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21/10/2017

Heil !

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J'ai un petit chez Samsung à Séoul. C'est un physicien, mais classique, c'est-à-dire non quantique. Ceux-là louchent généralement bien vite vers une place comme branleur genre CNRS : ils ont fort raison, seulement le mien de loupiot, comme toute leur génération, ignore beaucoup moins l'oseille que nousses les hattardés. Adonc ils est dans les moteurs de satellites à effet Hall : autant que ça choie sur la tronche immonde du voisin Kim que sur ma terrasse au-dessus de mon gourbi hadoré que j'aime...

 

Et halor toutes ces considérations apparemment sans rapport font qu'après une bonne dizaine d'années dans ces milieux purement scientifiques il commence à ressentir un manque de nourritures littéraires, philo, géopolitiques ; sans compter que le coréen est une langue vraiment difficile et qu'il ne peut se retourner sur ses collègues, bientôt amis, de taf, pour trouver cet oxygène là. S'agissant du quotidien et du boulot c'est bon, mais pour plus loin... Ce coréen, c'est une langue purement symbolique, donc énormément de signes à apprendre, à l'inverse par exemple du japonais, comme nous l'ont essepliqué Chiara et Xlew, qui a réussi à intégrer des éléments phonétiques.

 

Et il s'est pris de fil en aiguille d'intérêt pour les fondements théoriques, genre Hannah Arendt, de la dictature d'une part, du totalitarisme de l'autre, ce qui fait qu'on en cause périodiquement à deux sur la messagerie de Facebook. Et alors le fascisme, est-ce de la dictature, ou du totalitarisme ? Des deux, naturellement, ce qui ne nous avance guère. L'ami JC nous dit : "Nous sommes tous des fafs". Certes, mais il faut trouver pourquoi et en quoi. "Ramasser un mouton (poussière) sous le bureau, c'est déjà construire des camps", avait-je proféré ici voilà deux ans maintenant, lors même que juste ensuite icelui JC était venu en quelque sorte sauver ce blogounet en me déterminant peu à peu à relancer des billets un peu plus conséquents. Halor ce mouton, quand même pas le Génie des alpages ? A la vérité on est en plein Pérec, "Classer ou penser".

 

On retombe sur des notions parfaitement élémentaires, les meilleures. L'esprit humain distingue deux assertions, le jugement de prédication et le jugement de relation, étant entendu qu'un jugement est ici tout simplement un lien entre deux faits. Le jugement de prédication, c'est le "classer" ; on range chaque fait dans sa boîte, au moyen d'une loi de composition interne. La boîte, c'est juste un ensemble d'éléments qui vérifient la loi en question. Ce qui est remarquable, c'est le caractère discret du phénomène. Discret au sens mathématique, bien sûr, on peut aussi dire par exemple numérique. Ici pas de logique floue, la valeur de vérité est zéro ou un. On peut être dans vingt-cinq mille boîtes à la fois, de nature, de registres différents, autrement dit pour des raisons différentes, mais pour ce qui concerne chacune, on y est ou on n'y est pas. Voilà de l'ordre, et qui interloque dirait Ferdine.

 

Le "penser", lui, c'est précisément l'inverse. Le jugement de relation consiste simplement à établir un lien, et un lien vide, entre les deux faits. Et là, ce qui est intéressant, c'est que l'esprit va quitter le deuxième fait, donc son premier objectif, pour se rendre un peu partout dans la connaissance et la réflexion. C'est progressif mais souvent très rapide, et surtout sans solution de continuité, ce qui fait qu'à ce train-là, c'est tout l'espce que l'on occupe, comme le poisson quantique. Autant le principe directeur du classer réside dans la séparation, dans l'ordre, autant celui du penser règne, lui, dans l'unicité, dans la totalité. Ordre et totalité, cela ne vous dit rien ? L'ordre de mettre de l'ordre, ne serait-ce pas un peu la dictature ? Et la totalité le totalitarisme ? Nous y sommes !

