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18/03/2018

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IX Prélude

 

Le regard de la femme vient lui creuser les yeux. Pas grand-chose, dans cette coquetterie. Elle ne cille pas. Il se demande… Echafaude immédiatement, prendre rang, l’après-midi, la soirée, peut-être en milieu… Pas question de laisser passer ! Elle a les prunelles qui luisent ; ce n’est pas le désir à proprement parler. Ne pas trop en demander rester à sa place. Peut-être ensuite...

- Je vous attends dans l’entrée.

Elle ne bouge pas. Lui tend son verre ; aussi vide que lui son esprit. Quelle entrée ? Il cherche. Celle de l’immense bâtisse il voit que ça. Il ne la connaît pas, cette baraque… Sauf les cuisines dans les caves avec miss Potelée. Où est-elle, à propos ? Pas facile de se retourner ; mal placé. Sa pulsion l’emporte ; il pivote. Ah voilà ; immédiatement ! là-bas, c’est elle. La tache blanche de son visage. Ah merde. Pourvu qu’elle ne les ait pas repérés... Cuit d’avance ! Futée comme elle est. Toujours avec cette espèce de couple introuvable, et la petite musaraigne. De loin, vraiment rase-bitume ! Aucun groupe entre le leur et lui avec la brune. Calmement, il se retourne face vers elle… Disparue ! Ah elle est forte… Nul bruit de talons ! Il se demande s’il n’a pas rêvé. C’est vrai, finalement, ce rendez-vous ? Ou elle a découvert aussi l’arrivée de Catherine et consorts? Un dernier coup de jaja ; lui laisser le temps. Personne devant l’entrée. Il évalue. Un détour, une porte latérale ? Connaît rien du tout, ici. Il va se décider. Les autres se sont bien rapprochés. Pourvu qu’ils ne le hèlent pas… Faire semblant. De quoi mais faire semblant. Donner le change. S’encombrer de victuailles ? Facile… Non qu’est-ce qu’il en ferait ? Au pire un cigarillo ; il le jettera au dernier moment.

C’est parti ! Il ne s’en est pratiquement pas rendu compte. De nouveau en apnée dans l’infini. Est-il debout ? Il se trouve immense. Pour fumer il commande chaque fraction du geste ; jusqu’à l’articulation du cubitus ! Cela ne s’éteint pas ; c’est déjà ça. Le casse-pipe, cette histoire. Se réfugier auprès des autres, les miss, le couple... Tellement impossible ! L’abattoir… Curieux, cela : on fait ce qu’on veut et on ne le fait pas… Un détour par deux tables, formant une sorte d’île, sur le côté. Après, ne resteront plus que quelques mètres à franchir pour l’entrée. Les belles tables couleur algue de ce matin. Non les mêmes exactement, ils étaient plus loin ; identiquement solitaires. Il ne ressent pas d’émotion. Trop tôt. Tout à l’heure, c’était prometteur. Qu’est-ce qu’elle veut, la majesté brune ? L’engueuler ? Ce serait plus simple. On verra bien après. Il disparaîtra, quittera Marienbad. Très assurée quenouille ! Comment font les autres, bordel ? S’il y avait du monde autour de ces deux malheureuses tables, cela cacherait ! Ca aiderait… A la place, un silence obscur et bourdonnant. Des voix étouffées parvenant des vingt mètres, trente mètres. Ambiance parfaitement sympathique, fors pour lui. Le soleil plombe secquo l’ami. Grand ouvert ! Il a mis le temps. Ce sera pour ce soir ; un sacré temps il a mis. Et c’est maintenant… Comme ils s’amusent, loin derrière ! Les gens normaux en quelque sorte. La solitude le dénonce ! Faut aller s’engouffrer, à présent. Sans tarder ! Cela prend combien de F., s’engouffrer ? Bien le moment d’y penser… Il vérifiera c’est sûr c’est tellement urgent. Pour le moment impossible de reculer. Ca commence plutôt mal… Il parvient aux marches, celles de ce matin avec miss Potelée. Ensuite c’étaient les cuisines ! L’énorme huis extérieur est fermé bel et bien, avec son monumental bouton de cuivre. Ca tourne pas ! On le voit… Il cherche à comprendre il n’y a rien à comprendre. Les filles comment passent-elles ? Bouillant de soleil, le cuivre… Avec obstination ! Le battant, les deux battants desséchés bombardés irradiés… Maison hostile, fermée comme une casemate de la ligne Maginot. Envie d’abandonner, de courir loin… Il aurait le temps ?

