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28/12/2017

Dans_les_cambuses

Suite de l'ours, hami lecteur. Cette fois, un bon paquet : d'habord pour mesurer tes capacités de résistance à cette prose hépouvantable, d'une part et premièrement ; hensuite, d'autre part et secondement, pour voir quel pacson de pages on peut coller sur ces blogs Hautetfort, qui n'en peuvent mais, ceci en prévision du super billet de JJ, billet qui doit peser son poids et surtout groupé d'un seul tenant pour la compréhension.

 

D'habord une belle photo : les cuistances de Marienbad.

 

vie_3_zoom.jpg

 

De toutes manières, il n'y a pas grand-chose à faire ce matin. Aller traîner en ville, cela occupe nécessairement un brin, et fera changer d'air, spécialement avec la tête lourde ; pas malade, on en a vu d'autres, mais normalement lourde. Marcher un peu. L'idéal serait avec la brune d'hier soir, tant qu'il n'y a personne ; quel est son prénom ? Ah oui, Carole, c'est cela ; chacun l'appelait Carole, mais impossible d'approcher. Eternellement cette espèce de timidité ! Jusqu'à quel âge l’est-on, finalement ? Il serait temps que ça s'arrête...

- Pierre !

Vingt dieux, miss Potelée. Comment elle connaît le sien, de prénom ? Juste au moment où il songeait à celui de la brune... Cette voix qu'elle arbore, la lourde gamine... Un peu grave, presque à demi éraillée... Peut-être qu'elle aussi a lampé un brin, hier soir... Non, cela paraît assez naturel, après tout ; ça ne lui ressemble guère de picoler.

- Qu'est-ce que tu veux, avec ton café ?

- Comment cela ?

- Il y a tout ce qu'on veut, en bas.

- J'arrive.

Elle attend derrière le prestigieux battant vitré, comme pour lui tenir… Dans le silence tranquille de l'immense pavillon, elle va le conduire jusqu'au dédale qui mène aux cuisines.

- Ouah, c'est balèze, ici... Enfin... impressionnant.

- Tout a été refait, le chauffage...

Ce qui est superbe, dans ce sous-sol gigantesque, ce sont effectivement ces proportions du dix-huitième siècle, revigorées par tout un tas de bastringues électriques ou à tuyaux. Quand même survivent des jeux entiers de marmites cuivrées, neuves et mieux que neuves, sans âge dans leur indiscret rougeoiement ; des écumoires pendues alignées comme des chauves-souris ; les deux monte-plats, les mètres carrés de fourneaux par dizaines, surchargés par la vaisselle de la soirée... Le silence, répercuté par les voûtes...

- On s'y croirait...

- Regarde, il y a tout ce qu'on veut !

Déjà elle a rameuté quelques gâteaux sur une assiette, en fourgonnant un peu partout dans le réfrigérateur le plus probable.

- Ah c'est chouette, ici.

Le nez en l'air, le pot de café sans prévenir dans les mains, il contemple. Ce qu'elle prend, elle n'aurait pas pu le porter seule ; deux larges soucoupes entassées de sucreries, de morceaux de tartes, des machins qui tiennent bien. Comme sa gorge épanouie dans son espèce de liquette masculine ; ça occupe toute la place.

- Où tu as trouvé cette chemise écossaise ?

Elle se regarde.

- Mais c'est à la mode, voyons !

- Ah bon.

- Elle ne te plaît pas ?

- Oh, moi...

Il n'aurait pas dû en parler. Des fois, ce n'est pas très astucieux que d'être naturel. Cette conversation intime dans un souterrain... Elle a encore du parfum de la veille ; peut-être non, ce seraient ses cheveux. Et cet épiderme qui luit... A contrario elle ensoleille d’un radieux sourire de caractère.

Le mieux, ce serait Carole ; cela, c'est vrai. Carole comment, d'abord ? Il a vu ça gravé sur un truc. Elle doit avoir de l’oseille, pour sûr. Bien oui, les femmes peuvent être jeunes et avoir du pognon, du vrai. Elle, on voit bien qu'elle est née avec, ou alors c'est bien imité. Par exemple toute sa cour après elle ! Alors lui, tu parles si elle a pu prendre le temps de le remarquer... Même elle aurait voulu, qu'il serait passé devant ses yeux en coup de vent, comme un train fou ! Ses yeux... Ils doivent être au minimum noirs, ou marrons... La vérité, c'est qu'il n'a même pas essayé de s’obliger à les regarder. Ça envoie de l'électricité, peut-être... Tiens, c'est une idée : la prochaine fois, il faudra le tenter ; ce sera comme un premier pas. Vers elle, vers lui-même. Si elle s'en aperçoit... Qu’est-ce qu’elle fera ? Elle rigolera, se déclenchera sa musique en cascade qui a survolé toute la soirée ? On pourrait demander à miss Potelée, entre femmes, elles se parlent, et cela ne doit pas porter à conséquence. Forcément, avec elles, ce ne sont pas les paroles qui ont de l'importance ; entre elles... Ces types surgissaient, gravitaient ! Friqués ! Qui la ramenaient en souriant éternellement...

- On remonte ?

Pourquoi ? On était bien, ici ? Autant obéir, la suivre dans le souterrain en colimaçon. Elle a de sacrés mollets, elle doit faire du sport, mine de rien. Un peu trop gros, mais au demeurant assez rondement calibrés pour peu que l’on s'y arrête, d’une curieuse blancheur ; blanc de poulet, avec d'infimes et rares taches de rousseur translucides, ça doit être cela. Elle est châtain clair. Carole brune, elle, brune agrémentée de splendides lèvres charnues, assez rouges et un teint soutenu, probablement une ascendance méditerranéenne ; par exemple catalane, pourquoi pas ? C'est le genre. On devrait l'appeler Mercédès. Et l'autre, avec sa lanière détachée qui s'obstine à battre les marches ! Flac ! Flac ! Et le rose foncé de ses talons... Elle doit être increvable. Elle a l'air de s'en foutre.

L'immense vestibule carrelé, avec des statues dans des niches, c'est même un péristyle, très lumineux. Autant lui tenir la porte, même avec le broc de café dans les mains.

- Merci.

Elle ne s'est pas retournée, elle avance fort naturellement. C'est vrai, tout paraît simple avec elle ; un monde cristallin, inaltérable. Elle aussi doit avoir de la thune, mais non de la même manière. Cela ne lui fait pas le même effet. Le matin gris et moite.

- Je suis sûre qu'il va pleuvoir.

- Peut-être pas...

Voilà qu'il se met à la rassurer…. Quelle idée ? D'ailleurs cela pouvait être un piège. Pas pour lui spécialement, le piège, bien sûr ; quel intérêt ? Mais ces bonnes femmes, il faut absolument que ça se teste comme ça respire : en gonflant la poitrine, et surtout en permanence.

Les tables, les tables, avec leurs quelques chaises autour. C'est quand même du style... Assez lourd, en fer. Comme involontairement, il lui en approche une. Et elle s'assied en posant les gâteaux. Il commence à verser. Pas un bruit, seulement celui du liquide tourbillonnant à mesure dans le mazagran, puis le second. D'où sortent-ils, ces godets-là ? Forcément, c'est elle qui les avait ; ou peut-être les a-t-elle montés la première fois, lorsqu'elle est revenue l'appeler.

- Prends un gâteau... Tiens, ceux-là, avec du chocolat.

Il n'est pas encore assis. Au contact de cette voix toujours un peu rauque et cependant presque mélodieuse, il n'éprouve pas la tentation de protester. Il aurait plutôt envie de fumer. Bizarre, cela : il est levé depuis plus d'une heure et cette appétence lui vient seulement à l'esprit ; probablement les circonstances... Il n'a même pas mal à la tête de la veille. Il est bien, entre deux eaux, dans cet état subtil et gentiment précaire oscillant d’une brute alacrité à une esquisse de béatitude.

 

Plac ! Une goutte dans le café, une autre. Cela ne continue pas. Reprend, au milieu de son bras. Miss Potelée, elle, c'est dans les cheveux.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

Ils se mettent à scruter le ciel à la verticale. Cela fait une sacrée perspective avec le haut du bâtiment XVIII°. Surtout l'interminable balustrade ; le vert immense des arbres, juste derrière. La pluie s'est arrêtée ; non, elle hésite. Il n'a guère envie de bouger, peut-être qu'elle non plus. Machinalement cette fois il a extrait de sa poche la petite boîte métallique de cigarillos. La jeune fille continue à engloutir les pâtisseries ; il pose la ferraille, qui retentit avec la surface de la table, à quelques centimètres d'une minuscule nappe d'eau.

