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21/06/2016

Dedalus

On parle beaucoup d'Ulysses, moins de Finnegans, c'est curieux. Néanmoins avec Ulysses on commence à bien s'aventurer dans ce qui fait Joyce, et entre autres Passou, d'ailleurs c'est un peu la première fois que pour Joyce on rentre un brin dans les bouquins, relève la multiplicité des styles, au nombre de huit ; ce qui fait beaucoup, trop pour l'être humain qui ne peut guère dépasser les trois, quatre, momentanément cinq préoccupations, chantiers, activités simultanées. Deux, trois, cela peut être un tout, simplement qui se décompose, thèse antithèse et caetera ; huit c'est vraiment huit isolés, en rang d'oignons, cela sort de la construction, de l'éventuel schéma. C'est une juxtaposition, non une progression et encore moins une idée directrice.

 

Le grand mot, l'idée directrice, WGG insistait là-dessus. Il faut qu'une création corresponde à une raison d'être, ce qui n'empêche que l'on peut très bien s'en tirer avec du bruit blanc, on le fait assez en peinture. Parce qu'il n'y a pas que les styles, qui sont là en vrac, il y a les thèmes, les lieux etc. Un catalogue touristique, tel que l'on peut généraliser à plusieurs plans (dont le nombre des plans lui-même !) les remarques que l'on peut être amené à faire sur ce groupement de styles. Et justement, je crois que c'est Charles, relayé par Bérénice, qui d'une certaine manière le dénonçait : un ramassis ne fait pas une oeuvre, enfin c'est ce que j'extrapole.

 

Parce que l'on a envie, dans un bouquin, d'être quelques semaines, quelques jours, parfois quelques heures (!) dans un monde qui nous plaît assez pour continuer la lecture. On veut un machin qui se barre pas en brioche dès qu'on i souffle dessus, en gros on veut des repères, pas un puzzle qui tombe par terre. Donc sur le moment je voyais bien cette idée, pourfendre cette multiplicité en tout qui ne construit rien, qui ne fait rien avancer au contraire du Marcello ou de Ferdine, les deux autres supposés d'un éventuel trio canonique.

 

Mais ensuite réfléchissant, que finalement Joyce c'est comme un type du CNRS qui chercherait vraiment dans toutes les directions, ou alors comme Bouvard et Pécuchet, tiens, la lumière s'est faite dans l'oeuf de Colomb. Bien sûr il n'y a pas une belle carrosserie, un moteur au petit poil, il n'y a que du bric et du broc ; mais c'est la vie ! Il y a peut-être une volonté générale, cela on n'en sait rien, mais en réalité on ne fait qu'être au milieux de réseaux, que l'on peut essayer de différencier mais eux-mêmes toujours à la recherche d'une identité, de ce pas qui fait dire que cela c'est cela, autrement dit qui colle ces maudites étiquettes. Elles existent, l'identité existe, mais pour se déformer à une vitesse qui nous confond toujours.

 

Et alors ce n'est pas beau, comme par exemple le train de Стпелников, une image d'une demi-minute, non, c'est quelconque, ça prolifère, disparaît, c'est matriciel, mais matriciel infini, aussi !

17:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (67)

Commentaires

Il est beau ce billet, Sergio, et pose une question essentielle : le livre est-il lisible ?
James Joyce met la barre très haut dans Finnegans Wake mais ce n'est pas pour se moquer du lecteur. Il me semble qu'il explore les langues, les voix, l'Histoire.
Il avait un problème avec sa voix et a raté de peu la médaille d'or dans un concours de chant lyrique d'un très haut niveau. Pour lui lire et entendre un texte ce n'était pas la même chose. Il y avait un décalage. Je crois que cela a joué dans l'épreuve où il a échoué. Mais il faut être Beckett, Rabaté ou Vico (peut-être WGG) pour travailler les sens, la construction de ce livre. Une vraie tour de Babel !
J'ai essayé, j'ai renoncé. C'était trop obscur mais aussi douloureux comme un bègue qui ferait des efforts désespérés pour se faire comprendre et qui s'isolerait dans une solitude lui renvoyant sa voix comme celle d'un limonaire désaccordé.
Au début de ce livre monstrueux, il y a un homme mort qui revient à la vie, celui dune ballade irlandaise ressemblant à notre comptine : Il était un petit homme pirouette-cacahouète... Il est sou, tombe d'une échelle mais lui, meurt.
A lieu la veillée mortuaire (wake). Le bruit d'un bouchon qui saute le ramène à la vie. Il parait que Fin/negans c'est un mot français + un mot latin...
Après je me suis perdue dans les jeux de langue, les mots signifient souvent deux choses contradictoires. Le texte est un vrai chaos verbal... associant plusieurs dialectes et des mots inventés sur du vide (comment dites-vous ? S'en tirer avec du vide blanc. Pour moi c'est du vide noir d'encre, un épais langage impénétrable mais que je respecte).
André du Bouchet en a traduit des fragments et je crois qu'il a compris cette musique verbale. Je me souviens que la dernière phrase est inachevée avec trois points de suspension.
Je relis "Journal irlandais" d'H.Böll. C'est plus reposant et très émouvant.

Écrit par : christiane | 21/06/2016

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le livre est-il lisible ?
Écrit par : christiane | 21/06/2016

J'ai oublié d'en parler je voulais commencer par là !

Parce que, voulu ou non (et il semblait justement que oui dans le billet passovien), cet aspect de la question l'aridité de l'accès, occulte immédiatement les autres, c'est-à-dire ce que l'on retire d'un livre quel qu'il soit. Disons que Joyce n'a pas voulu être didactique, peut-être, même pour faciliter l'accès à sa thèse, attendu que précisément il n'y en a pas, de thèse, et que c'est justement cela l'objet de l'oeuvre. C'est une méta-maïeutique, une maïeutique de la maïeutique !

Le livre est-il lisible ? Cette haie de ronces d'une densité phénoménale est-elle franchissable ? Oui, il suffit de quelques moyens, assez peu, et de beaucoup de temps à y consacrer ; pas trop quand même sinon on oublie ce que l'on a déjà défriché.

Lorsqu'on se fadait en compo une quinzaine de lignes de Salluste, au début c'était tout noir ; pas un mot, pas un seul ! Donc Gaffiot, c'est comme un puzzle, avec des bonnes trouvailles et des mauvaises, qui viennent encore compliquer !