 

Ce sont véritablement deux frères ennemis et, certes, complémentaires, c'est-à-dire très distincts et opposés. La réalité, comme on va le voir, c'est une autre paire de manches ; mais d'abord, terminons-en avec l'approche théorique au moyen d'un exemple parfaitement canonique, le passage clouté, mettons celui d'Abbey road. Appelons P. cet ensemble de bandes blanches sur la chaussée, les clous étant du temps que les moins de vingt ans etc. Soit P, donc. La dictature m'oblige à passer précisément et avec précision sur ces maudites bandes ; notez que pour cette question, sous Hitler, Hollande ou Macron c'est pareil. P est surveillé par de la flicaille, visible ou invisible, avec ou non caméras, radars et même, allons plus loin, mitrailleuses ; simplement, pour ce dernier point, j'ai légitimement la certitude absolue que si j'emprunte le passage, ils ne tirent pas, alors qu'ils le font si je fais mine de traverser à côté. Je suis également sûr qu'ils ne chercheront pas à m'adresser la parole si je franchis au bon endroit ; je n'ai qu'à regarder ailleurs, tout en marchant, et tout va bien. La certitude, c'est en quelque sorte les vacances, le repos de l'esprit ; la certitude, on est en plein dans nos boîtes précédentes : je passe dessus (ou je fais demi-tour) d'une part, je tente de passer à côté d'autre part. Ajoutons pour le fun que la première assertion, donc, à son tour se décompose en deux, je passe comme il faut ou je fais demi-tour, catégories qui n'en font qu'une au regard de la loi. Au départ ce gigantesque traquenard, qui n'existait pas la veille, peut choquer, terrifier, voire mettre en colère. Mais je réfléchis : qu'est-ce qui m'empêche de passer dessus, certes, mais en poursuivant le fil de mes pensées, en écoutant le While my guitar ou en me pâmant devant, tout en marchant, le catalogue de chez Norton motorcycles ? Rien, absolument rien, rien ne peut m'arriver. A l'exception de ma conscience, avoir cédé à ces infâmes, mais et alors ? Je suis pas un résistant professionnel ! Ce qui m'anime, c'est rentrer chez moi pour me coller devant ma chère machine pour regarder les coms et faire des billets, ou halor un coup de 3D. De plus, avant ce passage cloûté là, j'en ai franchi trois, fait la queue à Cora pour payer mon chocolat glacé, poireauté à cinquante feux rouges et la veille il m'avait fallu tendre bien humblement mon billet de train au contrôleur de la SNCF... Halor keapons cool et préservons l'essentiel.

 

Le totalitarisme, c'est à peu près le contraire. Le passage clouté est toujours là, mais sans fliquemerdes, sans miteuse, sans radars. Mieux, ou pire, ces ustensiles n'existent même pas dans ma tête. Ce qui se passe, c'est qu'il n'y a rien dans ma tête sur les passages cloutés ; enfin si, mais comme les montagnes, les villes, la météo... Ils sont, on sait ce que c'est, et la messe est dite. Cela n'empêche pas qu'aux frontières de l'empire on a connaissance de ce qu'il existe des sortes de расколники, autrement dit des illuminés d'un autre âge qui refusent les passages cloutés, comme d'autres le porc ou même la viande tout simplement : mais nous, on n'est pas concerné, cela demeure purement touristique, exotique. Surtout, ce qu'il ne faudrait pas croire, c'est que dans le totalitarisme une petite voix intérieure vient nous harceler, nous relancer comme quoi ces passages cloutés sont exagérés, outranciers, une offense à la liberté ; cela n'arrive pas, cela ne peut plus harriver, pour une raison simple : les passages cloutés, comme les montagnes habitent le subconscient. Se pose-t-on des questions à propos des montagnes ? C'est un peu comme une anesthésie éternelle. En un sens finalement on n'en souffre pas non plus... L'esprit n'est qu'aliéné, c'est-à-dire confié à d'autres pour son entretien, ses mises à jour, on ne le revoit qu'en tant qu'utilisateur. On n'en souffre pas ? Si mais "autrement" : saturé de ces contraintes, on est un éternel malade cantonné dans la vie courante ; tout le reste est bloqué, quelques minutes libres de toute préoccupation semblent un abîme qui effraie. Et on se fatigue...