- Tu peux en allumer un, tu sais.

Comme pour l'encourager, elle a sorti son propre étui de blondes, en carton glacé, et un somptueux briquet d’or, les flancs joliment habillés de fine laque précieuse ; un modèle de hauteur légèrement raccourcie, ce qui le fait paraître beaucoup plus compact et harmonieux que le traditionnel canonique. Proportions ? Assurément. Où était-il, et les cibiches ? Avec les femmes, on ne sait jamais. Ah oui, c’était probablement resté sur une chaise ; pas bien compliqué . On se pose toujours des questions idiotes. Il lui présente le bijou ; sans vent la minuscule flamme ne risque rien. On distingue, ciselé d’une élégante cursive, un prénom : Catherine. Elle souffle au loin la première bouffée, silencieusement, à l’écoute.

- Il est magnifique.

- Un Dupont ; mais tu comprends...

- Je l'avais déjà remarqué hier soir.

Normalement la question qui vient après c'est : « Il est à toi, c'est un cadeau ? », mais il renonce. Puis il se décide à prendre un petit cigare.

- Il va falloir que j'aille en chercher.

Finalement il ne pleut pas. Il n'y a pas de zeph non plus, rien qu'un manque de soleil dans le gris hésitant ; l'odeur végétale, réveillée par l’ondée interrompue.

- On est bien, ici.

Elle se contente de l’observer, en exhalant une bouffée. Elle a des yeux bleus tirant sur le vert, pas tout-à-fait turquoise. Cela doit dépendre des moments ; parfois ils sont même plutôt verts, et puis ça revient. Ce geste énergique, un peu rond pour faire tomber la cendre... Un poignet qui est loin d'être fin, non dénué pourtant d'une grâce presque enfantine, touchante, qui retient l'attention... Peut-être le bracelet, qui tranche sur le blanc ; ténu mais avec une plaque encore lourde à chaque mouvement. Une inscription ? Oui, il y a des initiales gravées, entrelacées. Ah c'est vrai, il voulait lui demander quelque chose pour Carole ; ou sur Carole ; sur et pour. A tout hasard, quoi...

Miss Potelée c'est un poème. Maintenant elle s'étire comme s'il n'était pas là, en gonflant son espèce de chemise écossaise. Ensuite, elle rattache ses sandalettes.

- J'ai envie de faire un tour. Tu m'accompagnes ?

Pourquoi pas, après tout ? Il lève le nez vers la façade, les fenêtres classiques. Pas le moindre signe de vie ; les autres ne sont pas près de descendre. C'est presque avec soulagement qu'il le constate. Si Elle paraissait, ils ne seraient pas loin ; les revoir encore tourner autour...

 

Commentaires

Prem's !

Écrit par : une lectrice fière d'être la première à poster pour ne rien dire | 28/12/2017

Ouais bah je veux pas dire mais la cuisine de Marienbad elle est aussi mal rangée que celle de Janssen .

Écrit par : Marco Janssen, son neveu | 28/12/2017

Ce n'est pas la cuisine de Marienbad, c'est celle du château de Challain-la-Potherie et la cuisine de Janssen est mal rangée mais n'est pas aussi class que celle de ma mère- grand.

Écrit par : la petite fille de Lucy | 28/12/2017

Allons nous coucher.

Écrit par : … | 28/12/2017

château de Challain-la-Potherie
Écrit par : la petite fille de Lucy | 28/12/2017

Très très fort...

Écrit par : Sergio | 28/12/2017

!-!,
or
prem's !...

https://www.youtube.com/watch?v=vU9Dsl89UGo

Écrit par : P comme Paris | 28/12/2017

But, for Miss Potelée : !-!,

http://www.dailymotion.com/video/x4l957u

Écrit par : P comme Paris | 29/12/2017

Taratata vous pouvez bien dire ce que voulez, ma religion est faite, je reste sur mes positions.

Écrit par : Taratata vous pouvez bien dire ce que voulez, ma religion est faite, je reste sur mes positions. | 29/12/2017

Jamais rester sur une position, bien trop dangerous ! Toujours mobile... Toujours toujours toujours ! C'est dans Mao Clausewitz et toute leur parentèle même Liddell Hart.

Écrit par : Sergio | 29/12/2017

ça dépend de la saison. En été on peut camper sur ses positions, c'est sympa. Mais en hiver t'as raison, Sergio, faut bouger sinon on se les pèle.

Écrit par : Zizi | 29/12/2017

comment que ça se fait que Ed elle arrive à caser son url pour enluminer son blase et pas sergio ?

Écrit par : en venant de l'autre blog | 29/12/2017

(suite)
suis sûr qu'y aurait plus de visites avec lien.
y aurait des cons, pour sûr, mais on a déjà jicé et évidence, alors on peut voir venir, on n'a pas peur.

Écrit par : en venant de l'autre blog | 29/12/2017

Je crois que cela pourrait se réparer : je dois être blacklisté, fortuitement et juste pour l'URL, dans la RDL. Faut juste trouver où. Mais Passou...

D'ailleurs Ed est la seule ; on verra combien de temps. Le blog de Paul Edel non plus n'est plus en rouge, ni aucun autre. Et tout cela, de plus en plus en plus bizarre, traîne en longueur...

Écrit par : Sergio | 29/12/2017

Hum, je doute Sergio. Je me demande si ce n'est pas "simplement" pour s'épargner des risques de poursuites et d'assimilation. Comme je le disais, les bloggers ne sont plus seulement responsables de leurs sites mais aussi des sites vers lesquels ils conduisent me semble-t-il ? Une double sécurité ?
Enfin ce n'est qu'une supposition, à peine confortée par le fait que le code source montre un "nofollow" derrière l'url de Ed sur le site de PA et ce 'nofollow' est un ordre pour les robots : ne suivez pas ce lien ! il n'appartient pas au présent site. Pas d'assimilation, brisons là !
Bon après le robot, il fait ce qu'il veut.
Pour la blacklist, ce doit être un tit script spécial.

Écrit par : chiara | 29/12/2017

Une double sécurité ?
Écrit par : chiara | 29/12/2017

Cela se pourrait très bien, en effet, d'autant que Passou, et il nous l'a resservi plusieurs fois aux temps anciens, a une hantise : que "des méchants" (et jaloux), supposons donc des critiques littéraires rivaux, cherchent à toute force à lui saboter son blog de manière à lui faire fermer ; peu crédible on le voit tous les jours, seulement lui n'en démord sûrement pas et, adonc, a peur ou fait semblant... Donc met ou fait mettre en place les "nofollow".

Écrit par : Sergio | 29/12/2017

Sergio, il faut ouvrir la balise cz4/v puis cliquer sur "sommaire" et aller à "redire", là y a un menu qui se déroule. Choisir "retour neutre". Ensuite, ctrl+dgt, finalisation du 2, reprise de fromsergio.blog.amayerling sans capitale même pour le nofurtherinside. Et le tour est joué.

Écrit par : conseillère web | 29/12/2017

Erreur.
Je viens d'avoir Janssen JJ au téléphone, qui me soutient que c'est la balise cv8/z. Il ajoute que, de toute façon, ça ne servirait à rien parce que c'est uniquement le blog de Sergio qui est visé.
chiara vient d'en faire la preuve sur la rdl. Tout le monde peut mettre son nom en rouge, avec n'importe quel url, SAUF sergio. L'explication, toujours d'après JJJ, est qu'Assouline a une dent contre Sergio, à cause d'un certain post dans lequel sergio incriminait sa femme, qu'il accusait de fricoter avec un certain M. Alba (?), commentateur réputé sous différents pseudos et connu pour sa vie sexuelle débridée.

Écrit par : conseillère web | 29/12/2017

sergio, si c'est un début de chapitre il va falloir un peu d'actions ou d'intentions, va-t-il se la faire? La convoite-t-il? La pluie s’égouttant sur le feuillage du parc va-telle réussir à faire renaître un désir assoupi ou l'instinct des ancêtres qu'on devine sans peine libertins fera -t-il frémir leurs narines à cet humus pour perpétuer dans la grande tradition pastorale un rêve bachique ,_ 18ème avec des arbres immenses, quelle chance!

Écrit par : bérénice | 29/12/2017

Tradition pastorale... Fectivement, j'aurais pu y penser ! Bachique oui, c'est inclus dans le prix, même avec ristournes.

Sinon ce qui faut voir : très peu d'action ! Terrible risque... De voir le malheureux lecteur se ronquer une heure et demie d'affilée. C'est pour cela, si on peut faut me corriger le style, le relever ! Je ne sais pas trop comment je me suis enchristé dans un pari aussi effroyable... Quand même, n'exagérons pas, il y aura des scènes... Pouvais pas m'en passer ! Elles sont là, prêtes... Par exemple "la convoite-t-il ?", cela va bien être traité...