Il se met à tourner, ce gros cuivre ! On le manœuvre de l’intérieur ça s’entrebâille. Elle avec ses yeux marrons. Ombre fraîche du vestibule ; indiscernable à perte de vue ! Il faut beaucoup de temps. Derrière, la porte de la citadelle se referme. Emprisonné ! Idée fantomatique de songer à l’embrasser… Rien à voir ! Elle se détourne dans l’univers glaciaire, à l’assaut d’un escalier digne de Chambord. Antinéa glissante, choc répercutant des talons ailés, autoritaires. A la poursuite, pas une seule fois elle ne le touche. L’alcool a comme disparu de lui. Il ne gèle plus on commence à distinguer. Envie de parler, « jusqu’où on va ? » Ce serait tellement dérisoire ! Un abandon total, c’est cela qu’elle entend. Qu’a-t-il fait pour être l’élu ? Palier, escarpement vers le second étage. Le vaisseau craque sèchement ; une vie dans chaque recoin. Belphégor au milieu, la dame poursuit ; sabots assourdissants ! Pire que le cuirassier Destouches... Où va-t-on bon Dieu où va-t-on ? Quand il faudra s’exécuter… Du Mitsouko plein les marches ! L’une l’autre… On se convoie jusques en haut. Non ça continue ! Elle a du souffle… Un œil-de-bœuf par-ci par-là qui balance un filet de lumière ; impossible de savoir où on est. Qu’est-ce qu’on fout là qu’est-ce qu’on fout là… Catherine potelée avec sa rivière, maintenant pire ! Marienbad on y est… Il essaie de le reconstituer, de l’extérieur ; n’y parvient pas. De plus en plus étroit. Ca grimpe en bois cassant ; aucun répit ! Des combles. Une porte entrebâillée. Ombre évincée ! Les derniers mètres, elle avait pris une respectable avance. Martèlement plein… Ca dure sans arrêt ! Rattraper, franchir la distance… Couloir vertigineux, un rai au fond qui grince. Lui aussi du potin défonçant le plancher… Il court presque, bourdonnant. A l’arrivée elle est derrière, fourguée dans l’obscurité lumineuse des volets fermés. Stries aveuglantes ! Petite pièce petite mansarde il s’approche.

- Vous ne fermez pas la porte ?

Il se retourne. Elle est debout. Elle a quitté son pantalon noir. Jambes nues ! Composantes claires dans la semi-obscurité. Un tournemain pour se débarrasser ! Les socques ont valdingué du temps qu’il cherchait. Le string noir… en bas sur l’esplanade… Il transparaissait ! Le pull serré… Traquenard ? Elle n’a pas de physionomie, aux trois quarts masquée par la sévère pénombre. Commencer ! Elle va l’étudier chirurgicalement c’est inévitable. Directos l’élastique on verra bien. Noir de Calais très fine dentelle ! Assorti. ferme personnalité ! Compacte ; à l’inverse de l’odalisque, diaphane, prolixe. Ce Mitsouko ! Très attachant comme elle… Totale cohérence ! Un pouce à chacune de ses hanches… Agrippe le mince ruban. Douceur extrême ! Angélique… A droite à gauche. Le cordon plat se décolle bascule. Peau bouillante ! Comme en bas le cuivre en plein soleil. Le tissu glisse durant quelques centimètres. Bras ballants elle écoute de tout son moi ce mouvement qui la déshabille tout à fait. Emue, elle ne dit rien. Tout est si facile ! Il marque un temps ; se ramasse confortablement devant elle. Elle risquerait volontiers une aide ; ne rien briser de l’oeuvre qui se construit. Le chiffon de polyamide lui tombe sur les chevilles. Genou après genou, elle s’en débarrasse. Une désinvolture non feinte, aristocratique. Tiens c’est vrai ça… Il n’y songeait pas. Une belle Espagnole, fille de Hidalgo ? Si peu d’accent ! Une voix indéfinissable, dynamique. Sonorité de frémissements électriques. Une voix d’or en somme ; à la Demis Roussos au féminin. Très attachante ! On la ferait parler rien que pour cela.

- Votre Mitsouko...

- Vous l’aimez ?