 

Ca nous éloigne, ça nous éloigne... Car enfin il faut bien en arriver à ce que l'on perçoit, à la réalité, à la manière dont elle est faite. Il y a plusieurs aspects, techniques et sociologiques. Remember ! On disait déjà que le pouvoir de Tonton était bien plus absolu que celui de Louis XIV ; on pensait surtout technique. Mais il y autre chose, et plus inquiétant : la société entend de plus en plus gouverner les individus, dans leur "comportement" pour commencer ; terme hautement galvaudé, imprécis et surtout abject, en ceci qu'il trahit déjà une tentative d'appropriation. Parce que ce comportement peut consister à céder sa place dans le métro, mais on n'en est plus là... Ni même à la gonio de la Kommandantur ! Après tout, que l'Etat sache ce que je pense n'empêche pas de vivre. Mais on va bien plus loin maintenant, on se rapproche, on envahit la vie physique, par exemple lorsqu'un ministre nous donne des cours de brossage de dents. Tout devient déterminé, la consommation orientée, mais aussi bien tout ce qui concerne le corps : on n'est plus très loin des certificats médicaux annuels pour la muscu, mais aussi le permis de conduire, ou encore d'aller se présenter, tous les dix ans au début, à l'officine qui paye les retraites. Et cela va continuer... Obligation de prendre tel ou tel médicament...

 

Cela sonne à la porte de tous côtés... Recensements, gaz, conseillers en poubelles ! Et d'ailleurs on a même interdit l'euthanasie, pour pas qu'on puisse en sortir... Halor, la part de la dictature et celle du totalitarisme, dans tout cela ? Ca s'imbrique se phagocyte s'osmose ! La dictature fait la passe au totalitarisme, comme le conscient au subconscient. La robotisation, la SF ne sont plus bien loin...

15/10/2017

Paint is black

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Le quatre couleurs Waterman... Pérec mais aussi Roland Barthes... Il vaut bien la D.S. dix-neuf, voire la vingt-et-un des Valseuses... Un mythe, et qui annonçait ce nouveau culte de l'objet.

 

Le machin havait cette ligne particulière que l'on pourrait définir, comme en logique formelle, négativement : pas une fausse note. C'est exactement la première impression que j'ai eu pour la fameuse Norton commando : rien de génial, si ce n'est un équilibre absolument indiscutable ; à chaque fois que voudrait venir à la surface l'amorce d'un commentaire, d'un début de discussion, on se ravise :

 

- Non, tous comptes faits, c'est mieux comme cela !

 

Hon ne se lasse pas de regarder un truc où il h'y a rien de spécial à regarder, cela permet de se concentrer sur ce qui est lisse, naturel, ordinaire, des volumes et des formes dessinées depuis seize mille ans après Solutré, parfait, quoi... Et à tous les cours ! Finalement, le clic-clac des changements de couleur n'était pas l'essentiel ; bien sûr on démontait une fois pour voir comment ça marchait ; et puis on faisait clic-clac. Quand il y en avait cinq ou six en même temps, le professeur grondait, comme Ysengrin. Mais c'était la guerre révolutionnaire ! Marxiste-Léniniste... Comment tu fais havec tes Iroquois de la first cav pour aller rechoper des stylos qui cliqueclaquent aux quatre coins de la classe ? Et les filles n'étaient nullement en reste ! L'essentiel quand même c'était ce mélange symbiotique de pureté des lignes et de rassurant conformisme, dès lors que tout le monde en avait au moins un...