Écrit par : Sergio | 29/12/2017

"très peu d'action ! "

Ah mais ça c'est pour les fortiches !

"corriger le style"

Oui enfin non ! je te laisse une très vague impression Sergio et tu la piétines quand tu veux : je sens comme une hésitation sur le ton général de la narration ? Parfois tu retiens les chevaux, "oooooh Bijou !"( les auvergnats savent que tous les chevaux de trait étalons s'appellent Bijou, je précise pour les étrangers comme les parisiens). Alors dois-tu retenir Bijou ou pas, ce sera ton choix, le laisser galoper, même un peu foutraque, ou le retenir avec des phrases plus "policées" disons ?

"un pari"

Voilà une belle idée pour écrire ! extra ;)

Dans ta première présentation tu craignais que le paragraphe sur le briquet soit trop long. Non c'est pas trop long.

( PS : L'amie du web m'a fait rire avec ses manipulations géniales des balises.)

Écrit par : chiara | 30/12/2017

Hypothèse toute bête : qui d'entre vous a un blog sur Blogger ? Si je suis la seule, on tient peut-être une explication.

Écrit par : l'objet de votre jalousie | 30/12/2017

Renato est sur Blogger lui aussi. A-t-il choisi de ne plus afficher son url ou bien "couic" comme Sergio ?
Ed, je crois que vous profitez surtout de la trêve des confiseurs, ou d'un grave manquement à la discipline d'exclusion automatique ! :)

Écrit par : chiara | 30/12/2017

A-t-il choisi de ne plus afficher son url ou bien "couic" comme Sergio ?
Écrit par : chiara | 30/12/2017

(Renato) Il fait de la photo. Il avait donc plusieurs URL, je crois, avec ses photos. Ca marchait bien. Mais depuis, d'une part il est beaucoup moins présent sur la RDL, d'autre part pour lui plus d'affichage en rouge, donc, comme on dit, il y a doute...

Écrit par : Sergio | 30/12/2017

retenir Bijou ou pas
Écrit par : chiara | 30/12/2017

Mais si, c'est essetrêmement bien vu ; et je n'aurais jamais réalisé cela tout seul ! C'est vrai, je dois être un peu indécis, à force de trop gamberger. Faut que j'y réfléchisse très sérieux, de manière à essayer de "lisser" la position, à moins de maintenir cette éternelle bascule ; mais au moins, ce sera, sinon volontaire, déjà conscient...

Écrit par : Sergio | 30/12/2017

Hypothèse toute bête : qui d'entre vous a un blog sur Blogger ? Si je suis la seule, on tient peut-être une explication.
Écrit par : l'objet de votre jalousie | 30/12/2017

Je crois qu'il y a eu Al Ceste, et il a été assez sympa pour aller voir dans ses arrière-cuisines si n'y traînaient pas quelques blacklistages : il y a découvert un petit pot-aux-roses, celui de mon blog : il a fait sauter et tout est bien allé.

Écrit par : Sergio | 30/12/2017

D'habord une belle photo : les cuisses de Marie aux thermes.

Écrit par : P comme Paris | 31/12/2017

Séquence de récit bien étrange. pourquoi détaille-t-il avec tant de précision cette femme - pas inintéressante - alors qu'il a en tête une certaine Carole un peu inaccessible et très courtisée ? Cette miss potelée a de la répartie, une certaine aisance presque masculine. Il semble, bien que ce ne soit pas dit, qu'elle observe ce Pierre avec attention.
La bâtisse dix-huitième siècle, ses cuisines dignes de fêtes fastueuses, cet immense vestibule carrelé avec des statues dans les niches et l'interminable balustrade devant le vert immense des arbres, n'ont pas la beauté de tout ce qui tourbillonne dans les pensées de Pierre. Une voix off, de velours, un peu désabusée. Il semble être là par erreur comme entrainé par un groupe d'inconnus, à la poursuite dont ne sait quoi... Peut-être un oiseau de nuit qui s'étourdit...

Écrit par : christiane | 31/12/2017

pourquoi détaille-t-il avec tant de précision cette femme - pas inintéressante - alors qu'il a en tête une certaine Carole un peu inaccessible et très courtisée ?

La première raison, bien naturellement, tient justement dans l'aspect inaccessible de la Caro ; la seconde, un tout petit peu plus élaborée, c'est que la miss Potelée s'impose, tant il est vrai que ce sont les femmes qui choisissent et décident, ce quelques soient les moyens. Mais l'affaire se fera, pour commencer, avec la brune (Carole), au demeurant assez fortuitement comme de juste (fin de l'ours, en tous cas du tome un, à faire suivre ou non d'un tome deux).


Cette miss potelée a de la répartie : oui

une certaine aisance presque masculine : oui

Il semble, bien que ce ne soit pas dit, qu'elle observe ce Pierre avec attention : oui

Écrit par : christiane | 31/12/2017


Hadonc je suis bien content parce que, bon ou mauvais, c'est précisément ce que je cherchais à faire ressortir...

Écrit par : Sergio | 31/12/2017

Hadonc!
Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Écrit par : P comme Paris | 31/12/2017

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Écrit par : P comme Paris | 31/12/2017

C'est le problème ! Tout est construit sur du sable... On ne peut guetter que des MOMENTS ! Très juste remarque...

Écrit par : Sergio | 31/12/2017

Chiara s'était bien intéressé à ce personnage le 14/12 :
"Sergio, j'ai lu et relu ce passage de votre ours et en aime beaucoup de choses. D'abord cette manière très juste de rendre ces observations presque involontaires, faites par notre cerveau fatigué les lendemains de fête. Il ( le cerveau ) fonctionne à sa manière ces moments-là et nous suivons, remarquons un élément d'architecture ici, un bosquet là. C'est un étrange état. Peut-être ( mais de quel droit !? ) aurais-je insisté plus longuement sur cet état que l'irruption de Miss Potelée interrompt. Et de quelle manière ! Ah les beaux détails, mais mon préféré est celui des lanières qu'elle n'a pas attachées. Je la vois repartir, vive, pleine, ronde, et j'entends le petit bruit des boucles des lanières sur la terrasse; clic clic . Et si ce sont des liens sans boucle, ils serpentent à ses pieds.
Seul le bracelet ne m'apporte pas ( pas encore ? ) d'information sur elle. Tous les autres sont parfaits et dresse son portrait mieux qu'une longue description. Pour cette raison je ne trouvais pas utile de dire qu'elle est une brute, ou qu'elle est mal fagotée, car chaque détails, justement, m'a permis de le comprendre, de me la représenter ainsi. Et ça c'est hachement plus fort ;)."

Le texte en amont (1er ours est d'ailleurs à relire. Plus dur que celui-ci. ce pierre s'y dévoile moins sympathique, un peu goujat puis il se radoucit (" Inutile d'être méchant sans savoir : elle aurait plutôt un genre vivant, attendrissant même..."
Chiara a raison, ces lanières c'est une sacrée trouvaille ! ("Elle n'a encore pas rattaché les lanières qui lui battent les chevilles ; elles sont bien faites, ses chevilles, tiens : puissantes, pas trop, on voit le délié qui suffit. Ça n’a pas manqué de reclaquer derrière elle... Quelle brute…").
A la fin, il pense comme un ours mal embouché : " C'était si bien, cette tranquillité mal réveillée. Mieux vaut maintenant la grosse ; pourquoi la grosse ? Cela ne lui va aucunement. Sincèrement, elle ne l'est guère ; ce sont des airs qu'elle se donne. Se mettre à des pudeurs de langage, non pas d’expression, de pensée pour une taupe qui se donne juste la peine d’exister... Peut-être elle est maquée, va savoir... Peut-être que non ; elle a l'air de s'en foutre. Plus exactement, ce n'est pas une question qu'elle suggère."
C'est chouette ces pages. La suite m'intrigue mais Sergio sait-il déjà ce qu'il va écrire ? Hésite-t-il entre plusieurs possibilités ?

Écrit par : christiane | 31/12/2017

sait-il déjà ce qu'il va écrire ? Hésite-t-il entre plusieurs possibilités ?
Écrit par : christiane | 31/12/2017

C'est le problème... Toujours à l'aveugle ! Je crois qu'il y a quelques auteurs qui travaillent comme cela ; peu nombreux ? Il m'arrivait quand même d'avoir une idée de dernier moment, me faisant changer de direction ; c''était la révolution ! Bon enfin je suis quand même arrivé à trois cent pages à l'aveugle ; mais c'est qu'aussi, pour parler crûment, il ne se passe guère grand-chose. Les fameuses charpentes idéales, selon lesquelles le récit (s'il y a quelque chose à réciter) s'écoule de toiture en toiture... J'aimerais bien, mais difficile de m'astreindre à concocter un scénario un peu plus précis que de simples généralités. Ce que j'aurais recherché, au début, c'était la simple écriture sur un scénario d'autrui, comme on fait par exemple en bande dessinée. Et puis voilà, un jour je me suis lancé comme un âne...


