Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/01/2014

Rien de rien

La littérature commence lorsque l'on n'a vraiment rien à dire...

Commentaires

D'accord, si vous le dites, mais quand c'est qu'elle s'arrête ?

Écrit par : Albert Franchion | 17/01/2014

.
Normalement jamais, parce que même si l'on refait toujours la même toile, et plutôt précisément pour cela, il y aura toujours le petit bout de machin non pas qui justifiera, mais qui provoquera le fait que l'on recommence...

Écrit par : Sergio | 17/01/2014

Ah, ouais, je vois, donc on n'aura jamais rien à dire, quoi ! Ça m'étonne pas, notez bien, j'avais lu un truc dans ce sens chez un ancien Grec, je sais plus comment il s'appelait.

Écrit par : Albert Franchion | 17/01/2014

.
Le problème, c'est que l'on cherche à dire ce que l'on ne sait pas exprimer, tout simplement parce que c'est trop flou, sinon fugitif, dans l'esprit.

Écrit par : Sergio | 17/01/2014

Comment osez-vous dire des choses pareilles, monsieur Schumacher ? Ce blog est une indignité, j'ai honte pour vous.

Écrit par : Germaine Frouillac | 17/01/2014

.
J'ai toujours admiré les champions automobiles... Ha ils sont forts... Surtout sur Ferrari d'ailleurs c'est rassurant heureusement qu'ils sont là ces gars-là...

Écrit par : Sergio | 17/01/2014

Oui, la littérature. Bien sûr, bien sûr. Dire, ne pas dire, taire, se taire, s'être tu. C'est fou, n'est-ce pas ?
Ah, vieille morsure de ma jeunesse. Avais-je à dire ? Qu'avais-je ? Qu'ai-je ? N'avais-je, n'ai-je qu'à dire et l'ai-je dit ? Le redirai-je à l'automne de ma vie ?
Pou pou pou. Ach, Sergio, vous me semblez jeune encore pour croire à ces choses. Mais y croyez-vous, mais y pensez-vous ? Vous n'y pensez pas, vous le LES PENSEZ pas, je le sais, ne dites pas le contraire, je le sais.
Au fond, je vous envie. Gardez précieusement cette rage qui vous anime.

Écrit par : Hubert de Montalban | 18/01/2014

.
Comment peut-on savoir si l'on pense quelque chose ou non ? Comment peut-on savoir si cette boule est rouge ou bleue ? Réalité extérieure, réalité intérieure, toutes sont fermées, sauf peut-être par le sas du subconscient. Mais c'est comme le Koursk, joli navire, ça prend l'eau plus souvent que cela ne sert...

Il y a un roman, en tête des oeuvres complètes de Martin du Gard (Pléiade), qui traite un peu de ces questions : le héros tourbillonne dans tous les coins pour écrire, sans jamais se fixer. C(est du Bouvard et Pécuchet. Mais là aussi, il n'y a pas de morale in fine, on en ressort muni d'un grand flou ! C'est pire qu'avant...

Écrit par : Sergio | 18/01/2014

Mouais.

Poo poo pee doo.

Écrit par : u. | 20/01/2014

.
Bon y a des trous c'est un peu passoire comme raisonnement mais il ne faut pas dormir... Un jour on m'a dit : "Vous dormirez quand vous serez mort !"

Écrit par : Sergio | 20/01/2014

Mais à partir de quel moment sait-on qu'on n'a "vraiment" rien à dire ?
Et puis le cinéma muet, je veux bien, mais la littérature muette ça ne ressemble pas à grand chose.

Écrit par : Bretelle | 22/01/2014

.
Il y a une grande différence, au moins de forme, entre les arts et la littérature : en musique et en peinture, on peut faire quelque chose qui ait au minimum une apparence non figurative. En littérature, pour le moment, on n'aboutirait qu'à quelque chose d'illisible, donc ennuyeux, ce qui est sa négation même. Pire : en littérature, il est pratiquement impossible de ne pas mettre en scène des êtres humains, sauf bien sûr cas faussé de l'anthropomorphisme. La littérature serait-elle sans issue, dès lors qu'elle dépasse le simple domaine d'un, ou d'un autre organe de réception, autrement dit des échelles de fréquences ?

