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14/04/2013

Electro-ménager

La madeleine de Proust, ou la bouilloire de Saint-Ex ? Y a une nuance bon Dieu !

Commentaires

C'est-à-dire que ça se range pas au même endroit, si on a de l'ordre.
Maintenant on peut toujours mettre la madeleine dans la bouilloire — et non l'inverse, ou alors une toute petite bouilloire dans une très grosse madeleine — mais faut la ressortir avant de faire chauffer l'eau, sinon c'est plus une madeleine de Proust, laquelle doit être juste légèrement imbibée de thé, le contraire n'étant pas nécessairement vrai, et réciproquement.

Écrit par : Albert Franchion | 15/04/2013

Mais je peux me tromper.

Écrit par : Albert Franchion | 15/04/2013

trouvé sur la toile :
"Située dans la technopole de Valbonne-Sophia-Antipolis, à 10 minutes à pied du siège d'Amadeus IT, la Résidence Saint-Exupéry propose des studios indépendants dotés d'une connexion Wi-Fi gratuite.
Chaque studio dispose d'un balcon et d'une kitchenette équipée d'une bouilloire"

Écrit par : clone de HR | 15/04/2013

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C'est pas ce qu'il y a de mieux, la wi-fi, d'autant que dans ces coins ils doivent être en fibre optique. Resterait à câbler toute la résidence, le FAI étant probablement local. Le seul ennui, c'est qu'il faudrait mettre en ethernet pratiquement toutes les pièces de tous les appartements, mais si ce sont des studios ça limite encore pas mal.

Bon rien que de voir l'annonce ça fait déjà rêver... Alors si en plus on a les bouilloires comme prétexte pour ouvrir sa porte à toutes voisines porteuses de madeleines... Dommage quand même qu'avec un nom pareil ils fournissent pas le PPL en standard...

Écrit par : Sergio | 15/04/2013

"S'il vous plaît...dessine-moi un Pi-thirty-eight Lockheed avec des flotteurs en forme de donuts, c'est pour monsieur de Saint-Loup, pilote, qui se sert de l'énorme trou noir galactique au milieu des biscuits comme étalon lorsqu'il bague le vilebrequin magique de sa grosse hélice ou qu'il y fait reposer les fins monocles de sa collection afin qu'ils se sèchent les larmes de sel puisées au grand vent blanc de la petite bleue, après un vol au ras de l'écume des jours."

Écrit par : alec | 20/04/2013

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C'est vrai que cette Recherche, tout se dégrade au fil, je n'en prenais pas conscience... Saint-Loup qui, après des turpitudes de moins en moins sympathiques, finit dans les tranchées, on les aurait oubliées, celles-là... Voilà pourtant un personnage qui démarrait en force... Au moins Ferdine c'était à cheval ! Sur son ours ! Avec le colonel des Entrayes...

Saint-Ex était un sacré casse-cou, il a fait pilote d'essais plusieurs années, s'est coltiné de véritables fers à repasser... Et ensuite on a rapporté qu'il était mauvais pilote en quarante, là faut le faire quand même ! Bon j'avance dans Citadelle c'est mon troisième ou quatrième essai, enfin après le Wake on ne craint plus rien. Citadelle n'a rien à voir avec les autres, on a l'impression de lire la Bible, ensuite ça va mieux, on pénètre dans le truc, c'est là que j'ai repéré l'histoire de la bouilloire qui en fait joue plusieurs rôles, dont pour le lecteur celui de la madeleine, la théorie des ancres tout simplement.

Écrit par : Sergio | 20/04/2013

La théorie des ancres tout simplement a comme application pratique le mouillage. Or, pour la madeleine, le mouillage est essentiel. La madeleine sèche n'est rien, il faut la tremper. C'est ainsi qu'on retombe sur ses pas. Sauf que, pour un pilote, retomber n'est jamais bon. Donc finalement je ne sais pas trop à quel saint ex me vouer.
Comme il était électrisé par Kate L. (que HR a bien connue, c'est celle qui a épousé un psy dont le fils avait une galerie d'art) avant de s'amouracher d'Ethel K. (une info que je tiens de TKT), je me dis que la solution est peut-être à chercher du côté de la kettle électrique. Mais on perd le rapport avec la madeleine. Sauf si on se rappelle qu'il n'y a pas de thé sans kettle et que, sans thé, la madeleine est sèche. D'où la nécessité du mouillage, la théorie des ancres, tout simplement.

Écrit par : Fratt Carnoulf | 24/04/2013

Hmm… réflexion faite, je retire ce que j'ai dit.

Écrit par : Fratt Carnoulf | 24/04/2013

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Il est bien rare que l'on n'ait pas envie de retirer ce que l'on a dit, même une fraction de seconde auparavant... Du coup cela devient intéressant de prendre rang pour l'avenir...

Écrit par : Sergio | 24/04/2013

"prendre rang pour l'avenir".
Okay d'ac, du coup j'ai retiré d'avance ce que j'allais dire.
De toute façon, dire ça sert à rien. Quand il faut faire, il faut faire, y a pas de dire.

Écrit par : bretelle | 25/04/2013

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Oui mais "faire" peut signifier deux choses, agir sur la matière, comme l'artiste, le scientifique, ou agir sur les gens, ce qui revient à "dire".

Écrit par : Sergio | 25/04/2013

J'ai encore faux, alors ?

Écrit par : bretelle | 25/04/2013

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On n'a jamais faux, ou juste, parce qu'il n'y a pas de réalité pour nous, on est dedans...