La lanière qui traîne, je l'aime bien, mais il me semble l'avoir à la longue pas mal surexploitée ; cela risque de lasser, de faire lourd : il serait très bon que l'on me le dise, lorsque ce sera vraiment patent. D'un autre côté ce peut être comme un symbole, une sorte de pilier du "récit". C'est un peu mon monde, après tout. Enfin l'on verra bien...

Écrit par : Sergio | 31/12/2017

Bon, j'ai tout fait sauter, je recommence ! Ce jardin, cette maison d'hôte fastueuse et complexe comme un dédale. un homme attiré par une femme un peu inaccessible. Une méditation dans une atmosphère étrange fracturée par la présence d'une autre jeune femme impertinente, un peu débraillée, rondelette (ce qui entraine le narrateur sur une pente où la galanterie de la pensée n'est guère présente).
Ce n'est pas une autobiographie : chic ! Le réel entre dans le récit et nous happe bien qu'il ne se passe que des glissements entre café, cuisine, cigarillos, espadrille délacée.Tout semble en attente dans cette atmosphère ouatée d'un réveil difficile, dans un lieu non familier. Le récit boite délicieusement autour d'un non-advenu, une attente. "Un livre sur rien, un livre sans attache extérieure" aurait pensé Flaubert. Un texte qui est sa propre aventure... Quelle chance d'assister à cela. Merci, Sergio.

Écrit par : christiane | 31/12/2017

Mais... Voilà qui ferait une essellente quatrième de couverture !

Écrit par : Sergio | 31/12/2017

"Le récit boite délicieusement autour d'un non-advenu, une attente..."

Rohhh moi aussi j'aime beaucoup cette présentation de Christiane.

"Toujours à l'aveugle !"

Si nous n'avions ici , déjà, largement discuté avec Dame Veuve Cliquot ( faire suivre chez Sergio pour la caisse de remerciement ) je vous parlerais de ces écrivains qui avouèrent ne pas savoir où ils allaient en commençant un récit. Parmi lesquels Carver qui en fut honteux jusqu'à ce qu'il découvre que Flannery O'Connor faisait de même.

Alors heureux réveillon à tous.

Écrit par : chiara | 31/12/2017

Bon réveillon les réveillonneurs tertous... Mais filez pas dans le lac comme Распутин !

Écrit par : Sergio | 31/12/2017

Idem, les amis pour franchir une année en douze coups de carillon !

Écrit par : christiane | 31/12/2017

Meilleurs vœux à Widerganger, JC, Evidence et Pablo75 !

Écrit par : | 01/01/2018 | 01/01/2018


…des veux, les guéparts,!…

…comme tout les vandales, même sans côtes à l’Adam,!…ou autres juifs de nouvelle an ( widerganger ),!…of course,!… a la Sergio de noel,!…

…circulez, circulez,!…avec, nos A.D.N.,…conforment,…ou voyez ailleurs, à nous mettre vos formes aux culs,!…
…la rétrospective,…
…l'an deux-milles dix huit,…et sonnez, le glas, de la paix – romaine,!…

…à la trahison des élites, la terreur continue,!…Ah,!Ah,!…etc,!…

…en, plus, je préfère jamais, à toujours,…
…depuis, que je lis,vos commentaires débiles,…ces juifs, pauvres cons,…financiers et ou médecins déjà,!…en acupunctures et bondages tout court,!…bon baisés de Belgique,!…
…Ah,!Ah,!…Go,!…

Écrit par : Jean Saint'Ange | 01/01/2018

Zaire goutte !

Écrit par : Sergio | 01/01/2018

Il faudrait en finir une bonne fois pour toutes avec cette odieuse hypocrisie des voeux du nouvel an. Personnellement, je souhaite exclusivement mes voeux de bonne santé le 1er janvier à tous les gonzes que je connais qui ont une gastro ou une crise de foie. Ils s'en rappelleront quand ils iront mieux. Si personne n'est malade à quoi bon être heureux d'être en bonne santé ? Ce trop-plein de voeux inutiles est une véritable gabegie. Pensons-y !

Écrit par : tristan | 01/01/2018

Bien, tristan, nous ne te souhaitons rien.

Écrit par : iseult | 01/01/2018

a pu personne ?

Écrit par : toutéfoutu | 03/01/2018

Sergio, effacez ce cinglé s’il vous plaît ! J’ai quand même le droit de poster des commentaires sans être harcelé par ce fou à lier ! Effacez-le ! sinon je continue à lui répliquer ! Il devrait y avoir des lois contre le harcèlement sur les blogs. Effacez-le, sinon je fais pipi par terre et je me roule dedans avec Christiane !

Écrit par : Videur gangrène | 03/01/2018

VENI, VIDI, VESSIE

"a pu personne ?" Écrit par : toutéfoutu
Un seul urêtre vous manque et tout est ...

"Effacez-le, sinon je fais pipi par terre..." Écrit par : Videur gangrène
Espérons que l'autre "cinglé" fera son méat coule pas avant l'irréparable.

Écrit par : tristan | 03/01/2018

Vous auriez dû le mettre hors d’état de nuire depuis longtemps, cette sinistre ordure qui fait chiller tout le monde ici avec ce harcèlement ! Nombreux sont ceux qui lui ont demandé d’arrêter en vain, vous le savez fort bien, Sergio ! Mettez-le hors d’état de nuire.

Écrit par : Videur gangrène | 03/01/2018

Je viens d'apprendre que Peter Härtling est mort en juillet dernier, le 10. Et dire qu’on en a pas parlé sur ce blog ! C’est tragique cette Europe de la culture, qui n’existe pas. Ses derniers livres ne sont pas traduits, ni d’anciens comme Der Wanderer, qui reste difficile à trouver en allemand. Mais j’aimerais bien le lire pour en donner une traduction fondamentale et définitive. Ça nous changera des âneries de harceleur de fosse à purin. Son Hölderlin date de 1976. Il y aurait encore tant à dire sur Hölderlin qui nous aiderait à comprendre notre époque. Mais évidemment c'est pas tristan qui nous expliquera. Effacez cette raclure, Sergio

Écrit par : Videur gang | 03/01/2018

Effacez tout, effacez tout !! Je sens que je fais une apoplexie ! Bande de sacs à merde ! Mon génie est trop puissant pour vous ! Retournez tous dans votre fosse à purin. L'expression vient de mes élèves de cinquième, bah oui bah oui, ils m'ont dit le blog de sergio est une fosse à purin, mes petits chéris. Faut vous y faire ! Comparer Marc Petit à Zadkine ! Votre christiane est une âne bâtée ! Je hais les femmes !

Écrit par : Vide gan | 03/01/2018

Et JJJ ! Tu vas me l'effacer en vitesse, ton JJJ !

Écrit par : V g | 03/01/2018

maman ! maman !

Écrit par : v g | 03/01/2018

maman ! maman !
un vrai remake de "chéri, j'ai rétréci les gosses !"

Écrit par : tristan | 03/01/2018

de quoi ?... j'ai encore de bois plein la goule, les yeux chassieux, et j'apprends maint'nant qu'on veut m'effacer ? Mais caisse qui s'est passé icite depuis une semaine ? J'arrive p'us à surnager...

Écrit par : Janssen J-J | 03/01/2018

JJJ l'imposteur qui passe son temps à harceler et à mentir. Le pervers narcissique du blog. Effacez, Sergio, libérez-moi de ce cinglé qui me harcèle depuis des années. Effacez, s’il vous plaît ! Que je puisse commenter sans être soumis instantanément à ces harcèlements. Je ne comprnds pas pourquoi vous ne l’avez pas fait plus tôt. Il s’agit bel et bien de harcèlement, vous devez en être conscient, me semble-t-il !

Écrit par : v g | 03/01/2018

Bonne année. Heureuse que ce cirque soit enfin terminé :)
D'ici l'année prochaine, profitons !

Écrit par : Ed | 03/01/2018

Bonne année.
Écrit par : Ed | 03/01/2018

Yes. De toutes manières il n'est pas mauvais que Passou réapparaisse de temps à autre, c'est un savant et autant en faire profiter...