Ben Finnegans c'est pareil ; seulement le Gaffiot c'est une encyclopédie du monde de Joyce, avec d'incommensurables parties sur les chants et poèmes traditionnels au premier chef du Moyen-âge et irlandais, avec beaucoup de religion, de théologie, etc. Chaque mot est une plante qu'on déracine. Mais, convenablement éclairé, on est obligé de finir par comprendre...

Écrit par : Sergio | 21/06/2016

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Dans la mesure où la littérature n'est pour moi qu'un divertissement innocent parmi beaucoup d'autres, les livres chiants me tombent des mains rapidement, et je consacre mon temps à mieux faire .
Ce fut le cas pour quelques tentatives de lecture d'auteurs repoussants, à mon goût, dont ce pauvre JJ, auteur éprouvant, tout à fait illisible...
Y a pas que la lecture, nom de dieu !

Écrit par : JC..... 7h09 | 22/06/2016

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"Chaque mot est une plante qu'on déracine."
Comme c'est étrange, cette remarque (très belle). Elle rejoint cet échange hors du temps, hier au soir, sur la RDL avec WGG. Nous approchions, par le vide (qui n'est pas le rien) la présence-absence de Dieu. Cette racine qui s'accroche sur du vide et donne une sensation de vertige. Et voilà que cette racine réapparait dans votre langage dans la terre lourde des mots de JJ. Là aussi, un creux, puisque nous arrachons la racine (mot). Objet qui nous ouvre au réel et à l'impossible. Parole et système de parole. Les deux racines ouvrent à une origine plus lointaine. Le langage de JJ se dérobe, il se replie sur lui-même et il semble être le rire de Joyce.
Ainsi :
"Who ails tongue coddeau, aspace of dumbillsilly ?" qui semble destinée à un anglophone et qui pourrait signifier : "Qui a mal à la langue, espace d'idiot-muet ?" et qui, à l'oreille, s'entend comme, en français : " Où est ton cadeau, espèce d'imbécile ?".
Ce n'est pas la même chose de lire et d'entendre ce qu'on lit !

Écrit par : christiane | 22/06/2016

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Sergio, je pense que le lien proposé par LVDB le 18 Juin à 8h49 vous a intéressé. L'auteur Kevin Brimingham écrit :
“Thoughts don’t flow like the luxuriant sentences of Henry James. Consciousness is not a stream. It is a brief assembly of fragments on the margins of the deep, a rusty boot briefly washed ashore before the tide reclaims it.”

Oui, ce sera tout sur Joyce pour ma part ( du pauvre ) ;).
Ce qui me fascine en littérature, comme en art de manière générale ce sont les "chats" : ceux qui on l'air de ne pas y toucher, qui sont arrivés à saisir une simplicité extrême, à élaguer, condenser pour extraire et ne conserver que l'essence de leur sujet, pour dire en quelques pages incisives quand d'autres vont mettre des plombes à broder leur sujet.
Bien sûr, exception pour certains cadors suscités par vos soins.

Écrit par : chiara | 22/06/2016

La dernière illu m'avait fait penser à une fin de jeu, fin de course." Dédalus" m'a, donc, à moitié surprise.Je n'avais pas suivi les com.de la Rdl, ni même les billets passoviens ...(manque de temps et d'envie), je comprends mal les allusions qui sont faites ici. J'ai lu "Ulysse" en même temps (à peu près) que les "Cantos Pisans", que "epsilon" (je crois) de J.Roubaud; avant les Aragon-classique.Bien plus volcanique que je pourrais sembler;emballée, sans trop m'interroger, si je me souviens.Hier soir, j'ai jeté un oeil sur le compte-rendu(en angl.) de "the most dangerous book" et j'en ai retenu:
"S.Beach is here, as always larger than life. Mr Birmingham says of her"she wanted to give the world something more than pajamas and condensed milk" ". j'en suis là, tt en étant encore ds V.W.
Justement, V W n'avait pas accepté de publier "Ulysses", car, elle et son mari se faisaient éditeurs-et-imprimeurs; elle explique que la tâche est trop lourde , 2 ans au mieux...donc impossible.
Préambule un peu long pour dire que J-J dt j'ai lu "finnegans'wake"(il y a lgts) m'intéresse autant que V W( que je continue à rafraîchir); par goût j'aime la nouvelle, "les fusées volantes" qui filent, prennent par surprise,agacent, titillent:25p. 50p;100 p. comme certains max Ophuls, comme tchékhov....Mais "ulysses" est une succession de vitrines, flambantes; mon plaisir ? oui; la finalité ????? j'aime alberto Savinio, très fort depuis lgts ( un article remarquable: la savinienne....les prestiges du surréalisme.) J'ai pensé à "l'invention de Morel" et ...peu importe...
A plus, j'ai à faire sans pouvoir me libérer.

Écrit par : olga | 22/06/2016

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Après je me suis perdue dans les jeux de langue, les mots signifient souvent deux choses contradictoires. Le texte est un vrai chaos verbal... associant plusieurs dialectes et des mots inventés sur du vide (comment dites-vous ? S'en tirer avec du vide blanc. Pour moi c'est du vide noir d'encre, un épais langage impénétrable mais que je respecte).
Écrit par : christiane | 21/06/2016

Cela, c'est le vrai problème. Joyce semble ignorer le lecteur, ou le balader, ou finalement, ce qui nous arrive à tous oralement dans la vie quotidienne, le laisser terminer à sa place, je veux dire le laisser trouver, voire inventer l'acception des mots qu'il choisit. On peut aussi les choisir à côté, puisque toute tension, donc toute réalité provient d'un décalage, comme Horowitz qui fait désaccorder ses pianos pour atteindre le velouté suprême !

Tout cela, c'est très banal et universel : on en revient à ce qui manque, une épine dorsale, et en fait cela ne manque pas, dès lors qu'il s'est mis en tête non pas de prouver, mais de faire apparaître qu'il peut y en avoir, toutefois temporairement, bien vite remplacée par une autre etc.

Donc on n'a même pas le codage, la machine Enigma qui nous permettrait de traduire ; c'est flou, c'est mou, mais cela s'obstine à exister. C'est ductile dirait mon copain de Pont-à-Mousson...

