio ? Je ne crois pas. Laissez venir votre personnage. Ne le malmenez pas avec vos citations. Regardez le marcher sur le chemin avec cette petite voix off dans la tête, ses yeux qui se posent partout (comme dans les deux premiers chapitres). Les références explicatives, le lecteur n'en a pas besoin. Il se laisse porter aussi.
Je pense à un sculpteur face à un bloc de pierre. Il ôte tranquillement la matière superflue pour approcher son personnage, sa forme qui l'attend à l'intérieur encore sans existence sauf dans son geste qui va vers elle.
J'aime bien ce côté foutraque et casse-gueule de votre écriture. Superbe blog.

Écrit par : christiane | 27/03/2018

Que devient JJJ ? nous qui attendons toutes ses commentaire s avec im
patience , nous nous interrogeons...

Écrit par : une commentatrice inquiète | 27/03/2018

Que devient JJJ ? nous qui attendons toutes ses commentaire s avec im
patience , nous nous interrogeons...
Écrit par : une commentatrice inquiète | 27/03/2018

Oui...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

Je suis là, Ch., mais n'ai pas encore eu le loisir de lire les deux nouveaux épisodes. J'ai surtout eu le malheur de lire les commentaires avant... Et du coup...,
je suis comme terrorisé à l'idée que Sergio pourrait tout envoyer valdinguer à cause du harcèlement (amical ou inamical) dont il fait désormais l'objet, dès lors qu'il accuserait quelque faiblesse dans son apprentissage (alors que ce n'est peut-être qu'un passage à vide tout à fiat normal et nécessaire comme c'est le cas dans les 36 chapitres de Jérusalemn : où on observe quelques longueurs et pertes d'énergie - l'esentile est que le lecteur ne les vois pas aux mêmes endroits !)...
Je suis d'autant plus effaré par cette sentence que je la perçois comme de mauvaise augure, un sombre pressentiment, alors que la somnolence médicamenteuse pourait de plus en plus ressortir d'un facteur plausible de la dérive mentale du personnage de Piotr-Serguei : 'le soin de préparer ce grand jour dès à présent'.
Bon, mais je vais tâcher de me ressaisir. Et je reviendrai à tête reposée, quand j'aurai lu tout le texte comme les autres fois. A bientôt.

Juste pour dire que j'apprécie la métaphore de la 'musaraigne péripapathétique' !

Écrit par : Janssen J-J | 27/03/2018

Ce n'était pas moi, JJJ, mais je suis heureuse que la question de cette "commentatrice inquiète" vous ait ramené parmi nous.
C'est vertigineux la demande de Sergio de commenter son travail d'écriture en cours, chapitre par chapitre. J'aurais préféré lire le livre en entier et lui exprimer, après, mon ressenti. Ici, ce rythme feuilletonesque de mise en ligne nous fait perdre le fil, parfois et surtout nous conduit à pinailler, à scruter les mots, les phrases, la ponctuation et à en parler entre nous. C'est terrible et cruel. Vous-même, avez lu les commentaires avant les chapitres offerts. Il faut qu'il ait le cuir résistant !

Écrit par : christiane | 27/03/2018

lire le livre en entier
Écrit par : christiane | 27/03/2018

Oui. Ce que dit JC. Un comité de lecture avant le comité de lecture. Avec, cette fois-ci, des rattrapages. Seulement, pratiquement ? Imprimer une dizaine d'exemplaires et les envoyer par la poste ? Pourquoi pas. Au début je ne pensais pas que tout le monde finirait par s'intéresser comme cela. Et puis je suis parti dans une première relecture/correction. Elle s'achève. J'en prévois encore deux, si toutefois il ne faut pas procéder avant à des remaniements de fond. Maintenant que le système actuel incite à pinailler, ce n'en est que mieux... Les comités de lecture doivent pinailler encore plus...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

Et puis, je vois bien le travail que vous consentez, tous, de prendre la peine et le soin de lire avec attention tous ces paquets hebdomadaires. De cela déjà je dois vous remercier...

Écrit par : Sergio | 27/03/2018

"Tu veux pas me rewriter l'ours ?"

Désolé, Sergio,
avec moi,
la bauge de l'Ours finirait dans la fange.

Écrit par : P comme Paris | 27/03/2018

Sergio, avec ma sympathie de lecteur attentif :

Donnez une fois un chapitre plus "squelettique". Me comprendrez-vous ? C'est aussi ce que vous dirait, à mon avis, un éditeur.
Je m'expliquerai mieux si vous le voulez, en accord avec Lew sur les deux premiers chapitres, moins encombrés de références où vous dominez trop votre personnage au lieu de l' accompagner, alors qu'il demeure votre instance narrative et descriptive encore. Je crois aussi, comme d'autres commentateurs, que les derniers chapitres s'envasent : avec un peu plus de liant entre des fragments à trois points, moins de réflexions de Pierre malgré ses légitimes hésitations, un parcours géographique plus clair (de l'intérieur du château à ses extérieurs), vous pourriez les réduire de la moitié, alors que vous êtes, à mon sens, dans la STATION. Vers quoi ?

Écrit par : C.P. | 28/03/2018

Cher C.P. vous touchez juste, le scénario est en vol stationnaire (des images d'oiseaux-mouches et de papillons peuvent surgir ici), symptôme je crois d'une recherche propre à Sergio de ne pas fondre toutes ses billes d'antiromancier dans le foyer d'une intrigue, d'une histoire, ni même dans la psyché des personnages (tout le monde rappelle souvent la profession de foi d'écrivain post-ES de Flaubert mais on pourrait aussi bien verser au dossier qu'un cinéaste comme King Vidor tendait vers le même art poétique, l'abandon du récit, de la trame).
Touché aussi par la disparition de Clément Rosset (une jeune Terminale qui m'est très proche s'est immergée dans son oeuvre traduite en espagnol par son professeur de philo) je me dis que ce dernier, aurait-il lu l'essai de Sergio, eût remarqué que son Pierre n'est pas sans avoir quelque ressemblance avec le fameux "Grillenfänger", littéralement le 'prédateur de grillons', cher au Nietzsche du Gai Savoir.
Les grillons, 'Grille' en allemand, étaient au temps de Beethoven, de Goethe, le reflet du rêveur à la Thoreau.
Il faut que Sergio retrouve son mojo du crissement d'ailes des mots, ne pas avoir peur de sa tentative littéraire.
Je salue Christiane et sa légendaire générosité d'analyse, qui ne rend rien aux fines remarques de Chiara, grâce à elles et à vous Serioja a du grain à moudre.
Regards.

Écrit par : xlew | 28/03/2018

Sergio, c'est le bon ordre ? si oui, c'est OK.
1 une chaise de jardin 2)dans les cambuses
3) les grillons 4)au bourg
5)café 6)retour
7) odalisque 8) marienbad
9)prélude 10) la musaraigne
11) en péripatéticie
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
maintenant Hamac.....

Écrit par : olga | 28/03/2018

Sergio, c'est le bon ordre ?
Écrit par : olga | 28/03/2018

Yes... Ce qui nous amène maintenant à un bon tiers de l'ours.