 

Tout le monde, non. votre serviteur n'en avait pas, du moins au début ; mais n'anticipons pas. De ce remarquable vistemboire, il y en avait trois modèles : le normal, tout acier qui se défraîchissait au fond assez vite dans les trousses "fourre-tout" et aussi sous la morsure, des heures durant ; ensuite le même avec l'agrafe en plaqué or, qui faisait immédiatement super classos : on n'oserait pas le toucher ; enfin le modèle entièrement plaqué or qui, reconnaissons-le, semblait ainsi un peu lourd, chargé, baroque. Jamais vu un seul au lycée, quelques belles agrafes quand même, pas beaucoup, et puis la très immense majorité en hacier lambda.

 

Le samedi, bien souvent, mes parents allaient faire des courses à Paris, à commencer, une fois par mois, par la paye de mon père qu'il fallait aller chercher aux Chèques postaux, en liquide je crois, parce que les chèques démarraient seulement. Et вот так eines Tages un jour ils ramènent... un cadeau de mon popa for ma moman... Le terrible modèle en plaqué or ! Bigre... Haque c'est beau... Très munificent ! Posé sur le bureau un gigantesque exécuté à façon au faubourg saint Antoine... Que j'ai mainenant le gros meuble par droit d'aînesse non mais halor ! Par exemple c'était juste avant Noël et du coup ça m'a mis à gamberger... J'avais pas encore fait la lettre au père Noël vous imaginez la suite ! Bien sûr c'est pas le burlingue que je reluquais c'est l'outil...

 

La suite ? Un désastreux désastre c'était couru ! Ha j'en ai trouvé un, de quatre couleurs, dans mes sabots jolis... Pas n'importe quoi ! Un suisse... Sûrement ça coûtait bonbon ! Mais halor... Ringue on pouvait pas faire plus ! La seule idée de se pointer au bahut avec cela... Valait mieux déserter ! Le machin il havait une tête en T., une tête d'enclume, quoi... A pas le regarder ! Et puis cylindrique parfait... A côté des formes suggestives du Waterman ! Non mais c'était pitoyable... Le tréfonds de la misère ! C'est pas possible j'étais marqué... Le Diable au corps ! Et les gonzesses voir ça... Pas de pitié vae victis... Un looser, que j'étais devenu ! Restait le mécanisme, le fameux clic-clac... Les Suisses c'est des autorités là-dedans... Les ressorts microscopiques les mécanismes mignons huilés sans huile qui caressent comme du velours... Peut-être même le déto de la bombe atomique ? Entre deux coucous pourquoi pas... Je commence à hactionner je regarde, prêt au sublime ébahissement... Tu parles... Je vous le donne Emile... De mécanisme, pas le moindre ! Non mais pas du tout haucun... Pas plus que de beurre en broche ! Coup fatal... J'arrivais pas à y croire. Sûrement j'avais oublié quelque chose il devait être dans un petit sac à part ; à monter soi-même, quoi... Self made. Je déplie le mode d'emploi hon va bien voir !

 

On n'a rien vu du tout... Pas l'ombre du plus microscopique ressort ! Y en avait pas y en avait pas... A quoi ça sert la Suisse halor pour les ingénieux mécanismes ? C'était plus le Titanic, c'était le radeau de la Méduse... Et re il fallait que je pointe havec ça au lycée ? Ha joli coup j'avais fait là bon Dieu de père Noël... En plus c'était sûrement en duralumin, ce bastringue... En tungstène en mercure solidifié ! Ca promettait de durer quatre mille ans... Parfaitement inoxydable inrayable c'est de la fonte madame... No way dans le sabotage ! Tout se casserait dans la trousse sauf lui... Y compris un vrai Waterman... C'était leur seul défaut, le corps en acier pouvait se prendre des beugnes, des rayures, des pincements des légers plis difficilement récupérables. Havec l'agrafe en or ça passerait mieux...