Écrit par : Sergio | 22/06/2016

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'un divertissement innocent parmi beaucoup d'autres
Écrit par : JC..... 7h09 | 22/06/2016

C'est que... je suis intéressé ! A partir du moment où l'on pourrait imaginer des bouquins faits de pure littérature, comme la peinture seulement d'art et la musique idem, j'en suis ; seulement faut pas qu'on s'endorme devant sinon c'est pas la peine...

Écrit par : Sergio | 22/06/2016

Chaleur inopinée qui fait pourrir les feuilles bourrées d'eau; je viens de voir (1h) un document consacré à Fellini, extra car ceux qui parlent ( dominique delouche, mastroianni) font comprendre sa façon de faire, avec peu de mots. F.F. c'est un déluge d'images, organisées par un oeil hors pair, et c'est le "regardant" qui est "l'épine dorsale" J.J. idem, des mots par brassées jusqu'à l'ivresse,"non pas de prouver mais de faire apparaître" justo." un divertissement innocent" que non, en surface seulement. "imagination morte imaginez" (le grand Sam) il faut voir à côté le jaberwoky.... Un bout d'émission sur la vente de "le printemps" de Manet, superbe( getty museum 58 millions de $) et j'ai appris que" l'automne"était au musée de Nancy, offert par l'une des femmes-amantes de Manet....quels chanceux ces lorrains.Je file, en retard

Écrit par : olga | 22/06/2016

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Pourquoi dire ça "la littérature : un divertissement innocent ? que non, en surface seulement. "
Appliquons le à la sculpture, au cinéma, à la peinture ! QUE DE MERDES et pas qu'en surface...; en profondeur la plupart du temps !
Tout cela doit rester "divertissement", généralement agréable, avec fort peu de pépites : pour moi, en littérature, quelques dizaines de cas qui soient au delà de la "surface" des choses, du blabla narcissique de l'auteur ...
Proust ne représente rien, pour moi. Rien ! Pollock de même... et 99% du cinéma mondial ...

Écrit par : JC..... 8h09 | 23/06/2016

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Je crois, JC, qu'on entre en littérature pour l'histoire qui nous transporte ailleurs. C'est ainsi dans mes souvenirs d'enfant. Puis, peu à peu, on cherche à lire plusieurs livres d'un même auteur et pas seulement pour son univers romanesque. Happés par la musique d'une langue qui apaise quand on la retrouve. S'établit alors une connivence avec un auteur imaginaire. Serait-il à notre table qu'on le trahirait pour celui de nos lectures. Et puis un jour c'est le pas dans le vide, osé par le désir : la langue au-delà de l'histoire, les mots , la structure des phrases, la matière du langage, la liberté absolue pour l'auteur et le lecteur. Qu'importe le motif, la cohérence. Le langage résiste. Le livre pénètre en vous. Perception muette de l'ordre de la jouissance muette. Le livre se répand en vous. C'est un affrontement avec le texte. Les mots viennent par brassées, vous soulèvent, vous enlèvent. Plus de déchiffrement. Le voyage se fait d'âme à âme. Contact visuel. Coulée de la langue. Expansion. L'écriture qui n'était qu'une surface mouvante d'encre sur une page devient matière à penser, à ressentir. Risque. Peau vivante. Basculement où l'on se sépare du quotidien et du réel, enfin non, car le réel est là, enfin. Et les mots jaillissent en vous comme une réponse. Tentation.
Qu'importe les histoires du narrateur. Il y a la langue somptueuse qui vous enveloppe dans son velours. Proust je l'aime pour cet enveloppement sensuel des mots loin de ce monde un peu factice qu'il a croqué avec malice et cruauté, y compris lui.
Joyce, c'est l'aventure. Entrer en ses livres comme en terre inconnue et laisser faire. Les serpents sifflent, on s'enfonce dans la tourbe du langage et puis soudain un oiseau multicolore traverse l'air d'un cri qui ressemble à un rire dans un froufrou de langues.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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Totalement étranger à cette description de la littérature, ô Christiane chère à mon cœur épuisé !
C'est ce que signifie par le langage l'ouvrage qui m'intéresse, le sens de l'écrit, le dit du livre, pas la musique des phrases à laquelle je suis totalement insensible, les poètes me paraissant la plupart du temps parfaitement ridicules...
Bref ! je m'intéresse au bâtiment construit, pas à la maçonnerie que je laisse bien volontiers aux maçons du verbe ... Pareil pour les voitures, le garagiste s'occupe du moteur, et moi du voyage.
Pour la littérature analysée par les maçons, malheureusement, il y en a plus à l'ouvrage que d'astronomes ou physiciens à l'œuvre !

Écrit par : JC..... 10h37 | 23/06/2016

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je reviens du parc Montsouris. Ai bavardé en "franglais" avec une jeune et ravissante américaine qui a tenté de m'expliquer ce que faisaient ces deux amis dans la pièce d'eau au milieu des canards. Ils installaient, entre deux filins tendus de rive à rive, les lettres en tissu (imperméable) d'un poème d’Émilie Dickinson pour laquelle un colloque se tient ces trois jours à la Cité universitaire (en haut du parc). C'était amusant notre échange de mots très approximatifs dans les deux langues. Heureusement elle avait de la documentation !
Puis, un peu plus loin, ai bavardé avec un jardinier occupé à arroser le jardin potager du parc. Il m'a présenté ses plantes. De grands artichauts pointant leur boule en haut d'une monumentale plante, et des framboisiers, des tomates, des laitues, des courgettes à fleurs jaunes, de la ciboulette, et pleins d'autres plantes aux fruits savoureux qu'ils donnent aux riverains.
Voilà. Ah oui, j'ai vu des coquelicots et des amoureux qui s'embrassaient sur un banc et des vieux qui refaisaient le monde appuyés sur leur canne.
Le héron de la pièce d'au se faisait agresser par une mouette criarde et répondait en tendant le cou par un petit cri mécontent.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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Tout compte fait, Christiane, tu es restée une enfant, non ?.....
Compliments...
Sincères !

Écrit par : JC..... 10h37 | 23/06/2016

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..."Je crois, JC, qu'on entre en littérature pour l'histoire qui nous transporte ailleurs. C'est ainsi dans mes souvenirs d'enfant. Puis, peu à peu, on cherche à lire plusieurs livres d'un même auteur et pas seulement pour son univers romanesque..."