Écrit par : Sergio | 28/03/2018

Cher Lew, à moi également la disparition de Clément Rosset fait du chagrin. Je ne suis pas spécialement philosophe, mais j'ai lu aussi de lui une foule d'articles -y compris sur le cinéma- et sa présentation par exemple de "Philosophes à vendre" du cher Lucien de Samosate, - avant celle de Giorgio Agamben pour la même traduction d'Eugène Talbot -, m'a été réjouissante, comme elle l'a été pour mes enfants, et maintenant le sera pour celles de mes petites-filles en hypokhâgne, si je leur passe le petit brûlot comique, par avance pas du tout en désaccord avec Nietzsche.

Ce n'est pas quitter Sergio, - au contraire -, qui sait fort bien ce qu'est la "joie tragique" (encore qu'il n'aime guère un apparent tenant de Rosset sur un autre blog). Son Pierre le sait aussi et - gouverné par son auteur - possède de l'ironie et de la culture, lors même qu'il en suppose avec timidité tellement, scientifique ou littéraire, chez les donzelles qu'il rencontre. Mettons que cela aille avec une curiosité du mystère féminin ? Avec ou sans conclusion (hé ! ho ! je ne parle pas du "conclure" de Michel Blanc)...

Écrit par : C.P. | 28/03/2018

Clément Rosset... comme la toile de Magritte en bandeau sur son blog : le réel et son double... C'était un homme tragique à l'humour décapant. Sa philosophie était de la pure poésie. Cet homme par sa pensée écrite m'a tracé un chemin. Je frissonne...
Magritte et Sergio ? tiens, voilà une belle rencontre.
Comme si l'itinéraire semé par Olga nous conduisait à rebours dans la forêt des songes.
S'il ne s'agit pas d'un roman c'est donc une écriture tout à l'inverse de celle des apparences vérifiées, toujours démontrées. Sergio sort de la zone de carénage, ne limite plus la corrosion des mots. Laisse aller. L'a pris une brouette. A jeté pêle-mêle le Pierre et ses rencontres, ses notes. A roulé dans l'allée bleue, le cœur en bandoulière. Écrit l'été alors que ce foutu printemps est âpre et mouillé comme l'hiver. Comme une douceur en réponse à un coup dur du réel. Son écriture s’accommode aussi bien du vrai que du faux. Il est indifférent à cela à cause des reflets.
Joie aussi de lire C.P. et Xlew.

Écrit par : christiane | 28/03/2018

Donnez une fois un chapitre plus "squelettique". Me comprendrez-vous ? C'est aussi ce que vous dirait, à mon avis, un éditeur.
Écrit par : C.P. | 28/03/2018

Très sympa de cette offre ! Mais il faut que je comprenne exactement. Je vois deux solutions.

1)Sélectionner un ou deux paragraphes d'un chapitre existant, de manière à ce que l'on puisse mettre en évidence du premier coup d'oeil ces défauts, trouver facilement des exemples précis. Simple question de pratique, je veux dire.

2) Refondre un chapitre existant, n'importe lequel mais en le dégraissant. Là c'est ce que je prévois dans quelques semaines, lorsque j'aurai terminé ma première relecture de l'ensemble.

3) Autre acception ?

Désolé d'être aussi lourdingue... Mais quand ça veut pas, ça veut pas et autant prendre la question par le commencement.

Merci en tous cas d'avoir cette gentillesse de voler à mon secours...

Écrit par : Sergio | 28/03/2018

Cher C.P. vous touchez juste, le scénario est en vol stationnaire
Écrit par : xlew | 28/03/2018

En soi, ce devrait n'être pas très grave. Pourquoi ? Puisque tout est censé être axé sur le style (!). Mais ça le devient à partir du moment où... le lecteur s'ennuie, ce qui devient franchement catastrophique...

Écrit par : Sergio | 28/03/2018

Je m'expliquerai mieux si vous le voulez, en accord avec Lew sur les deux premiers chapitres, moins encombrés de références où vous dominez trop votre personnage au lieu de l' accompagner, alors qu'il demeure votre instance narrative et descriptive encore.
Écrit par : C.P. | 28/03/2018

Je crois que c'est le noeud du problème : identifier, avec des exemples précis, ce qui différencie les deux premiers chapitres du reste ; autrement dit, trouver en quoi ça dérape à partir du chapître trois, grosso modo. En quoi je me suis laissé aller à rompre le charme, quoi...

Écrit par : Sergio | 28/03/2018

(Sur une lecture du Xe, seulement...) ploetzlich ? adiante ? zimbreck ???? Soy desarçonado...
"Comme dans Meurault l’étranger", une référence inutile, je pense.

Surtout, j’ai essayé de modifier le dernier paragraphe en substituant subrepticement Pierre (IL) par JE… histoire de voir si le malaise ressenti diminuait à la lecture par rapport à l’économie générale de la « non histoire ». Eh bien, figurez-vous que ce petit exercice infractionnel ou effractif (et scandaleux du point de vue la morale internautique et fractalisée) m’a paru beaucoup plus concluant. INCROYAB’ !... Car le IL me donnait trop l’impression de n’être pas concerné par l’histoire de ses sentiments et de son état d’introspection sauvage à l’égard de ces trois créatures. Quand elles le rappellent au réel, c’est à peine s’il les avait entendues. Or, quand JE-narrateur Sergio ( ?) se substitue à IL-Pierre, là…, on pressent tout à coup qu’il va se passer quelque chose d’inédit et de bifurquant…. L’intérêt est relancé. Donc, moi, c’est ce que j’aurais fait depuis longtemps et cela me titillait, je dois dire, car la langueur languide quoique ponctuée par une bouffarde de cigarillo de temps à autre, doit maintenant cesser, d’une façon ou d’une autre. Voilà donc comme un bon moyen d’embrayer par une surmultipliée, je pense… et d’échapper à cette langueur torpide qui nous engourdit progressivement depuis quelques temps. Ou alors, mettez lui une bonne averse pour qu’il écrase son cigare puant et qu’ils aillent enfin tous se réfugier à l’abri sur le lit à la couette constellée d’herbes vertes pour une bonne partie de jambes en l’air, comme il sied derrière les portes de Jonathan Littell, « une vieille histoire, nouvelle version » !

Voilà ce que ça donne… (SAUREZ-VOUS JAMAIS PARDONNER CETTE OFFENSE AU CARACTERE SACRE DE LA LITTERATURE QUI SE CHERCHE OBSTINEMENT ?)