Écrit par : Sergio | 25/04/2013

D'accord pour l'ours monté à cru par Céline (mais son fait d'armes d'estafette héroïque s'est déroulé à pied, contrairement à une légende tenace.) Pareillement ok au sujet des insinuations sur ses aptitudes au vol de combat qui prétendument laissait à désirer (mais, comme vous dites, les zincs étaient de toute façon très délicats à maîtriser, le temps d'apprentissage était réduit, les derniers pilotes arrivés dans l'escadrille Normandie-Niemen par exemple parachevaient les techniques les plus simples au cours même des missions (qui, vers la fin, étaient "choisies" par l'état major russe qui voulait épargner le plus possible ses amis français.) La volonté de Saint-Ex à combattre et à faire sa part dans la libération de la France est vraiment admirable, maintenant, des témoignages s'accordent pour dire qu'il était épuisé nerveusement au moment du MIA fatal, c'est peut-être une donnée à prendre en compte.
En ce qui concerne ses livres, ma passion pour son style de récits ne décolle pas toujours en "hot scramble" (comme chez les Tanguy, jeudi c'est ravioli et les Laverdure, lundi c'est petits pois en verdure, sur leur Mirage III c), même si j'ai toujours chez moi les sacs postaux d'un vol de nuit que je reçus très jeune dans ma chambre de jeune lecteur, par la fenêtre.
Ce qui nous ramène à l'électro-ménager ; quand on pense à la cuisine aménagée cinq étoiles que lui et Consuelo pouvait prétendre à se bâtir dans leur petit nid douillet de l'après-guerre...Consuelo dont les yeux détournèrent d'ailleurs pour l'Antoine tout le bleu d'émeraude du Gulf Stream vers les rives de l'Uruguay rien que pour lui, pour qu'il se repère mieux la nuit au dessus du plateau continental d'une mer d'huile d'argent, un peu patinée par les âges géologiques et atlantiques.
Consuelo dont les petons étaient sans doute les meilleures des bouillottes.

Écrit par : alec | 26/04/2013

Il a bon, alec, là ?

Écrit par : bretelle | 26/04/2013

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Bien sûr, qu'il a bon. Mais l'intérêt, c'est que tout le monde peut avoir bon, et sans aucune condition ! Il faut absolument sortir des exclusives, de cette maudite relation d'ordre, de cette fameuse notion d'identité. Beaucoup sont flous à cet endroit, Proust fait mine au début de la rejeter, et puis crac ! Il retombe dedans pendant soixante-dix volumes. Saint-Ex c'est un peu mieux, mais ça revient vite au galop quand même...

Écrit par : Sergio | 27/04/2013

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Alec > J'ignore pourquoi, mais à l'école primaire je me suis coltiné un exposé sur Terre des hommes, avec biographie et tout. On n'était quand même pas mené à la rigolade ! Evidemment j'ai pas dû comprendre grand-chose, ni a fortiori entrevoir qu'ultérieurement je pourrais m'intéresser à Saint-Ex, encore moins, dans un autre registre, au pilotage. En plus cela se passait à Verrières-le-buisson, et comme Louise de Vilmorin a eu une idylle au moins platonique avec Saint-Ex avant de choisir la voie Malraux, j'aurais bien dû aller leur demander des compléments d'éclaircissements pour mon exposé... D'ailleurs dans tout le bled on savait si Malraux était là ou non, un peu comme le pacha qui monte à bord, quoi...

Écrit par : Sergio | 27/04/2013

Ah oui Sergio, je compatis pour l'exposé. Mais je pense que vous avez dû vous en sortir avec panache, et pas seulement "aux instruments."
C'est amusant votre mention de "la voie Malraux", j'ai bien souri, c'est vrai que c'était royal comme choix, c'était sûrement déjà l'époque du grand rattrapage autoroutier français, mais la grandiose voie appienne de l'amour gardait évidemment tout son charme campagnard. L'air de rien, quand on est gamin, savoir qu'un écrivain, grand, moyen, reconnu, local, qu'importe, est dans les parages, c'est important, j'en saisi tout l'enjeu, je regrette de n'avoir pas connu ça. D'autant plus que Malraux était un pilote passionnément refoulé. L'enfance "sent" des choses c'est plus que sûr. Lacarrière parle dans ses bouquins de ça aussi, l'attirance pour les avions, l'aimantation des terrains d'aviation, cela aurait-il à voir avec ce que l'on perçoit à l'oeuvre dans le plan de vol d'un livre qui nous a ravi l'esprit dans le silence d'une lecture faite dans la douceur du foyer familial ? j'ai sans doute l'air de pousser un peu, mais l'enfant est souvent expert à décider des connexions suprêmes, jusque dans l'infiniment subtil, alors même que la complexité toute relative de la vie des adultes semble lui échapper. Appel de phare, Sergio.

Écrit par : alec | 30/04/2013

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Cette affaire d'enfance me turlupine également, dans la mesure où l'on peut toujours se dire qu'à cette époque on pensait juste, riche, que l'on avait finalement autant de vocabulaire que maintenant, et sans les concessions à l'époque, et simplement on n'a pas osé franchir une sorte de Rubicon pour écrire, peindre, composer. C'est probablement un peu différent, parce que l'on repose toujours les mêmes problèmes. Et puis l'enfance revient assez facilement, avec toutes ces madeleines : ombre hopperienne dans un couloir, bout de haie, il est vrai que cela surprend toujours.

Et je pense que c'est très utile, parce que les réflexions d'adulte sont assez polarisées par la société, son fonctionnement, toutes choses déjà vues et qui tournent en rond. Je dirais que, toujours dans la lignée des madeleines, il faut savoir retrouver le beau non pas dans le laid, mais dans le commun et l'habituel, c'est le commencement.

Appel de phare aussi, toujours pas de contrôle technique...

Écrit par : Sergio | 30/04/2013

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