Écrit par : Sergio | 03/01/2018

ouais je vois ce que vous voulez dire, en un sens, mais je suis pas d'accord, c'est tout, n'insistez pas. C'est du harcèlement, dirait le videur, et il a pas tout faux, dirait bouguereau, qui ajouterait : c'est son droit. Moi je dis simplement non. Et quand je dis non… vous m'avez compris.

Écrit par : un commentateur qu'on ferait bien de liquider sans attendre parce que, de l'avis de JJJ ou d'Ed comme du mien, il n'a rien à dire mais alors ce qui s'appelle rien. | 03/01/2018

C'est toujours amusant de remarquer comme les choses, ou les évènements se télescopent parfois.

Et donc, ce matin, j'écoutais une émission de radio sur R Carver, là :
https://www.youtube.com/watch?v=Fni_dVyrge4

Puis je lisais les commentaires de la rdl. Il y en a un, à 10h25 précises qui parle aussi de cela. Exactement. C'est pas rien ce que dit le 10h25. En fait ça m'interroge depuis longtemps, déjà.

Belle année à tous, zaussi.

Écrit par : chiara | 04/01/2018

Difficile de voir le rapport entre Carver et le 10h25 de bouguereau... (?)
Cela étant, ce que dit le 10h25 n'est pas rien, en effet. Je crois que c'est ce que nous pensons tous depuis longtemps.

Écrit par : personne | 04/01/2018

"nimporte qui parlant du temps qu’il fait fait montre de plus de pénétration..et a plus de chance de parler de littérature" (RdL à 10h25,today)
A se demander si Bouguereau ne vient pas de relire récemment "Les silences du Colonel Bramble".

Écrit par : tristan | 04/01/2018

Personne, il faut écouter l'émission, et le rapport est surtout celui de la réception de Carver par une certaine critique française et le pourquoi de cette réception. N'y prêtez pas plus d'attention, je pensais tout haut ;)

Écrit par : chiara | 04/01/2018

Je crois que c'est ce que nous pensons tous depuis longtemps.
Écrit par : personne | 04/01/2018

Certes ; néanmoins je crains bien qu'il n'y ait une maldonne d'envergure : le syndrome du docteur du Boulbon, i.e. un mal peut en cacher un autre, bien pire. Je m'esseplique. Il apparaît bien que ce WGG soit porteur de toutes les tares généralement dénoncées, genre bavardage, mythomanie, ignorance, affabulation. De ses posts on retire une impression de, comment dirais-je... d'un certain flottement. Adonc on le fustige pour cela. Seulement le grain de sable, c'est que le fustiger pour cela le rend précisément presque humain ! Bene castigat....

Et humain (comme LVDB, au reste), il est tout sauf cela ; et c'est un bien autre galop ! Beaucoup plus grave. Cela montre encore systématiquement le bout de l'oreille, et surtout il l'a établi "en grand" voici quelques mois, pêle-mêle invectives, insultes, et surtout hors de toute légalité. L'authentique faf, c'est lui. Il se veut israélite, mais ce n'est que pour ce que, Dieu soit loué, ce sont eux, les Israélites, qui sont 'du bon côté", par opposition aux Nazis s'entend. Pendant encore combien de temps ? Si le vent tourne, il tournera aussi, se fera Faf officiel. A Jérusalem, il construirait des camps de concentration pour exterminer les Arabes ; ou l'inverse, du moment qu'il construit des camps...

En un mot comme en cent, c'est un salopard et, surtout, un potentiel criminel ! Comme LVDB... On ne peut plus continuer à les fréquenter.

Écrit par : Sergio | 04/01/2018

Comment peux-tu prendre WGG au sérieux, Sergio ?
Bien sûr qu'il est infréquentable. J'ai cru comprendre, d'ailleurs, qu'il était très solitaire dans la vie. Personne ne le fréquente. Il est pathétique, c'est tout. Insupportable, sûrement, mais on n'est pas obligé de le supporter. Qui lit ses posts ou ses traductions en entier ?
S'il fallait prendre tous les commentateurs de la rdl au sérieux, alors on ne pourrait plus lire ni JC (insulteur, raciste, etc.) ni closer (réincarnation de Philippe Régnier), ni Delaporte (people et cul-bénit à la fois), ni D. (mage extraterrestre), etc., ni même bouguereau (monsieur je-suis-plus-intelligent-que-vous-tous-et-je-vous-encule). Le plus terrifiant, c'est Pablo75. Lui, il fait carrément peur.
Pour lvdb, je ne suis pas tout à fait d'accord. Elle est d'une méchanceté incroyable, mais qui me fait rire. Et je lis de tps en tps ses posts, parce qu'elle a parfois des choses à dire.
De toute façon, il y a longtemps que je ne vais plus à la rdl qu'en spectateur, notamment pour assister aux échanges de poisson pourri entre Chaloux et WGG. De vrais gamins. Qui ont un point commun : ils essaient d'exister, par pseudo interposé. Ils doivent avoir une vie très frustrante.

Écrit par : | 04/01/2018 | 04/01/2018

Merci, Chiara,
j'écoute l'émission. Alain Veinstein. Son micro rend le lointain si proche... des morceaux de silence pour laisser naître le dialogue avec ses invités. Une belle radio... Le courant passe et les nouvelles de Raymond Carver sont là. Votre question est importante : comment étaient (sont) reçus ses livres en France ? Il écrivait faute de mieux et c'était magnifique, clair. Une parole nue.
Beaucoup aimé "Les vitamines du bonheur". Quelle poisse ces vies-là. Années 70 en Amérique... années 2000 en France. Hommes et femmes dans l'ordinaire de vies sans rêves qui deviennent passionnantes grâce à l'écriture de Carver
Sur la RDL, c'est le temps des éditeurs qui nous quittent et pas les moindres....

Écrit par : christiane | 04/01/2018

Non mais vous avez fini de me balader sur la rdl ?! je ne veux pas écrire sur la rdl non mais. Merci de ne pas recommencer*.

Mais j'ai aussi beaucoup vagabonder Christiane, alors pour aller au plus court, le Boug écrit c'est "la technique qui vous rassure. " Et ça ça m'intéresse drôlement.
Bon, le jour où je serai capable de vous expliciter tout cela, je reviens vers vous ;).

*ps : il n'y a aucune colère dans cette phrase Christiane, c'est juste que je suis bien ici, et n'ai rien à faire là-bas. A lire avec le sourire donc ;).

Écrit par : chiara | 04/01/2018

Oui, Chiara, je comprends mais c'était une telle joie d'exporter votre belle émission là-bas et de mettre Bouguereau en valeur (car il se risque souvent sur le ton de la plaisanterie à exprimer des jugements redoutables.) Bien sûr que sa phrase : "c'est la technique qui vous rassure." est importante et il est vrai qu'A.Veinstein (dont je ratais rarement "Surpris par la nuit" ou "Du Jour au lendemain"), par ce dialogue, ces commentaires et les lectures choisies nous fait approcher Raymond Carver en vérité. Il y a un son à la radio qui m'accroche.

Écrit par : christiane | 04/01/2018

"la technique qui vous rassure. "
Écrit par : chiara | 04/01/2018


Pour illustrer le fait que WGG abuserait de son statut professoral ? Mais c'est un des rares travers dans lesquels, justement, il ne tombe pas...

Écrit par : Sergio | 04/01/2018

Non, il ne parle pas de Wgg Sergio, si tu relis le message.

Je me souviens d'un monsieur qui avait calculé en pourcentage l'utilisation du noir par Pollock sur ses toiles, ça tournait autour de 20 %. C'est épatant.

Écrit par : chiara | 04/01/2018

c'est pas comme à la télé, un seul épisode au feuilleton, pauvre Benoit, vous ferez faillite!

Écrit par : béré | 04/01/2018

Balade nocturne sur le blog à Sergio...
J'écrirais comme Chiara "les choses, ou les évènements se télescopent parfois."...

"Il me semble que cette espèce de bourdonnement du vocabulaire qui est dans notre espace mental, il s’agit de lui… il s’agit de faire pleuvoir des mots. (...) Ensuite cette chute qu’on a recueillie sur le papier peut se travailler, mais elle est donnée en quelque sorte. »

"Bernard Noël, du jour au lendemain, entretiens avec Alain Veinstein" (L’Amourier)

Écrit par : christiane | 05/01/2018

Bonjour, il est 9h du mat' je suis couverte de toiles d'araignées, les pieds dans la gadoue du jardin, et debout à cette heure matinale pour gérer les techniciens et chauffagistes qui travaillent dans la chaufferie. Fini pour ma vie salement privée, si matin. Je suis déphasée et ne comprends plus rien à l'histoire de la miss potelée, qui a une bien belle cuisine ...
Si j'ai le temps, je lirai son histoire et vos comm. Un travail herculéen pour nettoyer mes écuries d'Augias; je repars en début de semaine; je souhaite que vous ayez bien digéré toutes les cuistances des réveillons et que 2018 vous apporte de multiples joyeusetés, à tous, et à Sergio tout particulièrement. Je n'ai pas ouvert un livre depuis un mois..Olga

Écrit par : olga | 05/01/2018

Êtes-vous potelée, Olga ?.