[« Marqué, simplement. Frétillant comme un moteur en partance. Suprêmement actif ; on entend le ronronnement. Lèvres entrouvertes ; un rien brillantes. Voix fraîche, presque de gamine. Assurée, fluide. En plus aiguë ; un rien plus que mademoiselle pot de lait. Celle-ci n’a pas un timbre grave à proprement parler ; évasif, en particulier durant son éternel chantonnement. La promenade est en passe de reprendre doucement. Je n’y peux rien. La jeune fille garde le faisceau mutilé de fougères en mains. Elle va le tourner encore un peu ; le conserve sans raison. Ils marchent dans le calme. Cela s’est installé progressivement. Lui-même est libre. Physiquement ; mentalement. Il n’est plus à la remorque. Elle écrase le gravier des sentes. Différemment. Elle porte des ballerines plates ; beaucoup plus faciles. Une démarche plus légère. Très vaguement dansante. Pas toujours. Ils arpentent une longue allée qui tend à s’enfoncer dans le bois. Au prochain croisement il faudra sans doute prendre sur la gauche. Cela paraît évident. Je me focalise là-dessus. Ils sont bien en route pour le vaste jardin à la française derrière Marienbad. A moins qu’elle ne désire poursuivre tout droit ? Je ne peux me départir de l’incroyable sérénité qui m’a envahi. Elle révèle comme une bascule dans mon esprit. Je commence à ressentir un véritable besoin d’action. Peu à peu incoercible. On ne se suffit jamais du moment actuel ; curieuse sensation de vouloir perpétuellement être ailleurs. Y a-t-il des cas où on je le souhaite pas ? Le carrefour des pistes approche. Comme celui du matin. En remontant. Je m’en souviens avec une grande précision. Que s’y passait-il ? Car j’attendais aussi quelque chose. Une boucle de sandale à remettre. Ce n’est pas tout : une direction aussi. Redescendre sur le bourg, ou poursuivre la montée pour rentrer. Maintenant, c’est pareil. A gauche, ce sont les splendides jardins à la française. Essentiellement, c’est le lien avec le monde que je sais graviter ici. Le lien avec le fonctionnement de la journée. Tout droit, c’est l’inconnu avec la fille. Je ne suis pas fixé sur ce que je désire. Je ne peux ni ne veux l’être »].

Écrit par : Janssen J-J | 28/03/2018

(Sur une lecture du Xe, seulement...) ploetzlich ? adiante ? zimbreck ???? Soy desarçonado...

Oui : à zigouiller sans réfléchir.

"Comme dans Meurault l’étranger", une référence inutile, je pense.
Écrit par : Janssen J-J | 28/03/2018

Meursault l'Etranger c'est une de mes valeurs fétiches : donc à zigouiller probablement, mais en réfléchissant...

Maintenant introduire un "je" à la place, en complément de mon Pierre... Rude affaire ! Et systématiquement, ou de temps en temps pour donner des coups de bourre ? Là cela demande vraiment à être pensé, décidé...

Merci à toi !

Écrit par : Sergio | 28/03/2018

S'occuper de choses sérieuses .....

Écrit par : JC...18h40 | 28/03/2018

Sergio, je ne prétendais pas aller à votre secours ! Ni vous pousser, moi, à changer de narrateur (en bonne linguistique le IL n'est PAS une personne, mais je persiste à bien aimer Pierre comme un mixte, et la littérature n'est pas la grammaire, voyez Butor avec ou sans modestie). Simplement vous conseiller de reprendre, avant d'autres, le X ou le XI et de le réduire, pour voir, en ôtant les références, la moitié des questions et des "fragments", la moitié des descriptions labyrinthiques, en avançant plus vite, et voilà tout. POUR VOIR...
Pas seulement pour vos lecteurs : vous écrivez aussi pour une AUTRE, mon cher Sergio ! Je n'ose pas trop vous dire pour qui !
Je vais le dire comme ça : "Yes, Ma'am, I'll say to Her ! You're the first one Connoisseur !"

Mais vous savez certainement de quel livre cela est traduit.

Écrit par : C.P. | 28/03/2018

C.P; Xlew et JJJ sont bien mystérieux... Je reviens au début de ce chapitre que je trouve excellent :
"Et voilà. Comme si de rien n’était. On ne peut déduire. Pour l’immédiat, il faut marcher. Il ouvre, franchit, referme ; du plus doucement. Il aurait pu dire un dernier mot. Regrette déjà. Il clanche le bouton. Quel mot ? Aucun triomphalisme ; ni s’aplatir. Lui donner, ou non, de l’importance, à cette femme ? Trop tard ! Il est dans le vide. L’extérieur. L’immense palier désert. Heureusement… Une odeur de vieux bois. Très verni ! De popote… C’est beau. Quitter l’endroit… S’esbigner ! Lui revient la pensée que la dame est entrée par une porte dérobée, comme on dit. Retrouver cela."
Là c'est juste dose de mots, juste rythme.
J'étais ferrée comme un poisson mais le fil s'est cassé et j'ai repris ma fuite dans l'eau bondissante.

Écrit par : christiane | 29/03/2018

"En quoi je me suis laissé aller à rompre le charme, quoi..."

Je tente Sergio ;), et grand plaisir de lire d'autres commentaires ici. Donc, les charmes des deux premiers chapitres tiennent ( aussi ) (pour moi) à :
- beaucoup plus écrits, moins de références, de belles inventions narratives ( je me souviens très bien, sans besoin de relire, des va-et-vient de la pensée de Pierre entre Miss Potelée qui venait d'entrer dans son univers et la description architecturale et végétale ( tu es doué en végétal !

Écrit par : chiara | 29/03/2018

suite ...

( tu es doué en végétal !

Écrit par : chiara | 29/03/2018

( pfff ça marche pas ! je tente encore de faire passer la fin du message, sinon je tenterai plus tard...Sorry pour le capharnaüm ! )


- Le tour de force de présenter Miss Potelée sur un ton un peu beaucoup pas intéressé pour arriver à ce que le lecteur...aime Miss Potelée autant que Pierre, ah le bel unisson du narrateur et du lecteur( C.P. avait très bien évoqué cela en notant que nous avions oublié qu'elle était "grosse").

J'ai abandonné ces derniers chapitres très vite parce que j'ai pensé : quoi, encore ? Encore une ? , puis j'ai lu "alacrité" et j'ai cru qu'une intervenante de la RDL avait fait irruption dans l'ours ( bad joke, sorry ). Donc, il me manque quelque chose, une transition peut-être dans cette succession-classement, un indice sur le pourquoi de cette succession-liste ? ... Ou pas ;).

Je lis encore que tu veux "booster" l'ours. Je ne sais pas si c'est le problème de cet ours prometteur ? Il semble qu'"activer" le rythme ne boost en rien la narration, mais qu'elle se perd, se dilue au contraire...C.P. aurait donc raison de penser au squelette ? ;)

La possibilité du "je" ? Hum, non, je trouve que l'ours perd son côté grizzli pour une doudoune en peluche. Mais de quoi je me mêle ?!

Il n'empêche, belle journée à tous.

Écrit par : chiara | 29/03/2018

J'attends la fin, comme les sauveteurs qui recueillent un naufragé attendent les effets de sa réalimentation, ou sa mort ... Bouteille à la mer, ce zombreck..... Mal à l'aise.

Écrit par : JC...10h59 | 29/03/2018

J'ai oublié de remercier pour l'"ergastule", très joli mot que je ne me souvenais pas avoir déjà rencontré,(Flaubert est un peu loin dans mon esprit) mais là, j'ai un peu l'impression d'être restée dedans....

Écrit par : Lucy | 29/03/2018

PS: 'ergastolo' en italien, c'est "prison à vie" !
Est-ce que la musaraigne peut manger les grillons ?
Le texte est joli, amusant mais un peu difficile à suivre.

Écrit par : Lucy | 29/03/2018

Est-ce que la musaraigne peut manger les grillons ?
Écrit par : Lucy | 29/03/2018

Là c'est fort ! Faut que j'essaie de la replacer... Y a pas trop d'humour dans mon ours...

Enfin bon avec les hectares de grillons qui se propagent, ça lui tiendra à l'estomac, quoi...