Il néglige la petite forêt brutale de son pubis ; commence à rouler précautionneusement le délicat textile du haut. Elle échappe immédiatement ! Farouchement… Par une souple contorsion, majestueuse, la nonchalance d’une paresse hautement contrôlée. Une danseuse ! Au terme d’une silencieuse lévitation elle se délove à même le tiède plancher de bois. Derrière les ardoises, le soleil darde énormément. Le garçon rampe au milieu d’elle, complètement vêtu. Pas le temps. Fesses de la dame élargies sur le sol rèche. Il ose les doigts ; ne riment à rien ! Il comprend. La bouche dans la toison droit dedans. Aucune hésitation. Elle a préféré ! N’a rien dit… A présent une langue féroce la fouille. Silence au contact de la muqueuse. Déjà gonflée ! Il songe à la potelée, auprès de la rivière. Comment elle s’appelle ? Catherine. C’est loin...

-Mmh...

Pour lui faire plaisir, ou vraiment ? Ce parfum elle en met toujours ainsi ? Il attaque cherche l’inspiration. Elle se vousse. Un début de sauvagerie. Ca lui procure une ardeur nouvelle.

- Oui… Comme ça...

Il repense qu’elle conserve la trace un rien plus claire du slip. En très léger ; semi-hâlée naturellement. Apâlie en son intimité. Cela contribue à la rendre plus réelle et plus tendre. Catherine il faudra qu’il regarde. Naturelle intégrale ! Elle ne ménage guère de temps pour s’exposer au Phébus. Son affaire, ce sont les minuscules taches de rousseur. La brune s’impatiente. Elle a dit « comme ça ». Il recommence. Elle ne geint pas ; il modifie. A nouveau les chairs délicates se bombent.

- Oah...

Le cri ne vient plus d’elle ; il est extorqué ! Rauque modulant vers les aigus. La voix d’or transparaît néanmoins. Parmi les grillons ! Imprévisible symphonie… Comment les a-t-il oubliés ? La jeune femme a impérialement fermé les yeux. Elle encaisse dru. Les épaules rivées aux lattes du plancher. De ses mains elle ne fait rien. Outragés par la fibre luxueuse du sous-pull, les sommets de son buste réclament. Il est très beau, ce truc, on lui a dit. Elle aime le porter en extérieur ; cela trompe son monde et l’amuse. Ils auraient été mieux dehors, sous une verdure. Ce qui l’a dissuadée, c’est la promenade matinale avec la Catherine. L’alcôve ça fait ringard ; sur les planches ça l’excite. Qu’est-ce qu’elle cherche ici ? Avec son blindage de Mitsouko... Pour soi uniquement ! La rassure la réconforte ; la libère… Rien à prouver ; surtout à la grosse miss. Son amie ben voyons. Elle triomphe ! Le punch lui a fait du bien. Ensuite… Ensuite il n’y a pas d’ensuite. Carpe diem. Son métabolisme décide, comme une revanche. Elle n’en a aucune à prendre. Hymne à l’été… Aux grillons ! Est-ce que lui les entend aussi ? Il s’arrache ; ou c’est sa propre mécanique. Il n’y connaît pas grand-chose ; il trouve. Il tire de la jeune femme des gloussements, un second, lui extorque. Elle va s’offrir avec férocité. Pour elle-même. Elle sent venir ! Déjà… Très surprise ! Seulement elle contrôle avec une infinie maestria. Comme tout ce qu’elle fait. Que cela dure ! Quelqu’un pourrait entrer… Elle n’est plus très sûre… Connaît la suite. Pas nécessairement… Silencieuse à l’écoute ! Le mec. Elle voue de la reconnaissance. Lui enserre la tête entre ses mains. Ca les occupe ! Qu’il aille plus avant par pitié… Il a compris. Fonce. Elle voudrait parler ; donner encore un ordre… Mille ordres ! Prisonnière de sa mécanique ! Lancée à perte et fracas… Ce gamin est infatigable… Lui crispe à mort les doigts dans les hanches. Il a une sorte d’existence… inaltérable !

- Ouoin !