Oui, Christiane, et on se laisse aussi entraîner à lire des livres qu'on n'aurait pas eu l'idée d'ouvrir, mais un professeur enthousiaste nous les fait découvrir et finalement on s'y plonge.... J'étais tombée en Enfer il y a bien longtemps (celui de Dante, pas celui de Sartre) et je m'y replonge actuellement grâce à l'italien et au talent de Roberto Begnini qui le récite et le commente aussi magnifiquement.

https://www.youtube.com/watch?v=igC8UcnAZHE

Je ne comprends pas toujours tout mais alors je me laisse porter par la musique ; c'est presque comme un opéra dont on connait la trame et que l'on suit même si parfois un mot s'envole.

Écrit par : Lucy | 23/06/2016

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Le lien avec le billet de mon précédent com ? Mais Ulysse bien sûr ! Dans le 26e chant de Dante,"A la prière de Virgile, Ulysse raconte ses courses aventureuses, son naufrage et sa mort."

Écrit par : Lucy | 23/06/2016

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C'est vrai Lucy que la langue berce et que peu à peu on ne lit plus les sous-titres
C'est vrai , JC, que l'enfant bondit encore souvent en moi, pour un rien, une parole blessante ou un sourire. Regarde Clopine qui me jette tout son venin dans un commentaire sur les uns et les autres, sans raison. Alors je lui balance les rosseries qu'une sale gamine lui offrirait en cor de récré ! faute de pouvoir lui tirer les cheveux. Puis, plus tard, je la lis et je la trouve vaillante et cultivée avec ce grain de sel impertinent sur le bout de la langue qui l'incite à braver, à critiquer, à moquer. Hors ses vacheries à moi destinées, je le trouve plutôt sympa.
Toi, c'est autre chose. Tu as beau écrire des trucs moches tu en laisse échapper des vraiment chouettes et puis tu es espiègle.
Sergio ? Je ne sais. Il m'impressionne. Impossible à cerner. Genre passe-muraille. Lucy, porte bien son prénom lumineux. Chiara est dense. Olga ? quel phénomène... Pado, j'adore le lire mais il vient rarement ici.
Voilà, un ptit bout de pipeletterie. Je lis Hennig Mankell ("Les chaussures italiennes") parce que dans ma petite librairie, il était posé à côté de la cage du serin et la dame qui tient le lieu avec amour m'a dit que c'était son livre préféré. Alors me voici près de Fredrik Welin, tout nu dans son trou de glace, en Suède, au bout du monde, dans une île perdue.
Je vais l'emporter en Normandie.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

J.C. "je m'intéresse au bâtiment construit pas à la maçonnerie". Cela n'a aucun sens; est-ce pour chatouiller Christiane ? je souhaite le croire; cette opposition litt.// sciences ne tient qu'en apparence.
Christiane explique très bien ainsi que Lucy, que l'on peut entrer dans"le temple indou" qu'est l'oeuvre artistique de multiples façons, et notamment non par l'analyse mais par les mots , leur puissance d'évocation; ce que, si je ne me suis pas trompée, Sergio exprimait par "faire apparaître au lieu de prouver".
La maçonnerie tte seule ,ça n'existe pas; la maçonnerie n'est générée, accouplée qu'avec l'intérieur, ce qui est caché dans les plis.
Quelle sottie que de vous répondre !!provoc, provoc à demi ...

Écrit par : olga | 23/06/2016

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Ah ah ah Christiane plus hardie que les révolutionnaires -littérateurs, ou la revanche magnifique du lecteur affranchi. Ca devrait faire une bonne histoire, "la lectrice affranchie" , non ? Et Christiane pourra la narrer à sa guise ! Excellent.

Le livre de Mankell m'a été offert Christiane, et il attend sagement son tour. Prochain.

Écrit par : chiara | 23/06/2016

Le parc Montsouris fait partie de ma géographie intime. Vous allez à la cité U écouter E. Dickinson? Renseignez-vs, christiane, il y a le théâtre, rénové, ou les salles des diverses fondations.E.Dickinson plus la CitéU, divin régal.

Lucy,vraie découverte que R.Benigni disant Dante. L'exact opposé de Gallienne et de Luchini, insupportables et fats. Sans vous, je ne l'aurais pas trouvé; une édition bilingue, oui, mais avec la "maçonnerie de R.B. cela prend sens encore plus. (me fait penser à Roger Blin disant "le bateau ivre; sur vinyle ...)
En fait, la connaissance de la litt. du fait artistique passe plus par la, les, rencontres, les multiples échos, résonances, que par l'analyse .
Conseil: lire Pétrarque en italien, c'est un éblouissement( je retrouverai la ref exacte, c'est sur le net)
ps: je regrette que Passou marque PEdel à la culotte; "les vagues" j'y suis encore,j'avance en reculant "la promenade.." en fr et en angl; pas lu le livre conseillé par P.A.pas envie.
Soleil brûlant, faire la lessive....

Écrit par : olga | 23/06/2016

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Olga,
comment fais-tu pour avoir toujours un train d'avance. Il y a une dizaine d'années j'avais été contactée par les "frères" d'une loge maçonnique... trois visites.... Un soir, je devais être initiée. Je crois que ça m'aurait plu. Et voilà que dans la journée, un vieux théologien belge, mon ami de ces années-là, me téléphone. Je lui fais part de ma décision. Il est alors entré dans une telle détresse que j'ai décliné l'offre de a Loge, promis d'y réfléchir. Lui, approchait d'une fin programmée. Je ne voulais pas lui faire ce chagrin même si ses raisons ne me convainquaient pas. Après, le temps a passé. Il est mort. Je relis ses livres, repense à notre amitié lumineuse. J'ai oublié la Maçonnerie, ses temples, ses rites, sa recherche de vérité laïque. Je suis restée en dehors de ce chemin par le hasard de cette conversation téléphonique... Je crois que j'aurais aimé travailler la parole avec eux.
mais JC ne parlait pas de la même ...maçonnerie. Il a besoin de se rassurer tout le temps avec des choses tangibles. Je fais tout l'inverse comme vous. Comme écrirait, pense, Degroote : "s'entremêle à la solitude l'impression d'être différent : ce que je ne partage pas avec les autres, que je ne reconnais pas d'eux en moi, ou de moi en eux, me laisse à moi-même ; à mesure qu'on grandit, on apprend à vivre ainsi, dans ce qui plie à l'intérieur une partie de soi, de même qu'on apprend la mélancolie, ou cette drôle de sensibilité qui vous fait percevoir les choses autrement,(...) on se fait à la nécessité de se préserver et d'enfouir ce qui est devenu le point d'ancrage de ce qu'on est, un lieu de reconnaissance et de silence tels qu'on se sentirait exclu de soi si ça n'était plus là..."