Écrit par : P comme Paris | 05/01/2018

Pour une grâce évanescente : bravo.

Écrit par : P comme Paris | 05/01/2018

Une lecture tâcheronne d’Alan Moore… (par JANSSEN J-J)

Il faut bien dire que j’en ai vraiment eu ras le bol de lire que JERUSALEM était un roman absolument irrésumable. Pour le moment, nous n’avons pu lire en français que l’époustouflant travail de traduction de Claro « le clarifiant », chapitre après chapitre, sur son propre blog… Mais de lecture besogneuse par un lecteur lambda, point encore, ce me semble. Alors, voici la mienne, de lecture, très scolaire, désolé…, et je vous la balance sans souci de style et pour autant que j’aie pu la pénétrer…, si vous voulez mieux savoir de quoi il retourne. Des faits, et pas encore d’analyse générale, donc… C’est l’histoire d’un quartier de 1km2 de la ville de Northampton, située à 100 km au nord de Londres, disséquée dans toutes ses dimensions par un gentil doux dingue, d’une érudition et d’une rationalité à vous couper le souffle. Lieux et personnages s’entremêlent, existant et ayant existé, réels et imaginaires, pour peu qu’ils aient entretenu peu ou prou quelque lien historique avec cette ville, objet d’un « fait social total ». Je dirai plus tard, si le blog à Sergio est intéressé, tout ce qui a pu me balayer la conscience lors de cette traversée douloureuse du mois de décembre 2017 qui restera gravé dans les annales de mes lectures gratuites les plus émerveillées… Mais pour l’instant, je n’ai pas encore la distance nécessaire et suffisante. Et il me faut d’abord rapporter des faits jusqu’à des détails et de petits commentaires perso en italiques, à celzéceux qui auront la patience de les lire. Alors, allons voir si la rose !…