C’est « Plus loin » qu’elle voulait dire. Elle ne peut articuler que ce feulement de chaleur extrême, triviale. Beau et con. Elle va s’effondrer. Penser à autre chose… Pas déjà ! A nouveau elle est maîtresse de l’événement. Elle pourrait facilement parler… S’en rend compte. Elle sait qu’elle est belle ; adore être regardée. Une insolite confiance retrouvée. Les grillons les grillons… A présent ne s’occuper que de soi. Ne plus toucher l’homme de ses mains ; cela brise la distance qui les unit. Les abat autour de soi ; ouvertes ; paumes en haut ; prêtes à se crisper. Encore plus livrée ! Brassée vers les infinis... Lui est libéré comme un cheval. Elle hésite ; se contracte doucement. Avec beaucoup de précaution ; qu’il suive. Formidable accélération ! La bouche du garçon en pleine symphonie… Sans arrière-pensée ! Charge de Вронски… Ralentit pas. Ce qu’elle fera du mâle ensuite ? Une promenade, pourquoi pas ? Il y a l’autre potelée… Est-ce qu’elle peut lui donner tout cela ? Lui bande à mort comme une pierre. Ca insiste… Mais vraiment ! La voilà qui se déclenche comme dans Miller ; ne dit plus rien.

« Mitsouko, de Guerlain. Ca vous plaît ? » Il croit encore l’entendre. Il ne lui a pas répondu. Peut-être le destin se préparait-il à lui offrir de plus vastes amplitudes… Pour ses rêves, et celle des hanches étales. Le vouvoiement, aussi, claque à ses oreilles. Il n’attend rien. Surtout pas la jubilation de ce qui se réalise trop vite. De ce qui encore une fois s’exécute sans lui ; devant ses yeux. Parfois il les ouvre. Pour découvrir combien c’est étrange, une femme vue de près. L’épiderme sombre laisse apparaître de menus défauts ; avec l’érotisme du vouvoiement. Familiarité de ces défauts ; de ce vouvoiement. La jeune femme s’emballe ! Crie. Déchaînée… Trop ! Sans interruption… Quelqu’un va venir c’est sûr ! Imminent… A tous les coups elle se malaxe les seins comme une forcenée ! Il eût aimé qu’elle lui prît la tête. Dans une certaine mesure, elle doit se contrôler ; souveraine ! Peut-être préfère-t-il. Autre manière de rendre hommage… Elle ne fera rien pour lui ; ce sera la surprise. Antinéa jusqu’au bout, il en a le pressentiment. Une autre fois, s’il y en a une… Elle est retombée, geignant un peu. Ces maudits grillons ! Elle se caresse pesamment chacune des loches. Elle a retroussé le délicat sous-pull jusqu’en haut. Les mains retombent de part et d’autre. On ne voit plus que les imposants mollusques. Solidement bruns eux aussi. La première fois qu’il parvient à les apercevoir… Avec la respiration et une moiteur indiscutable.

- Non, laissez.

Aucune décision à prendre. Il insiste. Effleurements épars. S’il continue elle se rétracte. Le soleil a dû se refermer lui aussi : les fentes des volets s’assombrissent. Un calme énorme survit. Digne plutôt du matin. Ce pourrait être bien, encore une fois, une rivière. Les autres, dehors ; la fête s’éternise. La vie circule ; des occasions… La miss Potelée la musaraigne… Peut-être déchaînées avec des mecs ! Des mecs… Il en est un aussi.

- Donnez-moi une cigarette.