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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plus à l'ouvrage que d'astronomes ou physiciens à l'œuvre !
Écrit par : JC..... 10h37 | 23/06/2016

C'est vrai : on attend qui trouvent... Mais il faut quand même bien penser que c'est le rêve (autrement dit l'ESP) qui fait trouver.

Bon je radote, là, non ?

Écrit par : Sergio | 23/06/2016

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Chiara,
nous comparerons nos impressions de lectrice. Cet homme-là, Hennig Mankel, est mort, il n'y a pas longtemps... C'est émouvant donc de lire ce livre car on ne pourra jamais en parler avec lui si l'envie nous en venait, ni lui dire ce qu'on a vécu en le lisant. C'est triste un écrivain qui meurt. Plus jamais personne n'écrira avec ses mots, ses pensées, son imaginaire, sa musique. Ça fait un trou dans les mots, une absence dans le langage, des livres qui n'existeront pas. Encore des candidats pour la bibliothèque des livres qui n'existent pas (Borges).
Sur un post qui s'est effacé dans la nuit après avoir été en ligne, sur la RDL, pour remercier W. d'un long échange à propos de Dieu, j'écrivais : je ne sais toujours pas répondre à ces questions mais je sais maintenant comment les poser.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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C'est quoi, Sergio l'ESP :que c'est le rêve (autrement dit l'ESP) qui fait trouver.
Michel Cassé, cet ami astrophysicien, que j'évoquais un jour, ici, disait exactement cela.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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C'est quoi, Sergio l'ESP :que c'est le rêve (autrement dit l'ESP) qui fait trouver.
Écrit par : christiane | 23/06/2016

Extra Sensory Perception : perception extra-sensorielle.

C'est la vraie honte, en français il y a bien évidemment un acronyme, que j'ai oublié.

J'ai complètement craqué avec l'informatique, bien que n'ayant jamais fait une heure d'anglais, un logiciel en français je reste devant comme une poule qui a trouvé un couteau !

Donc cela regroupe toutes ces perceptions que l'on peut avoir sans souvent identifier ce que c'est, le Tchang de Tintin au Tibet par exemple ou ces bêtes (ou humains) qui se rendent compte que leur petit est en danger à des milliers de kilomètres.

Écrit par : Sergio | 23/06/2016

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Un peu comme la science-fiction, Sergio. Voilà donc un bon compromis pour dialoguer avec JC, cet entre-deux. A lui la science , à moi les rêves.

Plus sérieusement, pensant à l'actualité, je relis l'essai de Daniel Sibony "Entre-deux - L'origine en partage", ces lignes :
"N'est-il pas alors étrange que l'Abraham biblique, dont nous voyons aujourd'hui la "descendance" se déchirer, ait eu pour première vision un pur entre-deux (dont le nom précis est "l'alliance entre les fragments" devant l'animal coupé en deux) ? que cela ait impliqué pour lui un "voyage" loin de l'origine, une sorte d'exil définitif, vers une autre origine, démultipliée comme telle, qui a notamment transité par un entre-deux-femmes violent, avant d'éclater en migrations variées et entre-deux-langues incessants ?"

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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Tiens c'est vrai, ça, le structuralisme on n'en parle plus ; ça paraissait pas mal, évident même ; mais enfin je m'étais borné à un Que sais-je...

Écrit par : Sergio | 23/06/2016

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Un régal...
http://www.ina.fr/video/I06292956

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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J.C. "je m'intéresse au bâtiment construit pas à la maçonnerie". Cela n'a aucun sens (olga)

Commentaire vraiment con ! Cela a du sens pour moi !

Écrit par : JC..... 10h37 | 23/06/2016

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Olga,
oui, un souvenir inoubliable.
1976. Cité internationale. Roger Blin met en scène une pièce d'Athol Fugard " Boesman et Léna" avec Toto Bissainthe, Robert Liensol, Jean-baptiste Tiemelé (quel trio splendide !).
Athol Fugard... irlandais par son père, afrikaner par sa mère.
Un ami dans la troupe. Plusieurs représentations.
Un couple d'Hottentots errants après avoir été chassés de leur bidonville, dans l'apartheid...
Soirée bistrot avec la troupe et Roger Blin après la dernière représentation.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

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Sachez, Olga, que vous me décevez.... ce qui n'est en rien un problème pour vous ! Bonne soirée...

Écrit par : JC..... 18h50 | 23/06/2016

Christiane, 1976, on aurait pu s'y rencontrer, presque.Je n'ai pas vu cette pièce; Toto Bissainthe (qui jouait ds "les nègres") était l'amie de l'une de mes meilleures amies; une fille formidable qui n'a pas eu la chance (comme l'on dit) de faire la carrière qu'elle méritait. Elle chantait,beaux tours de chant; j'ai encore des vinyles d'elle et des souvenirs.
Henning Mankell, commen tl' avez-vs découvert ?!! en fouillant chez les libraires, la meilleure des façons...
pardi !

Écrit par : olga | 23/06/2016

J.C. 18h50 j'avais dit: quelle sottie (sic) que de vs répondre.Et votre réaction est celle que je prévoyais.Vous savez jongler avec les mots;pour moi ce soir, il fait trop chaud et le ciel est trop noir. Sachez tt de même que j'aime la courtoisie et ne pratique guère l'esquive.Belle soirée à vous,surveillez vos tourterelles comme je surveille les merles du jardin. Gare à l'orage.