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1er livre (Les Boroughs) - Une artiste peintre hallucinée pas mal shootée, Alma Warren, veut aider son frère cadet Mikael (Mick) à représenter les fantômes qui hantent sa conscience pour l’en débarrasser (en 2005), et organiser un an plus tard un vernissage de son œuvre dans le quartier, il aura lieu en mars 2006. – Un restaurateur de fresques juché sur un échafaudage au sommet de la cathédrale St Paul de Londres devient fou, après avoir été interpellé et sermonné par un ange dont il restaurait les ailes (nous sommes au milieu du 19e s.) – Une petite pute traine-misère délurée d’aujourd’hui, Marla, rêve de Lady Di et de Jack L’Eventreur. L’auteur nous invite ensuite à nous accrocher à l’escalier de Jacob (à défaut de la fameuse échelle biblique) pour pouvoir monter avec des angles (anges) dans l’antichambre de l’En-haut, dans une maison précise du quartier de la ville où vécurent les familles Vernhall et Warren. Puis nous voilà propulsés un millénaire plus tôt, en l’an 810, année de fondation de la ville de Hampton (du Nord) par un moine ayant rapporté de Palestine, après moultes péripéties, une croix qu’un ordre de dieu lui aurait demandé de déposer au centre du pays. Ainsi aurait été fondé le mythe d’une nouvelle Jérusalem en Angel-terre, tel un nouvel ombilic des limbes. Un millénaire et quelques années plus tard, au début du 20e, on fait connaissance avec un acteur de music-hall, Sir Francis Drake, dont l’allure ressemble à s’y méprendre à celle du Charlot des Temps modernes, une espèce de dérangé dont le surnom tient de l’orge et de l’avoine. Là, on a droit à une première leçon de socio de l’auteur pas gêné, sur le déterminisme des destinées. Alors que ce baladin s’apprête à aller faire carrière en Amérique, en réciprocité, il nous balance un chiffonnier, Black Charley, descendant d’esclaves de l’Alabama, échoué dans le quartier avec son vieux vélo aux roues faites en cordes qui devrait pas mal intriguer l’Amayerling. Un gars qui, avec des airs de Mahalia Jackson dans la tête, apprend, stupéfait, que le Révérend Newton, compositeur blanc de renversants gospels avant l’heure, fut lui-même enchainé dans sa jeunesse à même une galère avant de devenir à son tour négrier, marchand d’esclaves. Une déambulation d’une journée nous est offerte dans la foulée, en compagnie de Benedict Perrit, en 2005, un poète ivrogne qui se fait payer à boire de troquet en troquet, toute la sainte journée comme un Verlaine qui vendrait de mauvais verre pour sa petite absinthe. On se demande s’il n’y aurait pas là un gros clin d’œil jeté à la mémorable journée du Léopold de 1904, chez un Bloom passablement soulographié… On assiste ensuite à un accouchement (dans un caniveau) devant une foule de badauds, à la fin du 19e. Scène traumatique capitale : Snowy Vernhall, le père de l’accouchée, en observant la scène juché sur un toit, laisse vivre cette enfant, May, pas destinée… C’est un petit bébé d’une ensorcelante beauté, dont ses parents prolétaires sont bien décidés à faire une petite reine. Mais l’enfant meurt subitement d’une diphtérie à l’âge de 18 mois. La mère accablée parle à la sage femme de l’absurdité du monde, et pour sortir de son malheur, accepte que lui soient enseignés tous les secrets de la mise au monde des enfants. Elle n’imagine pas que Mrs Briggs, la ‘matronne’, sage femme et sorcière chamane, détient également le pouvoir d’accompagner les morts dans l’en-Haut pour les rassurer, voire en ramener certains à la vie, malgré les dangers de l’entreprise. Après la 2e Guerre mondiale, les descendants de la famille Vernhall (du couple timide Tom et Doreen), attendent l’arrivée de leurs premiers enfants, Alma puis Mickael. Ils vivent entassés dans l’inconfort de l’exigüité des logements d’après-guerre avec la fratrie élargie de leurs belles familles respectives. En 2005, Mick, 49 ans, subit un accident du travail défigurant dans l’usine chimique où il gagne sa vie d’ouvrier. Cet accident est l’occasion d’un long arrêt sur image en feed-back sur un autre traumatisme du même, survenu à l’âge de 3 ans en 1959 : une petite mort liée à une asphyxie accidentelle causée par un bonbon resté coincé dans sa trachée. On a fait, entre temps, mieux connaissance avec l’aplomb de sa sœur Alma qui fait « tenir » sa douleur à sa mère en lui racontant des histoires à dormir debout sur les voyages de son frère dans l’au-delà (les animaux verts). Le début d’un basculement collectif dans un long voyage de la folie, hors des deux et trois dimensions, dans la mesure où chaque personnage du roman en porte en lui un peu la marque…
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2e livre (Mansoul) – Préparons-nous à nous embarquer dans la 4e dimension de l’espace-temps dans le Mansoul (le Monde d’En-Haut de la ville également constitué par la sédimentation des rêves entassés des gens d’en-bas), en suivant l’âme errante du petit Mick, 3 ans, vêtu d’un pyjama, tel qu’il commença à quitter le monde terrestre après son asphyxie. Il plane dans la maison de ses parents, passe au dessus des toits de la rue dans une vision déformée par les miroirs de la mort, emmené par une petite peste insupportable, Phyllis Painter, jusqu’au redoutable diable Asmodée, le 32e angle déchu, le plus méchamment faustien qui soit. Il s’en suit un pacte nécessaire : l’enfant a le droit d’obtenir de Sam’O’Day toutes les réponses aux questions, y compris métaphysiques, qu’il se pose -des plus naïves étant évidemment aux plus embarrassantes-, à condition de s’engager lui-même, au bout du périple avec le diable, à aller tuer celui qui lui sera désigné parmi les vivants. On assiste alors à la naissance du monde, à l’histoire de Salomon au cœur de Jérusalem-Northampton, aux agaceries du môme qui s’enhardit à poser des questions savamment dilatoires au diable et à exiger des réponses tandis que, de son côté, la matrone chamane s’active avec le gang des enfants morts pour empêcher l’accomplissement du pacte et à faire revenir l’enfant à la vie avant que la cible du meurtre ne lui soit même révélé. De cette épopée initiatique postée dans l’au-delà, on assiste aux différents états mentaux d’un travailleur social municipal parcourant la ville en tous sens (un bout de biographie piégée d’A. Moore lui-même ?), nous montrant d’une manière extrêmement méticuleuse les différentes étapes historiques de la déchéance urbaine des Boroughs, liée aux effets ravageurs des politiques ultralibérales de M. Thatcher jusqu’à celles de T. Blair. Le petit Mick a vite été intégré au gang des Enfantômes (ah ! Enid Blyton et Lewis Carroll réunis, fallait quand même oser !) emmené par la chèfe de bande, Phyllis, la fille au célèbre collier des peaux de lapins puantes (lapin-conin-fille), avec la complicité desquels il réussira à s’échapper du monde des morts et des griffes du diable, jusqu’à l’anéantissement de ce dernier par la sage matrone Mrs Briggs. Une occasion de visiter (à la manière d’un célèbre passage du Maitre et de Marguerite à qui il n’est étonnamment jamais fait allusion) la « maison mémoire » ethnographique des Painter dans les années 1920. Ce 2e livre raconte successivement les vies antérieures de chacun des enfants aux personnalités différentes quoique toutes bien trempées. Ils sont évidemment tous fascinés par le besoin de s’approcher de l’En-Bas par la « jointure fantôme » du puits écarlate, qui conduit de la mort à la vie à laquelle ils savent devoir abandonner le petit Mick. L’histoire de Reggie, l’un du club des 5 Enfantômes, nous permet de saisir le moment où il assista à la découverte de la 4e dimension (Flatland) par Abbott et Hinton vers 1880, bien avant la découverte de la relativité restreinte par le grand Albert (Un remarquable cours sur la genèse de la physique quantique de notre niveau, entre nous). On accompagne ensuite leurs aventures jusqu’aux causes exactes de la rixe qui occasionna la disparition de l’âme de Mick en 1959 dans la salle de jeu des Trillards où s’affrontaient les Angles maîtres architectes de la création du monde ‘au dessus du Mansoul. L’objet de la querelle dont l’enfant fit les frais tenait apparemment au désaccord sur le sens à donner aux trajectoires de vie des êtres humains à partir des quatre forces représentées par les esprits bâtisseurs Gabriel, Uriel, Michaël et Raphaël : le château pour l’autorité ; la tête de mort pour la sévérité ; la croix pour la compassion ; le phallus pour l’innovation (voir schéma sur la 1ère de couv). Avec Beau John, le plus pacifique de la bande, tué dans un attentat terroriste kamikaze, on creuse dans la galerie des couches noires et blanches du temps journalier de la nuit et du jour, en remontant jusqu’en 1640. A la veille de la première révolution anglaise où Charles 1er va bientôt être exécuté, et où Cromwell se prépare à asseoir ce qui deviendra sa «dictature ». Pour l’instant, tous les enfants lisent par-dessus l‘épaule de ce dernier la lettre qu’il est en train d’écrire à son épouse avant d’aller se coucher, confiant dans la rude journée du lendemain (un moment magique de l’histoire anglaise intitulé « des épées qui ne dorment jamais », à mes yeux l’un des plus beaux passages du livre). Puis, on avance vers 1670, lors du grand incendie de Northampton violemment alimenté par les fantômes de deux salamandres enragées. La violence s’apaise progressivement et l’on retourne dans la vie de Mick, en suivant son regard sur les carreaux de la cuisine du révérend Doodrigde, de sa femme et de ses enfants, carreaux sur lesquels il croit lire sa propre histoire à venir, en mangeant avec ses potes, des gâteaux fées. Après quoi, Marjorie, l’Enfantôme binoclarde et intello de la troupe leur expose toute une théorie sur la morphologie sociale du Mansoul. Elle témoigne par ailleurs de la prescience de la longévité des arbres, et se fait le témoin historique de la comédie humaine de la ville. Elle rapporte surtout les circonstances de sa propre noyade au sein de la rivière Nene, une sorcière qui acheva de l’engloutir, et elle embarque les enfants dans une traversée dans l’empilement de tous les asiles d’aliénés que connut la ville depuis son origine, jusqu’à cet établissement où elle fit la connaissance de Lucia Joyce, la fille internée du célèbre écrivain irlandais. Quant à Bill, le petit frère de Phyllis, esprit plus scientifique, il se pose pas mal de questions liées à l’espace-temps dans lequel Mick est censé ressusciter au seuil du grand broyeur d’ordures. Il se demande comment lui-même devra se souvenir de son séjour parmi le gang des Enfantômes, tout en oubliant le monde d’en-haut, pour pouvoir raconter son séjour à sa sœur Alma. Car bien évidemment, l’enjeu consiste surtout à ne pas pouvoir influer sur son futur accident de travail de 2005, afin de l’éviter. Entre temps, le petit gang parvient à venger le viol de la petite Marla, en faisant appel au copain de Tom Hall, Freddy Allen, un colosse poète convaincu d’aller foutre une bonne raclée au sale gourdiflot. Le 2e livre s’achève par le retour de Mick vivant sur le « Trillard » (billard) de l’hôpital ou il fut sauvé, et sur les adieux des Enfantômes repartis sur le dos de la mamie dromadaire, après une ultime vision dantesque du grand engloutisseur des vies trépassées, l’effrayant Destructeur incarné par cette grande cheminée absorbant petit à petit tous les vestiges vivants d’une ville. (Une scène que n’aurait pas dédaignée un Antoine Volodine dans un de ses romans post exotiques).
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3e livre (L’enquête Vernhall). L’auteur bâtisseur adresse en exergue aux lecteurs une espèce de mercuriale pour lui signifier qu’il n’est là que pour démolir toutes ses certitudes et ses espoirs, de sorte à toujours le faire s’écrouler dans les zones les plus insalubres (whoomff). « Je veux bien vous résumer tout ce que vous avez déjà rencontré, mais ne vous y accrochez pas, relisez cent fois, ce sera toujours pour vous une nouveauté, vous n’épuiserez jamais définitivement le contenu ». Observons par exemple de bon matin la vie mouvementée d’Alma l’artiste quelques années avant son expo. Elle est addict à un irrésistible besoin de fumer des pétards du matin au soir, et fait pour cela un constant appel à des tonnes de papiers Rizla (croix) (du Job non gommé, aurais-je traduit). Et c’est à partir de là que survient la prouesse du bon Claro le traducteur qui nous bat la campagne…. (Je vous en préviens : lisez les 40 pages à haute et dyslexique voix sans quoi vous manquerez tout le sel de cet éblouissant passage). Il s’agit d’une idylle champêtre des plus chaudes entre deux hilarantes illettrées de la fore-nikation, Lucia (Joyce), la folle de l’asile psychiatrique et de sa copine Dostie Springfield (les deux salamandres en feu ?) dans les années 1940 que Finegans Wake guérira peut-être ( ?). Mais l’auteur reste évasif sachant que JJ meurt en 1941 sans avoir jamais réussi à sortir sa sœur de l’enfer de la folie où elle fut précipitée à la suite du traumatisme lié au viol incestueux qu’elle aurait subi à l’âge de 16-17 ans. – Un parallèle est établi à ce sujet avec l’anarchiste gay Roman Thompson luttant dans les années 80-90 contre la spéculation financière de l’époque avec l’épisode de la reprise en main par Isaac Newton des finances du royaume au milieu du 18e… (Une fois de plus, un fameux cours d’économie monétaire anglaise chez l’auteur !). On passe ensuite à un tableau sociologique de l’industrialisation urbaine déliquescente de Northampton durant les années 2000, analysé par un copain quadra d’Alma, qui mentionne l’implication de Charles Taylor dans le coup d’Etat en Sierra Leone (là, j’avoue avoir un peu décroché) jusqu’à son procès au TPI de La Haye en 2002. C’est un urbaniste délirant évoquant, lors de l’exposition d’Alma en 2006, le souvenir des ses amis morts du sida, Eddie dans son taxi en 1996… - Sur les marches de la cathédrale d’All Saint, se joue une pièce de théâtre classique qui met en relief une scène conjugale, les parents d’Audrey Joyce qui, après l’avoir fait interner, vivent un éprouvant moment de vérité sur le viol répétitif dont leur gamine fut victime à 10 ans, commis père avec la complicité de la mère. L’aveu en arrive péniblement au milieu des fantômes de Thomas Beckett l’ancien évêque londonien, de celui de Clare (Bunyan ? Byron ?) et de Samuel Beckett, l’ami de la fille Joyce à qui ce dernier rendit fréquemment visite dans son asile… Leurs confidences collectives tournent autour de l’importance de l’âge du consentement au sexe incestueux ou autre de la part des filles avec des barbons, par delà les époques passées et futures, la relativisation du problème (pédophilique ?) venant de la petite métisse enfin sauvée, amenée à s’exprimer à ce sujet au milieu du 21e siècle. Quant au vieux Snowy qui achève le cycle de son éternité, il transporte sur ses épaules la petite May, morte à 18 mois, préfigurant le passage de l’éternité à venir. Ils explorent ensemble dans une sorte d’enchantement émotionnel commun, la fin de l’espace temps, le vieux papé comprenant que le bing crunch pourrait bien agir sur lui comme une sorte de régression intra utérine (mais là…, je commence à me demander si je fais pas des interprétations sauvages, des fleurs plein la bouche –bref, un autre chapitre magnifique). Et la petite May dit à Snowy : « nous sommes revenus de Jérusalem où nous avons trouvé ce que nous ne cherchions pas). On s’approche du dénouement, le jour du vernissage, et pour le préparer, Alma engage un détective du coin, un dur à cuir, pour l’aider à l’interpréter avec la contribution de William Blake. Le très peu cultivé Studs découvre alors dans les archives de la bibliothèque et sur les lieux même de la ville la figure de James Hervey, tenu pour le véritable père de la littérature gothique anglaise. Ce qui donne à nouveau à l’auteur une merveilleuse occasion de manifester sa très grande érudition en histoire littéraire anglaise. Au pub dit Jolly Smokers, se déploie en alexandrins très classiques (une nouvelle prouesse de Claro) un vaste poème mettant en scène un jeune poète local SDF, rescapé des ombres lui aussi, à qui un voyeur oblige à tailler une pipe au gros Kenny s’il veut pouvoir manger à sa faim. Dans un film en noir et blanc puis en couleurs, la conscience retournée dans l’En-Bas de Mick Warren s’agite au ralenti au pied de la volée de Jacob, accompagné par Audrey Joyce. Il reprend ses esprits de terrien vivant. Les démons rôdent toujours mais sont désormais sans prise sur la réfraction de leur conscience, analogue à celle du célèbre tsunami… Happy end : Dez Warner est rossé pour le viol de la petite Marla. Quant à la famille Spencer, nous apprenons tout sur des éléments encore manquants de la généalogie de sa famille, à l’aube de la mort de Lady Di sous le pont de l’Alma… Sam’O’Day a décidément perdu une partie qu’a gagnée Freddy, et Mick peut enfin aller visiter l’exposition de sa sœur, comme il s’y apprêtait dans le prélude du livre en progression et dilatation constantes…