Écrit par : Sergio | 29/03/2018

Lucy, "ergastule" ..en fait peu importe son sens exact, à mon avis, c'est ce que charrient les sonorités qui importe.
" Rythme",ne renvoie pas, forcément, à "booster" ou "activer". Travailler le rythme c'est aussi créer des ruptures, des arrêts, des glissando, comme en musique. "squelettique" ? oui,s'il ne signifie pas "dégraisser",mais on peut aussi raccourcir, accélérer par différents moyens stylistiques. Pour l'instant, vol stationnaire, pas de "sacrifices" rapides inconsidérés.
JC : évitez ce vocab funèbre, mal venu; un marin de la Volvo Race a disparu ds le Pacifique Sud. Les 6 voiliers encore en course sont au Cap Horn, c'est pire que le dit du Vieux Marin.
L'ours ,lui, va reprendre sa course, après la treve sucrée et le retour des cloches.13h50

Écrit par : olga | 29/03/2018

de quel livre cela est traduit.
Écrit par : C.P. | 28/03/2018

Ha mais non ! Et c'est sûrement la clé d'un rébus aussi hermétique... Je n'ai aucune teinture anglo-saxonne, il faut bien le dire. Tout vers l'Est, russe, spountz... Un sacré gros trou, quoi...

Écrit par : Sergio | 29/03/2018

Sergio, c'était pour vous faire honneur :

"Voilà Madame, je lui dirai, vous êtes la première connaisseuse !..."

Céline, MORT A CREDIT ("Death on the Installment Plan")

Écrit par : C.P. | 29/03/2018

reprendre, avant d'autres, le X ou le XI et de le réduire, pour voir, en ôtant les références, la moitié des questions et des "fragments", la moitié des descriptions labyrinthiques, en avançant plus vite, et voilà tout.
Écrit par : C.P. | 29/03/2018


OK. Et compris. Seulement la maladie risque de s'être étendue. Dans quelques semaines je passe à la seconde relecture/réécriture. Dès que j'arrive dans ces zones, j'en publie ici une partie. Mais plus question d'ennuyer tout le monde avec une publicatiion intégrale (si toutefois on finit celle-ci).

Pour les références également je suis très d'accord. Hormis quelques-unes qui me sont, je dirais, inscrites en dur, il faut charcler, et d'importance. Surtout celles qui n'avaient comme mérite que d'essayer de faire faire le beau au misérable auteur !

Écrit par : Sergio | 29/03/2018

Bon je rentre à la base. Quel malheur...

Écrit par : Sergio | 29/03/2018

Ça, j'ai aimé :
"En sortant cela va inonder en tempête de soleil (...). La pénombre actuelle n’en paraît que plus violemment obscure. (...). Il se sent comme un conquérant trop petit. Il inspecte les lieux. Cela ne peut pas être par les cuisines, sous terre.(...) Il hésite ; s’enfonce dans le zimbreck (?). Le temps roule ;(...) Palper le mur. De ses mains. S’habituer… Ça tourne et retourne (en baïonnette ?). Une lourde ! Une immense lumière suinte par-dessous.(...) Aveuglant grand aveuglement ! Pas un rat… Une colossale haie de buis vient barrer le passage à un mètre ou deux ; il faut se glisser. Libre ! Il n’ose pas lever la tête... "
En fin de compte, c'est bien sans les filles !

Écrit par : christiane | 29/03/2018

Enfin, c'est que vous avez dans cet écrit une façon d'aborder les filles très... masculine, à laquelle j'ai du mal à m'identifier. Par contre tout ce qui est perçu par "il" de son environnement, des matières, des bruits , de la lumière, de la chaleur, d'une certaine solitude, cela j'en fais un délice de lecture.
Les références en littérature et en art sont intéressantes mais surtout pas dans ce texte de fiction. Elles se rapportent à l'auteur, pas au personnage. Il ne faut pas, je crois, les emboiter dans ce récit.
C'est un travail attentif que de vous lire dans cette succession d'épisodes que l'on a du mal à retrouver car ils sont séparés par des textes d'une autre nature. Serait-il possible, Sergio, que vous les raccordiez les uns aux autres sans les images ? juste le déroulé du texte.
Merci pour cette offrande dont vous n'attendez rien. C'est cela qui est beau et tellement rare. Ailleurs, dans un autre temps, vous avez dû goûter à l'écriture en solitaire, sans aucun lecteur avant l'achèvement du manuscrit. Je crois qu'ici, vous menez une expérience complexe que je n'arrive pas vraiment à cerner...

Écrit par : christiane | 29/03/2018

Résumons clairement : l'acte blogueux de Sergueï est voué à l’échec !
Pourquoi ?
Pour une raison simple : demander à des tiers de participer à une création littéraire est une attitude collectiviste débile.....
Voire perverse.
Ce qui est tragiquement amoral ...

On est responsable de la propreté de sa salle de bains !!!

Écrit par : JC...11h28 | 30/03/2018

Tu n'as pas tort, JC. C'est vraiment terrible pour Sergio de se donner en pâture ainsi...

Écrit par : christiane | 30/03/2018

"C'est vraiment terrible pour Sergio de se donner en pâture ainsi"... (Christiane)

Mais pourquoi ? Si Sergio écrit pour être lu, pourquoi ne pas présenter son oeuvre à des pré-lecteurs ? Au final il écrira ce qu'il voudra, mais connaître le ressenti de ses lecteurs peut être intéressant pour lui. Et personne n'a encore assassiné son Ours, sauf JC qui voudrait le plonger dans sa baignoire où il se sent si seul...

Écrit par : Lucy | 30/03/2018

PS j'aime bien les histoires avec des images.

Écrit par : Lucy | 30/03/2018

Bon, j'arrête, n'ayant vu aucun mal pourtant dans l'offre de Sergio, quels qu'en soient les motifs (sans doute plus profonds que son humeur ordinaire allègre, ici ou ailleurs, ne le laissait supposer). Il y a eu, ailleurs encore, des propositions de textes qui n'étaient que des bluettes, - ce qui n'est pas du tout le cas de celle de Sergio. Il est vrai que JC s'en est toujours défié. J'en veux un peu, amicalement, à Christiane, tour à tour bonne critique ET se demandant pourquoi un AUTRE (?) Sergio dépeluchait un ours, avec de la patience envers des commentaires utiles ou non, puisque tel était le jeu.

Sergio, vous avez eu et vous avez toute ma sympathie attentive.

Écrit par : C.P. | 30/03/2018

C'est ce que Sergio doit garder en mémoire quand son ours lui résiste ;) : nous sommes nombreux à être intervenu parce que son grizzli encore sauvage le mérite. Jamais je n'aurais dit un seul mot dans le cas "d'une bluette".
C.P., vous excuserez ma familiarité je l'espère, mais votre présence comme celle de xlew, c'est vraiment bien pour Sergio et son ours !

Écrit par : chiara | 30/03/2018

C.P., vous excuserez ma familiarité je l'espère, mais votre présence comme celle de xlew, c'est vraiment bien
Écrit par : chiara | 30/03/2018

Yes !