Voix rauque. Evanescente. Sucrée. Ca reluit dans les oreilles. Ton de commandement. Il faut se mouvoir ; gagner la dimension des gestes. Il n’en a pas, lui, de cibiches ! Pas la moindre… Elle ne le sait pas, cela ; peut-être l’a-t-elle remarqué ; assurément oublié. Il ne lui en a jamais vu ! Dans le sac ? Probablement. D’un coup tout s’éclaire il en a repéré en entrant. Un meuble assez bas. Se lever… Déjà, sa tête ! Y aller, dans le jour fade. Les clopes sont là. Un carton doré. Elle reste couchée ; autant lui allumer de suite. Drôle de goût, ces trucs. On dirait celles de Catherine ; il ne sent pas tellement la différence. La fumée s’exhale tranquille. Sans les grillons ce serait l’ataraxie. Des bruits au-dehors, de sourdes phrases. Il présente la cigarette à la jeune femme. Pas un mouvement. Obligé d’atteindre la bouche, qui se referme dessus. Elle va la prendre d’une main. Cendrier… Sur le meuble elle a dû aménager… Voilà ! Une soucoupe. Elle a remonté cela des cuisines. Il vient lui poser à côté. Le sous-pull noir en place impeccablement sur le corps. A quel moment l’a-t-elle remis ? De la sorte elle paraît nue comme un Manet. Elle accepte la clope. Elle ne dit pas, n’ânonne pas de merci. Il est très heureux. En la fumant, elle continue à l’accepter ; à ne pas dire de merci. Il continue à être heureux. Apaisé : plus vite qu’en sortant de la rivière. La pénombre éclaire comme un Soulages. Dans l’esprit de la fille, ça doit gamberger. Il se demande ce qu’elle souhaite. Complètement inerte ; fatiguée ? Elle relève un genou ; l’abandonne en position semi-pliée. Elle tire sur la sèche avec réflexion. Sa hanche surnage dans le clair-obscur. Le hâle protège un peu ; comme un vêtement distant. Avec la moiteur affirmée de celle qui s’est donnée. Blanche de lait ce serait pire. Catherine, par exemple ; à quoi ça ressemblerait ? Des hanches plus rondes… La toison plus fournie ; car elle doit la laisser embroussaillée. Ici, tout est étudié. Une femme qui s’occupe de soi ; surveille son capital. Lui n’est qu’un aide ; une sorte de masseur. Que peut-elle être avec les autres ? Il y en a c’est sûr… Antinéa ! Ses cheveux, qui s’affalent en sacré gros vrac. Une merveille. Orage de puissance, qui semble ne pas lui appartenir ; la rend d’autant plus hiératique. Cela gonfle en tous sens ; retombe en tumulte. Encore un signe : elle a vécu. D’une certaine manière il n’est pas trop déçu. Il a du mal à réaliser. C’est lui qui a fait cela ; sans toucher à l’édifice. Encore plus fort ! Peut-être ce qu’elle a désiré. Une suite ? Rien de moins sûr. Les circonstances décideront. Les grillons grillent infatigables. Il remarque ses boucles d’oreille ; très fines, en or. Ca lui rappelle… Il vaut mieux ne plus traîner.

- Je vais m’habiller...

- On a encore un peu de temps...

A quoi pense-t-elle ? Il va s’allumer un petit cigare. Il se fouille extirpe ; ça mamaille la flamme surgit. Il finit de se rajuster. Puis s’approche de la dame.

- On va vous attendre, en bas…

Le voilà fixé. Ne pas rater sa sortie. Faudrait parler… Elle va l’aider, l’en dispenser. Regard sur les ardoises mais pas trop. Enigmatique. Non. Perdue à l’intérieur de ce nuage bleuté. Quitter le plus discrètement possible. Elle ne saura pas… Une espèce de révolte. Le cigarillo qui éclaire stupidement ; la porte massive. Il se retourne ; gauchement. Entrevoir sa figure ; qui est orientée dans sa direction.

Commentaires

Mille excuses à Christiane, j'avais dit deux chapitres mais, une fois encore et dernière, un seul. C'est que j'avais perdu de vue que, comme ça toubibe à pleins tubes, mon brave billet était déjà prêt, avec un seul chapitre de l'ours.

Ce qui est voté est quand même voté, ce qui fait que dès le prochain coup il est gravé dans ma petite tête que c'est deux chapitres et non un seul. Au bout de quelques fois à deux chapitres, on regardera si l'on s'en tient là ou si l'on augmente encore la dose. N'importe comment ici le chapitre est un passage crucial de l'ours. D'abord on franchit la page cent, donc pile le premier tiers. Surtout, c'est le premier (première scène d'alcôve) des deux (celui-ci et la chute du bouquin, page trois cents) endroits critiques au point de tout remettre en cause. Si ces deux scènes (à commencer par la première, celle-ci) sont loupées, il faudra aviser. En l'occurrence, soit essayer de les supprimer complètement, soit n'en laisser qu'un embryon qui les résume, soit les reprendre etc.

La parole est au lecteurs...

Écrit par : Sergio | 18/03/2018

Torride cet épisode et anxieux car on continue à explorer les pensées intimes de cet homme et même quelques unes de la femme. La nudité de la femme est offerte, pas celle de l'homme car c'est un homme qui raconte.
La photo de la chambre mansardée est bizarrement hors cadre de cette vieille demeure. Une pub Ikea ?
Les sous-vêtements de la dame sont exquis ainsi que les gestes sûrs qui les font glisser. Noir de Calais. Ça change de la rustique miss P.. L'une un Manet nue/vêtue, l'autre un Renoir éclaboussé de soleil et d'eau.
Si je devais dessiner l'homme. Ça serait les mains puissantes et adroites, le front minotaure et pas que le front.
Chapitre goûteux. Merci, Sergio.

Écrit par : christiane | 18/03/2018

Je reposte ici:
Faut pas dékhonner à ce point, JC a raison de charrier Hawking, ce n’était pas Einstein tout de même, et il ne mérite pas non plus des éloges enflés à la Minou Drouet.