Parce que dire quelque chose, finalement c'est se reconnaître une identité, ce qui ramène la littérature au jeu social réel. Tout ce que l'on peut faire actuellement, c'est remplacer le "rien à dire" par un "rien prévu de dire" : c'est déjà un progrès...

Écrit par : Sergio | 22/01/2014

Voilà une question profonde. Sergio, vous avez l'art de nous mettre face à la réalité, l'art de confondre, dans l'élan des libellés de vos billets, la Maya qui aime prendre les multiples formes de l'illusion autant que de l'allusion (sa dernière entreprise, et nom la moindre, foi de Dieu, étant peut-être l'intrusion du magnifique moteur BMW dans la Bimota du championnat de Superbike pour 2014, franchement on aura tout vu). Lorsque l'esprit est réglé comme le papier à musique de la plus fine des mécaniques-moteur, il est comme imprégné de la plus puissante des sagesses instinctuelles, capable de battre n'importe quelle machine qui se voudrait ordinatrice du futur. Alan Watts le disait déjà (vous me le rappelez dans vos commentaires), il ne faut pas avoir peur du "sunyatâ", c'est même un prérequis à toute création. Lorsque'il fait le vide en lui, l'écrivain est effectivement bien lancé, sur le point d'écrire des choses qui vont augmenter le sens de la vie. Là seulement, il peut commencer à dire ou faire dire.

Écrit par : alec | 22/01/2014

.
Ha la Bimota elle vaut son pesant ! Ce que le marketing ne fait pas faire... N'empêche, la BB2 aux Eléphants...

J'aurais dû mettre : "la littérature commence quand il n'y a pas de scénario." C'est la même chose. J'avais fait cette remarque il y a fort longtemps à partir d'un roman de Jean-Edern Hallier provenant de son journal personnel. L'idéal, c'est le "bâtons rompus" qui ne soit pourtant pas ennuyeux, c'est-à-dire que le merveilleux résiderait uniquement dans la manière de dire les choses et non dans ce qui est dit.

En musique récemment on a eu droit à un morceau qui se voulait uniquement un patchwork d'effets divers : c'était très bien. A un moment Proust hésitait entre écrire et composer, arguant que la musique, par nature, est abstraite. Disons qu'elle peut y tendre. Il y a beaucoup de gens qui démarrent sans charpente et elle vient toute seule au fur et à mesure. C'est fort ! Mais voilà pourquoi je disais que le mieux serait encore qu'il n'y ait plus de sémantique du tout !

Je suis bien et même très d'accord sur les lignes de la fin !

Écrit par : Sergio | 23/01/2014

Well... cet alec me rappelle furieusement xlew de riante mémoire.

Écrit par : odradek | 23/01/2014

.
C'est le contraire, non ? En tous cas des styles on en a, hein ! On peut se recopier tous les uns les autres on saura même plus d'où... Et dire qu'on n'arrive pas à rénover la littérature... Et puis alors moi le coup de la Bimota ça me passionne beaucoup plus que la Corée ou le président de la république...

Écrit par : Sergio | 24/01/2014

Ah, pour ça, en styles on est très fort. Il y en a même un virtuose, je ne sais pas si vous le connaissez, il s'appelle Giovanni Sant'Angelo. Lui, alors, on peut toujours s'aligner, aucune chance, il enfonce tout le monde.
Sinon, il y a un nommé bouguereau, vous ne pouvez pas le connaître, il ne vient jamais ici, mais il est comac. Je crois qu'il va surtout sur des blogs de tricot. Impressionnant.
C'est un autre monde. Le seul point commun qu'on a avec eux, c'est qu'on n'a rien dire. C'est en cela qu'on est des littéraires.