Écrit par : olga | 23/06/2016

Je garde un souvenir ému de cette comédienne. Je lui ai offert une petite statuette que j'avais pétrie après l'avoir vue dans le rôle de Léna. C'était Jean-Baptiste Tiémelé dont j'étais proche et un peu Roger Blin.
Pour le livre de Hennig Mankell, c'est une jolie rencontre. Allant souvent au parc Montsouris (10 mn à pied) j'ai découvert une petite librairie-presse minuscule, tenue par une femme très étrange, toujours habillée en noir, toute petite, la cinquantaine, un peu taiseuse, discrète. Volière d'oiseaux (couple de serins ou de canaris ? ils sont jaunes... et sifflent joliment) au milieu des livres, collages surréalistes sur les murs donnant des nouvelles du monde entier en littérature et en politique. Peu à peu je prolonge mes visites (j'y achète un quotidien) et lui ai demandé , dans ces livres qu'elle a posés autour de la volière, (et qu'elle vend) celui qu'elle préférerait me faire découvrir. Elle en a choisi deux livres de Poche, pas chers) : celui-ci et un autre d'Elizabeth Strout "Olive Kitteridge". - Oh , m'a-t-elle dit, surtout insistez. Les premières pages ne rendent pas la femme très sympathique, (Professeur de maths tyrannique, mère possessive...) mais insistez. Peu à peu, le livre (en treize épisodes - 30 ans), entremêle son destin avec ceux habitants de Crosby. Construction très intéressante. (Ce livre a eu le prix Pulitzer).
Je ne peux participer au colloque sur Emily Dickinson (dont j'aime l'écriture, l'ardeur et l'exigence) à la Cité U car je pars en Normandie demain, pour quelques jours, avec les deux livres et mes carnets de dessin.
Mes plants de fraisier riquiqui ne se développent pas (3 mm en 15 jours !). Je ne suis pas Tistou les pouces verts ! Mais l'arbuste taillé cet automne se couvre de feuilles.

Écrit par : christiane | 23/06/2016

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Grand-format-litterature/Romans-Junior/Tistou-les-pouces-verts
(j'ai beaucoup travaillé sur ce livre avec les enfants.)

Écrit par : christiane | 23/06/2016

Christiane, pour les plants de fraisiers, c'est trop tard; je vs expliquerai un autre jour !
Pour Emily Dickinson,trop tard aussi (inscriptions closes mi-juin.) C'est à la Fondation des USA, et le programme est chargé; très belle affiche;je vais tel.pour savoir s'il y aura une publication.
Ds le 5° il y a (outre ttes les librairies) une boutique cake-tea-book) je vs en reparlerai.
Evitez les pommiers en cas d'orage;en dernier recours, glissez-vs au milieu d'une haie,on y fait plein de rencontres inopinées..

Écrit par : olga | 24/06/2016

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Allons bon, dans une haie ? avec la chatte qui croquerait les oiseaux ? L'orage, la foudre ? c'est la fin de Bobi dans le beau roman de Giono "Que ma joie demeure". Bobi, l'homme acrobate apparu par une belle nuit étoilée au bout du champ de Jourdan, sur le plateau Grémone et le cerf. Rétrécir les champs et prendre le temps de vivre doucement, goûter le goût de l'hiver. La passion de l'inutile. Gaspiller un sac de blé pour les oiseaux.
Oui, sur les documents de l'amie des assaillants de la pièce d'eau figurait la note de la fondation des USA. Passez près de l'eau sans déranger le héron et dites-moi si le poème flotte.
Alors mes petits fraisiers ne pousseront jamais. Ce sachet de graines était un cadeau. Si je les laisse dans la terre retrouveront-elles des raisons de pousser l'an prochain ?
Un merle siffle dans l'arbre proche alors que sur France-info le Breaksit envahit l'antenne. Une fracture dans ce grand pays entre Londres et sa province, les "élites" et la classe populaire, la peur des migrants, l'utopie de l'indépendance. L'Europe se réveille frissonnante et incertaine. L’Écosse est surprise. Va-t-elle vers l'indépendance ? Et un air frais nous vient du Royaume désuni et rafraîchit l'air saturé de moiteur.
Là_bas, dans l'Orne, il y a des chevaux dans les prairies et des vaches débonnaires. Je n'arrive pas à dessiner les paysages, trop lisses, trop ronds. J'en reviens aux pierres des maisons, aux arbres et aux bêtes. Aux fleurs aussi, offertes par la voisine avec des courgettes de son potager. Le lait de la ferme écœure mes grands-petits-enfants. Il a trop de goût pour eux. Pourtant on le porte comme un trésor dans un petit pot à lait en fer blanc avec son couvercle attaché par une chaînette pour ne pas le renverser en chemin quand on revient de la ferme. Ils n'aiment pas non plus l'odeur du lait qui bout longuement avec l'anti-monte-lait qui clapote au fond de la casserole. Cette tiédeur veloutée était de leur enfance pas de leur âge de jeunes adultes citadins !

Écrit par : christiane | 24/06/2016

----------------------------------------------------------------Christiane, les petits plants de fraises sauvages (celles de Bergman ?) envahissent mon jardin d'année en année, elles sont délicieuses.

Je comprends que le lait de la ferme écoeure vos petits-enfants, je n'ai jamais pu le supporter, ni aujourd'hui, ni autrefois ; peut-être qu'une enfance en Afrique m'avait préservée de cette odeur ? Quant au lait qui bout c'est encore pire ! Seriez-vous une mauvaise grand-mère pour leur infliger des choses pareilles ?
Je crois avoir déjà raconté que ma grand-mère adorée me persécutait avec le lait de sa chèvre arrosé de chicorée ; fallait-il que je l'aime (ma grand-mère) pour avaler cette horrible mixture ! Il faut ajouter tout de même qu'elle me l'apportait au lit vers les 11 heures du matin.....

Bonne journée à vous tous, je vais faire mes valises.

Écrit par : Lucy 8:20 h | 24/06/2016

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Oh, Lucy, nulle contrainte ! à 18 et 21 ans, ils se contentent de sortir dans le pré avec un bouquin et leur téléphone (au cas où...) et se moquent du goût "retour à la nature" de leurs parents ! Quant à la grand-mère, elle aura bientôt la bouche noire de jus de mûre des haies ou des fraises des bois qui, comme les vôtres, sont fidèles à un certain lopin de terre. sans oublier les doigts tachés d'encre et de fusain. Mais j'ai dessiné le pot à lait en fer blanc avec des fleurs dedans, enfin, le vieux tout cabossé. Ce que j'aime à la ferme, c'est l'odeur des bêtes et du purin, leur meuglements quand elles attendent la traite et que leur pis sont lourds de lait et le chien qui jappe en tournant hésitant entre la fête et la garde des lieux. Il y a un chat aussi blotti dans le foin. Et les lins bleus et les pommiers, joie des passereaux et les lézards qui filent sur le mur et s'évanouissent dans une fissure et...mes...livres.
Quel souvenir olfactif gardez-vous de votre enfance en Afrique ?