Écrit par : tristan | 18/03/2018

Pour JC:
Après le lancer de nain, la chute libre de Hawking :

https://www.youtube.com/watch?v=Iv79yOazxKM

Il a éprouvé le principe d’équivalence (son fauteuil roulant aussi). Il a maintenant l’expérience du trou noir. Il n’en ressortira pas.

Écrit par : tristan | 18/03/2018

Non ce n'est pas une pub Ikea, voyons Christiane ! C'est Turning your Attic to a Master Bedroom par INTERIOR DESIGN et spécialement conçu pour les héros à Sergio.
Je suis un peu gênée par le style haché de l'écriture, j'aime les phrases plus longues qui me laissent le temps de respirer.

Écrit par : Lucy | 18/03/2018

Ah, oui, Lucy, le design italien... mais ils n'ont besoin que d'un plancher !
Des phrases courtes ? ce Boléro de Sergio le mérite...

Écrit par : christiane | 18/03/2018

Ce blog va finir en partouze généralisée ... j'alerte la Police des Moeurs.

Écrit par : JC...7h49 | 19/03/2018

Hello tous.

Même avis que Lucy pour le style haché, mais déjà dit donc.

Sinon, très réussi. Ce chapitre permet de mieux connaître Pierre, qui pense à la rousse quand il est avec la brune, et manque oublier la brune quand il est avec la rousse, mais aussi de saisir clairement que l'histoire commence "avant", comme l'avait dit Christiane.

Pas vu Ikea.

"Ouoin" ... peut-être le transformerais-je sous une autre forme...Peut-être "linn" ou autre chose, parce que là ça rompt un peu le charme, trop bande dessinée ? Ou je manque d'humour. Aussi ;). Mais bon, tu nous la présentes comme une magnifique femme qui maîtrise ... Suis sûre qu'elle maîtriserait jusque son "ouin".

C'est juste pour ergoter Sergio. Comme d'habitude de belles séquences. Ah si tu nous laissais le temps de les savourer ;), de mieux entendre la musique de Sergio, jamais ridicule, comme ici : "Antinéa glissante, choc répercutant des talons ailés, autoritaires. A la poursuite, pas une seule fois elle ne le touche."

Écrit par : Chiara | 19/03/2018

"Ouoin" ... peut-être le transformerais-je sous une autre forme...Peut-être "linn" ou autre chose, parce que là ça rompt un peu le charme, trop bande dessinée ?
Écrit par : Chiara | 19/03/2018

Oui, je crois que je vais faire sauter ces onomatopées aux endroits où il en reste encore. Effectivement cela fait bande dessinée, et généralement cela n'apporte pas grand-chose...

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

pub Ikea ?
Écrit par : christiane | 18/03/2018

Oui, ce n'est pas très heureux, cette photo...

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

j'alerte la Police des Moeurs.
Écrit par : JC...7h49 | 19/03/2018

Faut pas, ils vont essayer d'en profiter !

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

mais ce rythme haletant, il a un sens, voyons donc... qui ne le ressent pas comme une savante montée d'orgasme syncopée ? Moi, je le trouve très bon, et l'odeur du plancher, une bonne trouvaille pleine de phéromones exubérisés.
Ma seule restriction sur le chapitre IX : le parasitage de Demis Roussos dans le texte, ce gros barbu vient tout gâcher de la rêverie provoquée par le savant effeuillage de la dame. Pourquoi pas Richard Anthony pendant qu'on y est ?
NB/ de +, c'est quoi au juste : "Charge de Вронски…" ??? (Je crois pas l'avoir vu passer dans Anna Karénine).

Écrit par : Janssen J-J | 19/03/2018

Certes Jansen J-J mais alors il doit être progressif ce rythme, et retomber itou. Pis on se demande, finalement, si ce n'est pas convenu d'accélérer à ce moment ? Justement s'il ralentissait ? ( je galèje Sergio ;)

Écrit par : Chiara | 19/03/2018

Si j'ai bien compris, la relation s'arrête à un cunnilingus. Soit ! Mais comme la bandaison était déjà présente au cours du bain savonneux avec Catherine dans la rivière, je voudrais faire remarquer à Sergio et aux dames, sans vulgarité j'espère, que non satisfaite elle finit par être douloureuse pour les messieurs...