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

mais moi je crois que sergio est bcp plus fort que tout ça et suis d'accord avec Chiara. Il est très reconnaissant que l'on se prête à son jeu, nous dit qu'il prend en compte nos remarques, mais ne va quand même pas nous montrer les deuxièmes moutures... Donc, ce qu'il en fait in fine, lui appartient... Et un jour, il en sortira quelque chose que nous relirons en totalité. Nous aurons oublié les éventuelles influences que nous aurons pu avoir sur lui, qui ne sont, l'espère-t-on pour lui, jamais celles que l'on croit.
Ce n'est pas de sa part un acte voué à l'échec. Nos influence est minimale. Son texte, il était prêt à 98% bien avant qu'il le "donne en pâture" et s'essaie à une expérience originale. Il ne peut ressortir que du bon de tout cela. Il provoque déjà de la bienveillance collective de la part de chacun qui se sont prêtés à son jeu. Parfois je crains pour lui, mais non : il a provoqué un tour de force en soi, rare sur les blogs, non ?
Bonne journée à toussent.

Écrit par : Janssen J-J | 30/03/2018

Il y a eu, ailleurs encore, des propositions de textes qui n'étaient que des bluettes, - ce qui n'est pas du tout le cas de
Écrit par : C.P. | 30/03/2018

C'est précisément la question que je posais à nouveau hier. Thank's de cette mise au point bien sympathique...

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

en fait, je voulais exprimer ma parenté de vue avec lucy dans le précédent commentaire. Mais ce que dit Chiara, je l'apprécie aussi, notez bien.

Écrit par : Janssen J-J | 30/03/2018

On est responsable de la propreté de sa salle de bains !!!
Écrit par : JC...11h28 | 30/03/2018

Oui mais on peut demander aux amis de prendre les photos...

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

le zimbreck (?) : l'objet, le machin, le truc, le chose... Peut-être pas assez usité, je l'enlèverai éventuellement. Ce qu'il y a, c'est que cela sonnait pas mal ;

en baïonnette ?) : virages assez rapprochés et à angle droit dans les buis (ou des couloirs dans un intérieur), dont l'accumulation fait paraître le coin assez labyrinthique.

Écrit par : christiane | 29/03/2018

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

Zombreck ! pas zimbreck ....

J'ai des amis convenables : pas du genre à prendre des photos dans la salle de bains des amis ! Où on va, là ? Où on va ....

Écrit par : JC...15h26 | 30/03/2018

nous montrer les deuxièmes moutures...
Écrit par : Janssen J-J | 30/03/2018

C'est physiquement impossible, sinon je le ferais bien. Et puis, je ne peux pas vous mobiliser hache vingt-quatre sur ce maudit ours : vous vous y intéressez déjà beaucoup plus que ce que j'espérais au départ. Et tout cela m'aide beaucoup plus que prévu. Reste maintenant à en sortir quelque chose qui passe, c'est tout ce que je demande. Je visais le printemps de l'an prochain, pour l'instant autant maintenir. Sinon, je différerai encore, plutôt que d'aller au casse-pipe.

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

Sergio, vous avez eu et vous avez toute ma sympathie attentive.
Écrit par : C.P. | 30/03/2018

Oui mais le problème c'est que je ne peux la mériter pleinement parce que je n'ai pas de culture non pas littéraire à proprement parler, mais dans les domaines de l'étude des textes, justement, ce qui fait que j'ai un mal fou à entrevoir ce qu'est le style, de quoi il se compose, par rapport par exemple à ce que l'on appelle l'écriture etc...

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

vous les raccordiez les uns aux autres sans les images ?
Écrit par : christiane | 29/03/2018

Je peux faire sauter ces images. Elles ne feront pas partie du manuscrit (c'est vrai que ce serait une idée), et demeurent souvent très fausses ou inopportunes.

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

Bon, je crois que je me suis fait mal comprendr/
Supprimer les images c'est seulement si on pouvait avoir dans un coin du blog tous les chapitres réunis, pour une lecture non fragmentée du manuscrit . cela ne concerne en rien la mise en page des chapitres telle qu'elle est et telle qu'elle continuera à l'être.
CP,
quand j'évoque le fait que Sergio se donne en pâture (commentaires/critiques) c'est que je crois avoir compris que le manuscrit est déjà totalement écrit et que les commentaires commencent à être un remodelage de l'écriture, des chapitres. Au début nous ne donnions que des réactions de lecteurs. Depuis quelque temps ça change (réduire -employer le JE plutôt que li IL - supprimer les citations, des développements - etc. Je crois qu'il peut se produire une sorte de découragement pour l'auteur... car ensemble on déchiquète son travail d'écriture.
Je me mets d'ailleurs dans le flot !

Écrit par : christiane | 30/03/2018

pour une lecture non fragmentée du manuscrit
Écrit par : christiane | 30/03/2018

Je peux essayer de faire des billets avec de plus en plus de chapitres, je connais pas la limite...

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

Chic alors, Sergio ! comme cela serait bien si on pouvait lire ce qui est déjà en ligne en un seul déroulé...

Écrit par : christiane | 30/03/2018

Question à tous : après-demain je mets de la suite de l'ours, ou un autre billet ?

Bon je rentre à la base...

Écrit par : Sergio | 30/03/2018

moi, je vote pour la suite !!!

Écrit par : christiane | 30/03/2018

La suite

Écrit par : Lucy | 30/03/2018

La suite

Écrit par : Lucy | 30/03/2018

Il vaut mieux attendre lundi, car les cloches sonneront en même temps que le XII.
Et y'a besoin de souffler un peu après pareil chemin de croix jusqu'à dimanche, hein !

Écrit par : Janssen J-J | 30/03/2018

Aère toi la tête, putain Sergio.
Cela te feras des vacances, et pour nous aussi.

Un sujet sur les lignes blanches discontinues...
Ben ça glisse en temps de pluie.
Bonne continuation.

Écrit par : P comme Paris | 31/03/2018

Ok on attend lundi...

Écrit par : Sergio | 31/03/2018

Essaie de parler aux gens pauvres, Sergio, aux gens seuls ...
Tu écris pour un salon littéraire virtuel, un cénacle d'admirateurs ! Ton récit sent la dentelle syphilitique proustienne.
Ce temps là est mort.
Mais peut encore t'empoisonner !

Écrit par : JC...15h38 | 31/03/2018

Essaie de parler aux gens pauvres, Sergio, aux gens seuls ...
Écrit par : JC...15h38 | 31/03/2018


Après tout, la dentelle proustienne n'est-elle pas une consolation pour eux ? Par exemple je n'arrête pas d'aller sur le Net voir des photos d'andouillettes parce que je ne peux, pour l'instant du moins, manger que des bouillies... Leur parler de leur triste condition serait-elle vraiment leur mettre du baume ?

Forte pensée quand même, comme disait Boug...