Écrit par : Stanislas Platz | 24/01/2014

.
Je prête souvent attention aux posts de Sant' : bien entendu il y a la ponctuation, que l'on pourra toujours au premier abord apparenter à la célinienne, mais il y a aussi beucoup de calembours qui, eux, seraient d'essence un peu joycienne. Seulement on peut tous faire des essais comme cela, et on les fait, mais de là à ce que cela se sédimente en un style personnel... Et puis, que signifie vraiment "personnel" ?

Bouguereau c'est surtout la cuisine, non ? Je me demande s'il n'a pas tenu une rubrique.

J'aime bien le mot "comac", je l'ai ressorti récemment des arcanes de ma mémoire... Ca vaut bien les néologismes laborieux qui nous abreuvent comme des sillons...

Écrit par : Sergio | 24/01/2014

Essence joycienne, c'est ça ! Voilà à qui Sant'Angelo me fait penser : à Joyce. En plus moderne. Le Dedalus belge.
Oui, Bouguereau est membre de l'A.A.A.A.A. et a tenu, à ce titre, une rubrique sur le cochon.
Et Thierry Kron Traube, vous le connaissez ? C'est un as de la virgule, il est capable d'en insérer partout, même là où on croyait qu'il n'y avait pas la place. Très littéraire, lui aussi : jamais rien à dire. Mais quelle ferveur ! On ne peut qu'être admiratif.

Écrit par : Stanislas Platz | 24/01/2014

.
Je crois que Passou a fait quelque chose sur le point-virgule, il y a moult années. Il défendait le point-virgule. J'avoue que je ne regarde pas trop, il ne me semble pas en mettre tant que cela dans ses billets. Normalement c'est bien, les virgules, elles doivent être encadrantes, cela verrouille la compréhension. Perso je me suis abonné ces temps-ci aux phrases quasiment sans virgules, sauf ultima ratio. D'une certaine manière ça fait un peu Jean-Christophe Averty !

Écrit par : Sergio | 24/01/2014

Très juste. Des gens s'imaginent qu'avant d'écrire, l'écrivain a tout le roman dans sa tête. Cette croyance est plus forte pour le roman policier. Certes, si on veut raconter sa vie, on a tout dans la tête. Le problème est par où commencer. On peut rester longtemps devant la page blanche.
En revenant au roman policier, pour mon compte personnel, je n'ai qu'un fil directeur très ténu au démarrage. J'en bave des ronds de chapeaux à écrire les trente premières pages. Mais ce qui est magique, c'est que je me fabrique ainsi un passé et à partir de ce moment les choses commencent bien couler. Le fil directeur devient plus dense et même, il m'arrive de lui faire changer d'orientation quitte à faire quelques retours en arrière.

Écrit par : Marcel | 31/01/2014

.
En bande dessinée c'est bien, il y a un scénariste... C'est quand même pénible de se reprendre, simplement changer un nom, ou n'importe quel détail qui revient tout le temps... Quand il fallait faire cela aux ciseaux et à la colle...

Tiens cela me fait penser qu'à un moment il y avait un logiciel, mais sous Windows et peut-être Mac, called "histoiredecrire" ou à peu près, qui était censé aider à la charpente, une sorte de système expert. J'ai l'impression qu'ils ne le font plus... Il y en a peut-être d'autres, après tout...


A+

Sergio

Écrit par : Sergio | 31/01/2014

On peut dire que je suis né avec la littérature et que je périrai en pleine littérature.

Écrit par : Yfig rien à déclarer ! | 12/02/2014

"j'avais lu un truc dans ce sens chez un ancien Grec, je sais plus comment il s'appelait ?"

Alliagas ?

Écrit par : Yfig rien à déclarer ! | 12/02/2014

.
Euh... Rastapopoulos ?

Écrit par : Sergio | 12/02/2014

Les commentaires sont fermés.