Le bon Alan Moore, qui a lui-même réussi à vaincre le démoniaque Asmodée qui voulait assurément l’exterminer, comme pris de pitié pour son lecteur, lui prend alors une dernière fois la main dans le calme et la sérénité retrouvés. Le postlude synthétise les 35 chapitres du livre en autant de tableaux symboliques représentant les différents états d’âme et de conscience ante et post mortem de Mick le naïf sous des traits peu flatteurs à ses yeux trop peu portés aux fantasmes artistiques de sa folle de sœur. Le roman prend fin sur l’incendie volontaire de la maquette du quartier de la ville objet du roman, dont l’artiste estime qu’il ne vaut pas tripette et ne demande alors qu’à finir dans les flammes. Et les deux vieilles commères du quartier invitées au vernissage se gaussent de toute cette bande de cinglés ... « comme si tout ce qui se passait se déroulait dans la scène d’un théâtre, un dernier acte connu et répété ligne à ligne, nuit après nuit : la vie est le rêve récurrent que font les morts » (p. 1079)…

Écrit par : Janssen J-J | 05/01/2018

Bé... Hon aurait pu le mettre en billet !

Écrit par : Sergio | 05/01/2018

Finnegans Wake


On l'attendait venir... [C'est Finnegans, parce que "Fin negans", qui refuse la fin...]

Écrit par : Sergio | 05/01/2018

Oui mais non, je peux pas dévoiler mon email réel, trop compromettant. Et puis, cela aurait peut-être créé un dangereux précédent sur l'Amayerling, Sergio. Merci pour m'avoir laissé de la place, cela m'a fait trop plaisir.. Il n'y avait pas de fin attendue, en effet, James !

Écrit par : Janssen J-J | 06/01/2018

Si les souvenirs sont bons,
le dernier mec qui à traduit "Finnegans Wake",
en français
dans les années 80',
était au tiers aveugle.

J"espère que la version braille en irlandais correspond.

Écrit par : P comme Paris | 06/01/2018

Si la question est : voulez-vous en savoir plus ? la réponse est oui, sans hésiter.
Si la seconde question est : pourquoi ne vous précipitez-vous pas ? La réponse est parce que je me méfie de la complexité, ( voire d'une trop grande complexité pour ma cervelle de zozio, et du plaisir procuré par la complexité pour elle-même quand j'admire la simplicité percutante ).
Je lirai donc très volontiers vos impressions, même en longueur, n'ayez pas peur, lâchez tout !
Et merci pour ce résumé impressionnant.

Écrit par : chiara | 06/01/2018

Merci, JJJ.
Quelle aventure ! Bravo pour la tentative de réduire en trois époques les 1265 pages du roman.
Donc dans sa ville natale, ce quartier ouvrier où il est né, a grandi, vit encore, les Boroughs, à Northampton en Angleterre.
Biographie dissoute dans cette quarantaine de personnages que vous nous présentez ? Il semble donner de la voix aux délaissés qu'il y a côtoyés mais je me perds entre personnages réels et ceux nés de son imagination délirante, entre les différentes époques du roman, entre ces sagas familiales et ce lieu juste en-dessous d'un monde parallèle, digne de Dante. Un vrai labyrinthe !
Qu'est-ce qui fait lien entre tous ces personnages ? quelle est la transversale du roman ? Comment Claro a-t-il résolu les différents niveaux de langue qui semblent s'y retrouver ? quel était le projet littéraire d'Alan Moore en se lançant dans cette écriture monumentale ?

Écrit par : christiane | 06/01/2018

Un entretien avec Alan Moore :
"C’est un livre inhabituel. Je suis parti de six idées différentes pour des livres qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres. D’abord, je souhaitais écrire un livre sur ma ville de Northampton, qui l’explore de manière plus profonde que mon roman précédent, la Voix du Feu [publié en 2008 chez Calmann-Levy, ndlr] que j’aime énormément mais qui me semblait manquer un peu d’intensité. Je souhaitais également écrire un livre pour enfants, mais le bruit provoqué par la série Harry Potter et toutes les manigances marketing autour de la littérature «young adult» m’en ont dissuadé. Je souhaitais exploiter de manière littéraire la théorie d’Einstein de l’univers-bloc et du principe d’éternalisme, parce que j’en avais eu l’intuition au point de croire les avoir inventés moi-même. Ensuite, je voulais exploiter quelques-unes des incroyables histoires liées à celle de ma famille, qui me paraissent monumentales en échelle et que je souhaite inscrire dans le marbre pour l’éternité. J’ai fini par me dire que je pouvais peut-être rassembler toutes ces idées dans le même livre. Je savais qu’il serait très long et très étrange. Je savais aussi que la très grande majorité des choses qui s’y trouverait seraient vraies. C’est le cas."

Le reste ici :
http://next.liberation.fr/livres/2017/11/25/un-entretien-avec-alan-moore-jerusalem-est-le-seul-roman-qui-promet-l-immortalite-a-ses-lecteurs_1611726

Écrit par : Lucy | 06/01/2018

Merci Lucy, pour cet éclairage supplémentaire.
Si Sergio se lance dans la même aventure, Miss potelée n'a pas fini de hanter ce blog (1265 pages...)

Écrit par : christiane | 06/01/2018

"Oui mais non, je peux pas dévoiler mon email réel, trop compromettant." (JJJ)
Et moi qui vous imaginais avec un sourire éclatant...

Écrit par : tristan | 06/01/2018

(1265 pages...)
Écrit par : christiane | 06/01/2018

Le compte y est ! Outre Miss Potelée, il me reste trois chantiers, chacun d'un peu plus de trois cents pages...

Écrit par : Sergio | 06/01/2018

Chic, la prochaine page ne devrait pas tarder !

Écrit par : christiane | 06/01/2018

Je ne mets l'ours qu'une fois sur deux : ce n'est pas l'envie qui m'en manque, mais j'ai bien peur que pour le malheureux lecteur, cela passe de mauvais à indigeste !

Écrit par : Sergio | 06/01/2018

Alors, ce serait bien, dans un coin du blog de réunir tous les épisodes pour les lire de façon suivie...

Écrit par : christiane | 07/01/2018

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