Écrit par : Sergio | 31/03/2018

je ne suis pas d'accord, JC. Ce Pierre (qui pour l'instant n'a pas de passé) semble être tombé par hasard dans cette garden-party. Il pourrait être tombé ailleurs et comme tu le suggères dans un autre lieu de solitude mais celui-ci en est un. Le langage qui trotte dans sa tête est en contradiction avec ses références littéraires et cinématographiques. Comme s'il avait été imprimé dans sa mémoire lors d'un autre voyage. En lui cohabitent le dandy voyageur et le petit freluquet qui cherche à passer du bon temps -pas trop long- avec des femmes qu'il évalue comme du gibier ou un exercice d'ordre physique. Un dandy qui porterait casquette d'apache.
Par contre, il est pur et fin quand il les oublie et apprivoise le monde végétal qui l'entoure, les insectes, les lumières, les pierres.
Il se pourrait, dans la suite promise que, tel un caméléon, il change de comportement, de langage, de façon d'effleurer la présence d'une femme - peut-être extérieure à ce vivier.
Ce n'est que le début d'une d'écriture et comme l'a finement repéré xlew, il se pourrait bien qu'il n'y ait pas d'histoire, juste un questionnement s'enroulant comme un fil sur une bobine.
Mais la question que tu lui poses est tout à ton honneur. Tu as du cœur quand tu ne provoques pas la réprobation.
Lire la suite c'est, hors les attentions délicates de CP et de JJJ, entrer dans l'inconnu d'une danse de mots.
D'abord le rythme comme l'écrit Olga la Viking. Un rythme battu dans la langue des faubourgs (je préfère à banlieue), qui soudain fait intrusion dans la Cité de la musique. La répétition des mêmes intervalles rend perceptible une structure de la composition. Je crois qu'il s'agit de séries, de variations sentimentales. Il s'affranchit de notre attente, des éléments traditionnels de l'écriture romanesque (personnages, intrigue, le vraisemblable...) pour entrer dans une composition dont la prose est à la fois continue et hachée, autour d'un personnage qui éprouve des difficultés à percevoir le monde extérieur.
Ce qui est troublant c'est la gentillesse et la patience des interventions de Sergio dans le fil des commentaires...

Écrit par : christiane | 31/03/2018

Christiane, oui, cette confiance (?) est troublante. J'hésitais à le dire, mais je vais le faire quand même : je crois que parfois quelqu'un a envie et besoin, pour des raisons personnelles (je suis troublé quand Sergio parle discrètement d'une maladie sienne) d'offrir un texte dont le sens est au fond crypté. Comme celui de Sergio est de quelque ampleur (toujours à la différence de bluettes), avec tout de même l'envie aussi d'une publication, ce qui n'a rien de honteux, il en fait l'essai dans un blog largement convivial, où l'acceptation de commentaires est plutôt une demande d'écoute, le texte entier serait-il déjà écrit.

J'espère que Sergio ne m'en voudra pas pour ce sentiment. Et, pour revenir le faire sourire : le bain savonneux qui trouble la rivière, comme à Christiane ne me plaisait guère, par exemple, mais c'est personnel. De même, la répétition peu heureuse de "énorme / énormes", qui a fait augmenter à la hausse mon imagination des mensurations de la Miss Potelée que j'aime bien. C'est sans importance.

Cette même imagination ne devine pas du tout où ira ce "Pèlerinage à Cythère" modernisé, affecté d'un plus ou moins inquiétant château et d'abondants jardins-avec-statues. Et d'un bourg coquet en contrebas.
On ne sait pas. Peut-être qu'IL va en assassiner une, deux, trois, comme on assassine Heide dans les souterrains du Château d'Argol". Ou que :

Tout l'monde s'embarquera
Et Pierre il restera...

Bonne fin de semaine à tous !

Écrit par : C.P. | 31/03/2018

Ah, c'est chouette, CP, votre commentaire. Sergio va se régaler en le lisant ! Les trucider, une à une... Mais ce n'est ni Barbe-Bleue ni Landru... Crypté, oui, certainement.
Pour l'évocation discrète que vous pointez. Aie, ça fait mal quand elle se glisse comme un frisson sur la laque de l'eau. Je pensais à votre paysage, traversant le pont Royal, aujourd'hui. Ces gris sur la Seine. Et j'ai pensé laque. Parfois l'eau d'une écriture ressemble à cela. Enfermant ses soubresauts, ses boues, ses épaves englouties. Juste, elle se fait miroir pour le ciel gris du matin. Pas une péniche. Pas un bateau. Peu de passants. Mais dans la tête de chacun, des mots tus.

Écrit par : christiane | 31/03/2018

Quelle différence, Christiane, entre ce com. du 31 et les comm. que vous aviez postés au début. Vous aviez refusé complètement le texte; vs cherchiez une histoire.. Maintenant, vous êtes entrée dans le texte. Pour moi, ce chap.XI est une vraie réussite ; je me limite à parler de celui-ci. Sergio montre son habileté à jouer de toutes les subtilités de la langue; la structure du texte est celle d'une composition musicale.Le monde végétal apprivoisé, comme vous dîtes justement,qui n'est pas décrit mais suggéré avec une extrême précision,avec sensualité, qui répond au crissement des grillons, et,aux références littéraires ( trop nombreuses ?)La façon dont le narrateur découvre les filles, ce n'est pas comme l'apparition de Madame Arnoux, dans l'ES, ça ressemble plus à la rencontre entre Charles et Emma, lorsqu'elle lui offre un petit verre , que les poules caquettent dans la cour, et que Charles observe le mouvement des lèvres d'Emma.Pierre, par le truchement de l'écrivain, semble décontenancé , il analyse, interrogations, indécisions.Pierre n'a pas de passé, il a une épaisseur.
Dentelle syphilitique pour un cénacle mondain, dit JC.qui cède au bon mot facile ??? Peut-être faudrait-il que Sergio écrive le remue ménage d'un samedi soir dans un supermarché avec drapeaux des syndicats ?! Le texte de Sergio en dit plus que ça.
Vous avez raison, Christiane, de louer la grande patience de Sergio, à lire les comm.
Le mien semblera indigeste sûrement à certains, beaucoup. Peu importe, j'ai un grand problème aux yeux, alors je ne les verrai pas, je ne vois que le brillant de mon écran.
olga 20h30

Écrit par : olga | 31/03/2018

C'est vrai, Olga, qu'il faut du temps pour renoncer à une "histoire" et pour sonder un texte généreux et dérangeant.
Peut-être que ces trois femmes n'existent encore qu'à travers les sensations de Pierre. J'aime d'ailleurs quand il n'est qu'un pronom. Le prénom est trompeur. Il donne une identité à un personnage qui n'est qu'un ondoiement, une succession de sensations, de nuances, d'impressions de décalage, de solitude. Il se construit en pensant. Il y a peu d'action dans ces épisodes. Elle est transformée en son équivalent psychique. Et pourtant, il y a une succession de mini-récits. une règle cachée en assurerait la constante d'un épisode à l'autre, organisant la fragmentation apparente du récit.
Ces trois femmes, j'ai du mal à les préciser. Apparitions fugitives dans un paysage de très lumineux. Cette lumière d'été qui enveloppe ce monde. Mais leur chair est abondante.
Pierre donne l'impression d'être dans un rêve dont il ne peut sortir. Les décors sont réels mais dans une perpétuelle métamorphose. Ce pourrait être des réminiscences d'une vie antérieure au rêve comme dans les poèmes de Nerval. Comme Aurélien qui rêve sa Bérénice et fuit la réelle. Des femmes qu'il aurait rencontrées au fil de sa vie.
Oui, étrange captation pour le lecteur qui n'empêche pas les refus (devant par exemple, la trivialité délibérée de certaines de ses réflexions sur les femmes ou encore une sorte de franchise sexuelle comme ce détachement par rapport à ses érections involontaires.
Je crains l'issue de cet écrit - différemment de C.P.- Le doute finit par régner en maître.
Vos yeux, encore ? Que veut dire votre corps à travers ces pathologies douloureuses et handicapantes. Comme un mal-être...