Écrit par : C.P. | 19/03/2018

le parasitage de Demis Roussos dans le texte, ce gros barbu vient tout gâcher de la rêverie provoquée par le savant effeuillage de la dame.
Écrit par : Janssen J-J | 19/03/2018

Très juste. Dommage, c'était bien utile comme référence. D'ailleurs mes références dans leur ensemble, faut que je revoie cela, la plupart du temps elles sont maladroites et n'apportent à vrai dire rien. En attendant pour celle-ci me reste encore l'expression consacrée "voix d'or" ; cela devrait suffire...


Oui, c'est pas la charge de Vronsky, c'est sa course ! Qui fait l'objet d'un développement terrible...

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

Hum...tu peux garder Demis Roussos ... en remplaçant son nom par "Aphrodite's Child". Les jeunes iront wikipédier et youtuber pour connaître et écouter.

Écrit par : Chiara | 19/03/2018

https://www.youtube.com/watch?v=ZNCu5QGWJII

Écrit par : Chiara | 19/03/2018

la relation s'arrête à un cunnilingus. Soit !
Oui, puisque une partie de la mission est effectuée, si je puis dire. On aura le "complet" (comme on dit en aéronautique !) à la toute dernière fin de l'ours. Cela me préserve une progression. Reste à donner une forme de spiritualité à tout cela (ce qui n'allait pas de soi au début) ; et n'est pas le plus facile.



Mais comme la bandaison était déjà présente au cours du bain savonneux avec Catherine dans la rivière, je voudrais faire remarquer à Sergio et aux dames, sans vulgarité j'espère, que non satisfaite elle finit par être douloureuse pour les messieurs...
Écrit par : C.P. | 19/03/2018

Yes, juste remarque. Il faut que je désamorce, si l'on peut dire, à un moment bien situé, cette ambiguïté (que j'avais laissée, en gros, par flemme.) Merci !

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

garder Demis Roussos ... en remplaçant son nom par "Aphrodite's Child".
Écrit par : Chiara | 19/03/2018

Yes, bonne idée. Cette voix d'or me pèse lourd mais je voudrais bien essayer de la sauver... Merci à toi !

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

Je suis un peu gênée par le style haché de l'écriture, j'aime les phrases plus longues qui me laissent le temps de respirer.
Écrit par : Lucy | 18/03/2018

Je crois que c'est un peu l'avis général. J'ai trop serré la vis, va falloir rouvrir un brin...

Écrit par : Sergio | 19/03/2018

Très pertinent les remarques sur le "ouin" et autres onomatopées. Sergio lit trop de B.D. !

Écrit par : christiane | 19/03/2018

"Lui bande à mort comme une pierre." (Sergio)

J'aurais aimé encore plus lourd, genre :
"Lui bande à mort comme Robin Hood lorsqu'il vise un archer de cette saleté de Sheriff de Nottingham, crapule au service d'une féodalité exploitant les travailleurs et les travailleuses asservis par une aristocratie qui ne perd rien pour attendre !"

Écrit par : JC...11h02 | 20/03/2018

"Lui bande à mort comme une pierre." (Sergio)

J'aurais aimé encore plus lourd, genre :
"Lui bande à mort comme Robin Hood lorsqu'il vise un archer de cette saleté de Sheriff de Nottingham, crapule au service d'une féodalité exploitant les travailleurs et les travailleuses asservis par une aristocratie qui ne perd rien pour attendre !"

Écrit par : JC...11h02 | 20/03/2018

Rude métier que celui de bandeur d'arc... Après ce fut pire : l'arquebuse en vingt et un temps !

Écrit par : Sergio | 20/03/2018

Chez les bandeuses d'arc les statistiques médicales viennent de tomber : les Amazones ont deux fois moins de cancer du sein que les femmes entières....

Écrit par : JC...11h58 | 21/03/2018

bon, comme dit JJJ, faudrait retirer les lienses vers clopine/tête de chou et tkt/kunsthof, sont morts komplett.
bj à toussent et bisou à mon connard préféré.

Écrit par : hermann schacht | 22/03/2018

TKT on sait pas vraiment, si ?

Clopine l'histoire c'est qu'elle change de blog tous les matins, avec les présentations les plus variables ; le plus souvent c'est tout un fromage d'aller y poster, on ne comprend goutte à ce qui se passe, ce qui rend l'affaire plutôt décourageante. Sitôt qu'on lui a mis le lien à jour elle change de blog !

Mais tu as raison, je crois que je vais finir par balancer les deux...