Écrit par : christiane | 24/06/2016

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souvenir olfactif.... : pas le lait, il était concentré, c'était beaucoup moins répugnant, mais les fleurs du frangipanier (le seul que j'aie jamais vu) qui poussait dans notre jardin et qui, avec ses branches larges et basses, me servait de salle de torture pour mon petit voisin lorsque je jouais la maîtresse et lui le petit élève. Mais plus que des souvenirs olfactifs ce sont des souvenirs sensitifs : la chaleur qui nous écrasait malgré les ventilateurs (pas de clim à l'époque), le sable si brûlant sous les pieds nus que nous courions toujours, l'eau de la douche si glacée que les douches étaient rapides et puis l'heure de tranquillité de la sieste entre les draps souples et légers où je faisais d'abord semblant de dormir pour ensuite vite prendre le livre qui était caché sous le drap ; ah les Contes d'un buveur de bière, le Lion et la Sorcière blanche et ses paysages enneigés à jamais et Nils Holgersson et ses voyages fabuleux.... Tout dans l'imagination puisque la TV n'était pas arrivée jusque là. Le premier dessin animé que j'ai vu au cinéma (toute seule, mon père m'avait déposée et était reparti, quelle belle époque tranquille) : Blanche Neige, un enchantement.

Écrit par : Lucy 10:31 h | 24/06/2016

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Une halte dans votre pays d'enfance est bonne ce jour.

Écrit par : christiane | 24/06/2016

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Tout petit, mes parents ont remplacé dans mon biberon le lait par le Champagne, le Lagavulin ou le Scapa des iles Islay ...
Le lait c'est fait pour les veaux, merde alors !

Écrit par : JC..... 15h43 | 24/06/2016

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Ah l'anti-monte-lait c'était presque... un instrument de musique !

Écrit par : Sergio | 24/06/2016

" Miroir
Lac Oeil insigne
Où chaque incendie nous désigne
Sa lueur d'outre-existence
Tandis qu'aux cieux se dépense
En joaillerie satanique
Du mauve au jade fruité
L'arc en ciel de la démence

Miroir
Donne éclat de cuivre à nos ombres
Et forme à nos reflets troublants
Aide notre image double
A rassembler le temps unique
Que plus jamais ne se morcelle
Notre chair
Quand la matière désordonnée s'irise
Neigeuse
Pleurant de lumière amoureuse
Tel un miraculeux cinabre"

Jamel Eddine Bencheikh Alchimiques

Écrit par : olga | 25/06/2016

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notre image double
Écrit par : olga | 25/06/2016

Anaglyphe*, ou chiralité ?


* C'est marrant, quand on arrive à voir le bout de son nez... C'est pas si près que cela, finalement !

Écrit par : Sergio | 25/06/2016

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Tour de mercis :

Et hop chiralité découvert ! Merci Sergio.
Regret de ne pas être très "intéressée" par ce poème Olga, mais merci pour la pause.
Merci à celui qui a ôté les piles du lapin dura cell hier chez notre illustre voisin.

Écrit par : chiara | 26/06/2016

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D'un autre côté les piles ça s'use on peut peut-être faire homologuer cette sainte bête comme vecteur d'une immanente catharsis ?

Ou alors un bras de mer dans le jardin...

Écrit par : Sergio | 26/06/2016

Anaglyphe Chiralité m'étaient totalement inconnus.Merci Sergio ! un tour sur le web pour voir;certaines prises de vue m'ont fait penser à quelqu'une de vos photos,Chiara. C'est impressionnant, même si je n'ai pas tout compris.
En aérant "Alchimiques" qui est dans un grand coffret noir, et qui est sensible à l'humidité, j'ai eu envie de mettre ici le 1°texte; c'est un ensemble de 11 textes, chacun étant accompagné d'une sérigraphie de Sarah Wiame, signée, et qui est comme un contre-chant-champ ! Pour comprendre, il faut avoir le tout, et je ne l'ai pas recopié pour que l'on crie ô génie! mon exemplaire est un à part des 5 exemplaires publiés.C'était bien une pause..
Jamel Eddine Benkeich 'mort il y a 10ans, était un très grand connaisseur de la poésie arabe; c'est lui qui a procuré l'édition en Pléïade (2ex) des contes des 1001 nuits, ainsi que l'album Pléïade; il a souvent travaillé avec André Miquel.
L'idée du miroir, du double est fascinante; les surréalistes peintres ont beaucoup joué avec.
Surprise du jour, je découvre que les souris ont fui les orages et ont grignoté toute la boite de petites biscottes enfermée pourtant dans un tiroir..dans la maison,mystère de la chambre jaune; le ventre plein, où dorment -elles donc...

Écrit par : olga | 26/06/2016

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où dorment -elles donc...
Écrit par : olga | 26/06/2016

Tous les trucs à double paroi, non ? Ou l'isolation des combles, en plus faut pas trop toucher à cause de la poussière de verre...

Dans la cuisine aussi ça arrive à bien se planquer, parfois...

Ou alors faut un chat mercenaire... Un Katangais !

Écrit par : Sergio | 26/06/2016

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Ah, ah Olga vous êtes terriblement efficace pour nous conduire vers la découverte de cet ouvrage.

Les petites souris acrobates sont aussi des gymnastes d'une souplesse exquise pour entrer dans des trous ... de souris ! des mulots minuscules ont grignoté certains de mes livres dans une maison à la campagne, mais seulement la face invisible du spectateur bipède, c'est-à-dire la face du livre contre le mur, ou du dessous de la pile. Nous avons donc mené une expédition punitive : les saisir avec une infinie délicatesse pour les libérer plus loin. Restait une question : quel "loin" suffisait ?

Écrit par : chiara | 26/06/2016

PS : Sergio, je fouille ma cervelle, mais pas de référence sur le bras de mer dans le jardin...Help, please ;)

Écrit par : chiara | 26/06/2016

M ais oui, un chat katangais, vous êtes le bon sens incarné, Sergio ; le hic, le katanga ce n'est pas la gouttière à côté; peut-être qu'en empruntant un pîpe-lîne,faut voir...les fûté(e)s ont longé la voie des can..eaux, et ont avalé le bout des mules...de l'étage au-dessus; gravissimo; découvert il y a peu que j'étais abonnée à une chaîne tv nommée "dog tv"( gros bouquet associant les hippopotames, les chevaux , les hyppocampes..et les chiens, entre autres) où des films concoctés par des scientifiques qui ont percé les secrets de l'aboiement ,,maintiennent le niveau culturel et social des toutous de la maison. Pas encore de cat tv, ni de mouse entertainement...le lapin duracell serait may be efficace..
hé non,Chiara, aucune pub pour Jamel E.Benkeich, il a publié ds des édit. n° à petits tirages; mais je voulais vous rassurer, ce n'est pas un dangereux mercenaire, imaginant des alchimies détonantes ; il faudra que je trouve un texte plus lisible; je viens de le jucher sur le dessus d'un meuble hors de portée des gymnastes .