Écrit par : christiane | 31/03/2018

Bon ! Soyons patient....
Attendons la fin de l'histoire pour en goûter la saveur : la confection de la tambouille en cuisine ne me passionne pas.

Écrit par : JC...6h55 | 01/04/2018

quoiqu'il en soit, c incroyab' ce qu'arrive à provoquer cette entreprise littéraire en matière d'éloquence collective. J'abuse souvent du mot de bienveillance, mais qui prétendra le contraire, à défaut de d'indiquer un sentiment perceptif plus approprié ?
Oui, la patience est la meilleure des thérapies : je suis sûr qu'elle recèle chez chacun le meilleur de son potentiel de libération d'énergie positive.
Bon dimanche pascal à toussent.

Écrit par : Janssen J-J | 01/04/2018

Le monde se divise en 2 catégories d'internautes : ceux qui savent faire leur autocritique publique, et ceux qui ne le savent pas ou, du moins, ne voudraient jamais reconnaître avoir eu tort.
Pourtant, reconnaître publiquement ses torts pour un athée sans que personne ne l'y incite, n'est-ce pas la plus belle preuve d'humanité qu'on puisse offrir à ses frères internautes républicains ?

Écrit par : Janssen J-J | 01/04/2018

Olga, je compatis pour vos yeux d'autant plus que j'ai aussi des problèmes, je ne lis quasiment plus sur papier car cela me fatigue beaucoup trop, l'ordi c'est plus facile car je peux afficher des giga-caractères !

Bon dimanche de Pâques à tous, chez moi il y a enfin du soleil, dommage que mes petits-enfants soient trop grands pour chercher les oeufs.

JJJ pourquoi les athées ne pourraient-ils pas reconnaître leurs torts ? Athée ne veut pas dire ni impoli, ni immoral, ni malhonnête !

Écrit par : Lucy | 01/04/2018

JJJ,
heureuse de vous lire, ici...
Relisant le chapitre XI qui a tant plu à Olga, je découvre (cela ne m'avait pas frappé à première lecture), que Pierre semble redouter de passer certaines frontières. Se cacherait-il ? Se sentirait-il protégé dans l'enceinte de cette demeure ? Est-il poursuivi ? Extraordinaire passage dans le chapitre précédent quand il tâtonne dans le noir et palpe les pierres humides de la cave. Il semble être enfermé et sûr de retrouver la lumière éblouissante. Trouver une issue...
(Au passage une image familière de Pâques...).
Kafka (qui rôde parfois dans ce manuscrit) notait : " Écrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. Et pour cela (...), trouver son désert à soi."

Quand nos corps vacillent... pensée à Lucy et Olga.

Écrit par : christiane | 01/04/2018

semble redouter de passer certaines frontières. Se cacherait-il ? Se sentirait-il protégé dans l'enceinte de cette demeure ? Est-il poursuivi ?
Écrit par : christiane | 01/04/2018

C'est un peu un de mes leitmotivs : une sorte de peur originelle. De la mort, bien sûr, mais inutile de le préciser tant cette angoisse est en nous...

Beaucoup tentent de conjurer la peur avec le mot "stress", pour la vie de tous les jours. C'est pire...

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

@ reconnaître publiquement ses torts pour un athée

Je pensais au mécréant JC prompt à se moquer de tout, mais qui sait parfois faire preuve de bonne volonté quand il se veut bien se montrer charitable et dragueur vis à vis Ch., laquelle a quelque chose de chrétien repentant dans ses propos et son prénom.
Cette remarque (?) ne doit désobliger personne au demeurant sur le blog d'amayerling où une forme de sérénité demande à continuer de régner.

Écrit par : Janssen J-J | 01/04/2018

tambouille en cuisine
Écrit par : JC...6h55 | 01/04/2018

Aucun risque ! Je n'y entends pas un traître mot... (C'est le rayon du Boug)...

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

le remue ménage d'un samedi soir dans un supermarché avec drapeaux des syndicats ?!
Écrit par : olga | 31/03/2018

Il y a eu le célèbre "Bellegueule", mais je ne sais pas si cela a si bien pris que cela... On en a parlé trois jours, et ensuite je ne sais plus. Il n'y avait pas que la question de l'homosexualité, si je ne m'abuse.

Quand on regarde bien, même le passage des Bérésinas, même l'Assommoir soi-même ne sont pas des records. Il faudrait plutôt, aller voir du côté de la mendiante du Gange. Et encore, pour être cynique, "là-bas au moins elle a chaud" !

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

"C'est un peu un de mes leitmotivs : une sorte de peur originelle. De la mort, bien sûr, mais inutile de le préciser tant cette angoisse est en nous..."
Sergio,
cela m'a frappée car c'est la première fois que "Pierre" éprouve ce pressentiment, cette intuition brutale d'un danger. Pensée prémonitoire ? Permet-elle de le situer entre passé et avenir, à partir de données déjà vécues ou à venir ?
Apparaissant, cette peur obscurcit la situation, y projette une ombre. Elle est communicative pour le lecteur et pourtant Pierre est un personnage de fiction. Une émotion purement littéraire.
Vous évoquez une peur originelle. Angoisse de la mort ? du néant cosmique ? du futur ? de la folie ? D'une dévoration ? Est-elle innée ? A-t-elle un lien avec ce qui est en lui ? Un retour du refoulé ? Présage-t-elle dans le récit un affrontement avec l'objet de cette peur ? Y a-t-il une intersection entre cette peur et la limite du chemin ou avec les femmes et leur inquiétante étrangeté pour lui ?
Je pense au "Moby Dick" d'Herman Melville, à cette baleine blanche qu'Achab poursuit et affronte pour comprendre son identité véritable (Peut-être le spectre de son animalité...).
Cet indice est passionnant.

Écrit par : christiane | 01/04/2018

JJJ,
le repentir chrétien ? pas vraiment une expérience vécue.
Ce que vous prenez pour tel n'est, pour moi, qu'un passage à autre chose. Le temps et ses palimpsestes. Les colères qui s'épuisent avec le temps qui remet toute bataille à sa place, celle de l'oubli... de l'indifférence, de l'insignifiant

Écrit par : christiane | 01/04/2018

Une petite remarque sur ce qui chatouillait mon oreille à la lecture Sergio ( et qui ne veut rien dire d'autre que chatouillait mon oreille, pas de jugement ) :
dans ces deux chapitres tu emploies 72 adverbes en -ment...

Écrit par : chiara | 01/04/2018

avec tout de même l'envie aussi d'une publication, ce qui n'a rien de honteux, il en fait l'essai dans un blog largement convivial, où l'acceptation de commentaires est plutôt une demande d'écoute, le texte entier serait-il déjà écrit.

C'est exactement cela. Mais, même tout déjà écrit une fois, il va falloir straffer dur au fur et à mesure que l'on avance. Retrouver l'ambiance du début. Avec des turbulences, certes, mais quelque chose qui s'égalise. L'ours semble ne plus bouger des ses actuelles trois cent dix pages, au fil des corrections. En descendant à deux cent cinquante, voire deux cents (pages type éditeur, petites), il devrait me rester dans les cent cinquante pages réelles. Et là on aura du dur...



Écrit par : C.P. | 31/03/2018

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

72 adverbes en -ment...
Écrit par : chiara | 01/04/2018

OK, précieux, merci. Donc, partout. Comme de toutes façons il faudra casser de l'adverbe...