Écrit par : Sergio | 22/03/2018

"-Et Mitsouko, vous l'aimez?"
Sergio troubadour enfiévré devant 2 paires de petites bottines déchaînées..
-Allez, pas de simagrées, pense Olga, Sergio sortez-les vite de cet appentis Ikéa,faites les trottiner, par Aphrodite, je vous en conjure...
http://lelombrik.net/user/final/61874.png

Écrit par : olga | 23/03/2018

A éviter..https://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_200114.jpg

Écrit par : olga | 23/03/2018

Certes, Olga, mais le contraire est vrai aussi.

Écrit par : Martin B. | 23/03/2018

Pouce !!!

Écrit par : P comme Paris | 23/03/2018

Index !!!

Écrit par : V comme Vierzon | 23/03/2018

Majeur !!!

Écrit par : M comme Marseille | 23/03/2018

Annulaire !!!

Écrit par : R comme Roanne | 23/03/2018

Auriculaire !!!

Écrit par : Z comme Zürich | 23/03/2018

2 paires de petites bottines déchaînées..
Écrit par : olga | 23/03/2018

Une seule paire, non ? J'appréhendais le reproche de tendance au fétichisme. Par chance j'ai dû savoir inconsciemment m'arrêter à temps. Dans mon esprit, ce serait un leitmotiv comme bien d'autres, les grillons, le Mitsouko, les éphélides, la voix d'or de la brune etc. Cela tendrait à constituer un réseau de points de repère, lequel au fond remplacerait ni plus ni moins la trame de l'ours, le scénar pour bien dire, attendu que précisément il n'y en a pas. Encore une manière de dénoncer la notion d'identité...

On retrouve ces thèmes proustiens, qui doivent suinter sans le dire...

Écrit par : Sergio | 24/03/2018

Je me doutais bien que ce suintement avait quelque chose de malsain-proustien : je me tire ! Insupportable....

Écrit par : JC...17h38 | 24/03/2018

Adieu....

Écrit par : 18h46 | 24/03/2018

Une nouvelle qui réjouira tous les internautes : nous venons d'apprendre le décès de JC, dans des conditions qui restent mal éclaircies. Il semblerait qu'il se soit étouffé dans son vomi.

Non, je blague. Il a ravalé son vomi à temps. Il en a un peu rejeté par les narines, mais il respire toujours — hélas, car cette activité physiologique dégage une haleine relativement épouvantable, que seul son alter ego Widergänger parvient à supporter.
Une nommée Evidence, présente sur les lieux, a tenté de le piétiner à plusieurs reprises, en vain, la forcenée ayant été prise en charge par l'illustre Marc Court, qui lui claqua le beignet pour la plus grande joie des spectateurs, notamment deux d'entre eux, messieurs Closer et Delaporte qui déclarèrent être les seuls amis de JC.

Ce post, peu drôle et très méchant, n'est dicté que par l'exaspération qu'inspirent à toute la blogosphère les cinq personnes citées ci-dessus.

Écrit par : Quignard, encore lui | 24/03/2018

19h45 heure d'hiver...La Volvo Race est dans les parages du "Point Nemo",à mi-chemin entre Auckland et Le Horn, là où gémissent les voix des marins disparus et où flottent dans l'ombre de la nuit les voiles des clippers égarés.. CUT ! suffit pour l'ambiance ..
Les 2 paires de "petites bottines" ..n'y a-t-il pas 2 trottins ? ou 2 amazones ? Le pied, le pied, le charme sensuel du pied, les bottines dont le grand'père chausse Jeanne Moreau lors de la cérémonie du soir, dans Octave Mirbeau .. Je m'égare.. le pied des chinoises..enfin, le pied, quoi !
Sergio, vs employez parfois des adjectifs trop pompeux, trop lourds,qui font un peu "madone des sleepings de M.Dekobra; ou bien, ils sont désaccordés comme "orage de puissance", qui s'accorde mal avec "hiératique". Pensez à Klimt.
Des lourdeurs (non voulues ?) comme"ce parfum elle en met toujours ainsi" ou
"il repense qu'elle conserve la trace un rien plus claire du slip".
Relisez à l'oreille, le rythme.
Mais il y a de vraies réussites comme celle que relève Chiara (le 19/3) "Antinéa glissante..." ou "par un souple contorsion la nonchalance d'une paresse hautement contrôlée"
Et il y en a d'autres... Belle soirée.

Écrit par : olga | 24/03/2018

QQ, comme Quignard !......

Écrit par : JC...6h20 | 25/03/2018

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