Écrit par : olga | 26/06/2016

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pas de référence sur le bras de mer dans le jardin...
Écrit par : chiara | 26/06/2016

Non non c'est ni un travail d'Hercule ni un aménagement du Pacifique ; simplement il faut veiller avec certains voisins à ce que leur souhait le plus urgent soit précisément de ne plus l'être...

D'ailleurs on peut aussi lui envoyer un camion de déménagement !

Écrit par : Sergio | 26/06/2016

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Excellent Sergio votre remarque sur Céline; privilégier les deux premiers romans et oublier la suite, c'est manquer un sacré morceau, rester au poteau de départ et ne pas partir au coup de sifflet. La progression de son écriture n'est pas rien, jusqu'au final de Rigodon, explosé, halluciné.

Écrit par : chiara | 27/06/2016

avec un E à excellente c'est mieux !

Écrit par : chiara | 27/06/2016

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La progression de son écriture n'est pas rien, jusqu'au final de Rigodon, explosé, halluciné.
Écrit par : chiara | 27/06/2016

C'est une vieille discussion, et c'est là que pour la première fois j'ai vu évoquer l'idée qu'un auteur, ou un peintre, pût baisser, mais je veux dire vraiment ; et cela a pris pied justement avec Ferdine, et Passou n'était pas le moins acharné.

On retombe sur, sans le dire, cette vieille division entre Ferdine un le respectable (Voyage + Mort à crédit) et Ferdine deux le maudit, la Trilogie entraînant tout le reste dans un opprobre qui n'a en tout état de cause rien à voir.

Et le pire, c'est que dans son Sig, Passou d'une part défend Ferdine en tant que médecin des pauvres, d'autre part semble assez d'accord avec lui dans sa description de cet univers historique.

Adonc pour résumer il y a comme souvent de l'amalgame dans l'air comme s'il en pleuvait ; quant à cette notion de fléchissement éventuel des auteurs, peut-être que oui, mais sûrement temporairement. Ou alors les gars le sentent et s'arrêtent.

Et effectivement, la Trilogie semble quelque chose de bien abouti, et le plus paradoxal est justement que sur un autre plan elle ne contient rien qui pût la handicaper...

Écrit par : Sergio | 27/06/2016

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Vous écrivez "amalgame" et je partage votre avis. Et encore, allez, je peux admettre que "Rigodon" est dur à lire avec des vociférations terrifiantes dès l'ouverture, des pleines pages, mais les autres ? Les descriptions de la gare, des rues, des trains, de la croix-rouge, du maçon italien et de la tuile, des gosses dans les souterrains, Bébert, et les oies, et Lili , tout est puissant, travaillé, écrit sur un rythme encore plus rapide.
Bon, allez, en douce, les électeurs des deux premiers romans se la gardent peut-être bien au chaud cette suite. Juste ils disent pas...par crainte de l'amalgame.

Écrit par : chiara | 27/06/2016

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Bernanos pareil, faut plus le dire ! un motard comme vous Sergio. Bon, et alors pour Mishima, cité une ou deux fois je crois, misère !

Écrit par : chiara | 27/06/2016

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Ca me passionnait, le voyage sans billet pour le Danemark ! Toujours les souvenirs... Le souci du détail c'est important la technique avant tout !

Écrit par : Sergio | 27/06/2016

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Ça a encore l'air de tanguer chez Passou avec lvbd et consorts !

Pas revu Nemeth. Dommage, il était comique.

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Écrit par : Al Ceste | 27/06/2016

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J'ai vraiment du mal à essayer de me la représenter, non pas physiquement ou physionomiquement à proprement parler, mais en tant qu'un ensemble de jeux de scènes, de répliques à la Godot... Y a-t-il un but ? Par moments cela peut prendre l'aspect du sempiternel "faire réagir" alors qu'au contraire on ne pense qu'à la substance de ce que l'on écrit, bref c'est plutôt bizarre...

Écrit par : Sergio | 27/06/2016

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Autant vous dire que je ne comprend rien à ces échanges où LVDB semble créer un sprountz malsain qui mettrait en cause notre ami CHRISTIANE.
Si vous pouvez m'expliquer en terme simple, sans rien cacher, en essayant d'être net... !

Écrit par : JC..... 8h17 | 28/06/2016

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Désolée JC, je ne peux vous aider n'y comprenant rien moi-même. Mais juste pour Christiane : garder de la distance avec des personnes s'épanchant en nocturne de manière rarement compréhensible est aussi une bonne idée ;). Une jolie distance en tout. Au plaisir de vous lire Christiane. Ici nous sommes tranquilles, Sergio dévoilant même faire des "singeries" en motocyclette, ce qui part d'un parfait goût de la vie ;)...Ou alors Sergio est le petit-fils caché de Sissi ?!? hummmm...le mystère s'épaissit !

Écrit par : chiara | 28/06/2016

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Ah ben si faut que je mette les armes des Wittelsbach sur le réservoir... Va falloir trouver un as comac de l'aérographe !

Écrit par : Sergio | 28/06/2016

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"[...]leur règne, où l'atroce au burlesque se joint,
Est une mascarade, et, ne l'oublions point,
Nous en avons pleuré, mais souvent nous en rîmes."
Victor Hugo - "Les Châtiments", liv.VII, X.

Fin de partie... bises à tous.

Écrit par : christiane | 28/06/2016

**29 juin, qui l'eût cru ..Finnegan's wake attendra, comme les plants de fraises de Christiane; en septembre ;les graines de fraise,c'est aléatoire, Christiane ! Je saute hors de mon bocal, et je mets les voiles; au bonheur de l'été pour tous, ou de l'hiver dans l'autre hémisphère
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Écrit par : olga | 29/06/2016

Thank You.

Écrit par : Agario Private Server | 01/07/2016

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