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

Ch.

je sais..., je vous titillais quelque peu et, comme vous le savez, jamais méchamment. Les hypothèses que vous émettez au sujet du texte de Sergio au fur et à mesure, je les trouve souvent vertigineuses d'empathie même si souvent extravagantes ; c'est parce que vous allez souvent fouailler trop profond dans des intentions dont il n'a pas conscience lui-même.
Du coup, il risque de ne pas résister à vos suggestions, et son texte pourrait devenir le vôtre à son insu.

Sinon, à la place de l'indice baleine blanche, j'aurais plutôt cité la totalité du personnage de "Pierre ou les ambiguïtés", un Melville qui jadis m'avait donné beaucoup du mal.

Écrit par : Janssen J-J | 01/04/2018

Poussons plus loin l'anecdote de la mendiante du Gange ...

... "là-bas au moins elle a chaud" (L H O O Q ?).

Rien à voir avec miss Potelée, apparemment...

Écrit par : Janssen J-J | 01/04/2018

Sacré JJJ, toujours sautillant et rieur.
Je ne suis pas la seule lectrice explorant cet écrit. Vous oubliez Chiara, Lucy, Olga et au niveau des lecteurs : JC, C.P, P Comme Paris, Xlew, vous-même et quelques passants faisant halte. Oui, chacun traduit ses sensations, écrit ses questionnements, ses réserves. J'ajouterais même Sergio dans l'espace-commentaires, qui devient lecteur de son roman ! je ne connais pas le roman de Melville que vous citez mais je garde un souvenir du puissant "Moby Dick".
Quelle aventure que ce texte ! Cette absence d'évènements, et ces mille nuances dont aucune ne semble être une solution au bonheur. Rêveries d'un promeneur... solitaire...
Je crois Sergio débarrassé du souci d'être publié un jour. Il reprend ici, un manuscrit ancien et l'effeuille pour nous. Et ce manuscrit existant, nul ne pourra le modifier. C'est une conversation autour d'une aire de jeux d'écriture.

Écrit par : christiane | 01/04/2018

du souci d'être publié un jour
Écrit par : christiane | 01/04/2018

A moitié rassuré seulement ! Que dis-je : au cent milliardième ! Quand ça nous tient...

Bon je rentre à la base...

Écrit par : Sergio | 01/04/2018

Je voulais dire, Sergio, que votre problème essentiel semble être de trouver la "forme", le sens de la destination de votre écrit. Que c'est ce travail qui vous tient et vous retient. Dialoguer avec vos lecteurs, ici, c'est comme ouvrir une porte. L'écriture seule peut faire contrepoids à ce que vous vivez. Ce Pierre est une sorte de vêtement que vous portez, un centre de vous-même, un sanctuaire loin des hôpitaux et des bouillies. Comme si vous ne saviez pas ce que vous avez à écrire et que vous écriviez cela dans un jeu d'une extrême gravité.
Les éditeurs, ce n'est pas nous.
S'il y en a un qui passe, faudra soupeser le risque.
Bonne soirée.

Écrit par : christiane | 01/04/2018

"Athée ne veut pas dire ni impoli, ni immoral, ni malhonnête !" (Lucy)
Athée toi, Lucy ! Athée toi, je t'en prie !...
Ne les protège pas...
Ils iront tous brûler leur mécréante graisse en Enfer....

Écrit par : JC...5h49 | 02/04/2018

"Rentrer à la base", signifie-t-il avoir honte d'avoir proféré quelque chose d'audacieux et se hâter d'aller se mettre à l'abri en prévention d'une pluie de quolibets à venir ?
Si c'est le cas, cette expression me réjouit souvent. Mais je voudrais bien en être sûr. Quoiqu'il en soit, nous sommes prêts à découvrir le XII, le ramassage des oeufs ayant eu lieu lors d'une récolte matutinale abondante au jardin, cette année.

Écrit par : Janssen J-J | 02/04/2018

Je viens de me rendre compte que le sous titre du blog avait sans doute été emprunté à un texte du chanteur Serge Guinsbourg, oeuvre dont je ne suis hélas pas familier, faut bien le reconnaître. Ça halors ! Dites-moi que l'un.e d'entre vous n'était pas au courant non plus, ne me laissez pas seul avec mon inculture.
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Écoute, c'est toi qui conduis ou moi?
C'est moi, bon alors tais-toi
Y'a du whisky dans la boîte à gants
Et des Américaines, t'as qu'à taper dedans
Écoute, écoute un peu ça poupée
T'entends ? Mon air préféré
Mets-moi la radio un peu plus fort
Et n'aie pas peur, j'vais pas aller dans le décor
Soudain, juste avant Monte-Carlo
C'est ça, c'est ça le manque de pot
V'là que la Jaguar fait une embardée
Et droit devant la v'là qui pique dans le fossé
Et pendant que tous deux agonisaient
La radio, la radio a continué d'y gueuler
Demain, on les ramassera à la petite cuillère

Écrit par : Janssen J-J | 02/04/2018

"Rentrer à la base", signifie-t-il avoir honte d'avoir proféré quelque chose d'audacieux et se hâter d'aller se mettre à l'abri en prévention d'une pluie de quolibets à venir ?
Écrit par : Janssen J-J | 02/04/2018

Bé non. Dans ces cas-là je le dis explicitement. Rentrer à la base, c'est décrocher, autrement dit quitter le clavier, normalement jusqu'au lendemain aprés-midi. C'est juste lorsque, ayant posté quelque chose qui pourrait susciter une réponse, on ne s'attende plus à me voir réintervenir les quarts d'heure suivants...

Écrit par : Sergio | 02/04/2018

"Rentrer à la base", signifie-t-il avoir honte d'avoir proféré quelque chose d'audacieux et se hâter d'aller se mettre à l'abri en prévention d'une pluie de quolibets à venir ?
Écrit par : Janssen J-J | 02/04/2018

En tous cas, c'était très bien vu, parce que cela aurait aisément pu être cela. Mais ce n'est que du concret, de la vie pratique...

Écrit par : Sergio | 02/04/2018

le sous titre du blog avait sans doute été emprunté à un texte du chanteur Serge Guinsbourg

Écrit par : Janssen J-J | 02/04/2018


J'ai également découvert cela voici quelques jours sur la RDL. Fort flatté ! Mais il y a un chaînon manquant : une bande dessinée des années quatre-vingt, Canardo, de Benoît Sokal. L'excellentissime Canardo, dans le rôle d'une sorte de correspondant de guerre, au volant de son incroyable Cadillac blanche, pose la question au jeune collègue qui est son passager : "Il reste..."

C'était en plein flicage routier, encore plus sensationnel que sous Gainsbarre !

Écrit par : Sergio | 02/04/2018

Ce Pierre est une sorte de vêtement que vous portez
Écrit par : christiane | 01/04/2018

L'ours a déjà plusieurs années. Mais je parviens quand même à avoir quelques idées nouvelles, qui suppléeront peut-être aux terribles coupes qu'il faut s'attendre à devoir faire, selon tous et moi aussi. De toutes manières j'ai trois cent pages que l'on peut ramener à deux cents, donc une sur deux de chute possible, étant entendu que cent-cinquante deux cents pages, pour un premier roman, est le format de choix pour se voir réserver un accueil un peu indulgent par les éditeurs.

Écrit par : Sergio | 02/04/2018

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