 

Comment cela, l'agrafe en or ? Quelle agrafe en or ? Baste... C'est que je mijotais... Laisser cet affront impuni ? Ca me décuplait de revanche... Mais enfin c'était terriblement dangereux ! Tout de même... Au bahut ça se voyait pas trop, mon ours, je le planquais au tréfonds... Pire que le "plan" de Papillon ! Caché comme le steak, recouvert dans la trousse. J'apercevais ceux des copains, des greluches... Faut que j'aye mon mien, quoi ! Pas plus tard que bientôt... Sacré probloc ! Qui saura ? C'était l'époque de Mike Brandt faut dire... Des magasins j'en connaissais deux ; le premier sur les hauts de Verrières, donc assez éloigné pour que ma Môman n'y aille que rarement ; le second à Antony même près du lycée, donc pas bien discret. Mais Verrières, il faut un prétexte pour aller traîner aussi loin : le jeudi haprès l'équitation, toute proche, mais en bombant, hein ! Et le nerf de la guerre ? Tire-lire, trop dangereux : tout le monde savait ce qu'il y avait dedans. L'argent des commissions ? Pour réunir dans les cinq mille francs... Finalement j'ai dû faire un bricolage des deux. En plus le jeudi, avec un peu de chance seul à la baraque pour examiner mon butin à l'issue... Le magasin en avait j'étais sûr.

 

Ce qui fut fait ! Mieux qu'Otto Skorzeny... En fin d'après-midi je palpais le biniou en tous sens ! Me souvenais... Dans la librairie en bottes, culotte, bombe ! Pas les éperons quand même toutes manières je les mets que contraint et forcé, aux examens par exemple, comme d'ailleurs la gourmette. Personne a rien dit j'ai casqué puis filé havec mon butin. Ca fait des souvenirs ! Au lycée j'étais un autre jules... Porteur du talisman ! Redevenu un mec de ma génération pas comme Sheila je vais seul... Ca change et ça change pas. A la maison je la ramenais pas je voulais pas qu'on me voie épanoui qu'on suspecte... C'est que ça va vite une fouille ! Je bossais sec pour me faire houblier. Au bahut clac ! Clac ! Pire que les oies de Zornhof... Des coups à se faire poirer ! Cela a bien dû se produire au moins une fois, en permanence plutôt. En permanence avec certains pions ça peut être le boxon complet ça dépend... Et puis il y a les gonzesses des autes classes ! Toujours mieux que les nôtres, forcément...

 

Tout roulait... Mais un jour dans la trousse l'objet beugné ! L'infarctus dont nous causent les journaux comme chantait Renaud... Heffondrement de l'univers ! Gigantesque carambolage de la ferraille... En réalité un vague pincement au métal. Mais le probloc, c'est que la bête humaine veut nécessairement surcompenser la compensation : m'est revenue la vieille idée de l'agrafe en or ; là je l'avais pas, léger regret. Vous me voyez venir : bis repetita... Aux orties l'ours ! Salopard traître je te connais plus... Vite un autre, mais havec l'agrafe, et bien entendu plus jamais dans la trousse. Le pognon je sais même plus, d'autant que c'était un peu plus cher, pas trop. Dans ces cas-là trop n'existe pas n'y a que le possible et l'impossible.

 

Vraiment splendide ! Mille fois plus beau que l'autre... J'en revenais pas ! Bien mieux que dans la vitrine... Là je le planquais à mort, même des copains ; les filles à la limite, sont pas voleuses. Propriétaire d'un trésor enfoui ! Et puis haprès j'ai oublié...

10/10/2017

Petite histoire vécue dont on pourrait tirer des conclusions ?

Il y avait autrefois à Paris tout en haut des Champs-Elysées un cinéma qui passait des films anciens à des prix imbattables entre midi et deux pour les étudiants fauchés. J'y ai vu "Chantons sous la pluie" trois fois dans la même semaine... et j'ai même failli m'y faire assassiner ... (ça c'est pour le suspense)

 

Je recopie une partie d'un article de journal découpé à l'époque* :

 

 

Paris, 2 mars 1964

 

Drame dans un cinéma parisien. Une spectatrice poignardée par un noir

 

Une jeune femme a été frappée à coups de couteau par un noir...dans le cinéma "Les Champs-Elysées". La jeune femme, Mme Carmen G.... regardait le film "Chantons sous la pluie" lorsque l'homme se jeta sur elle et lui porta plusieurs coups de couteau. Mme G a été atteinte à la gorge et à la poitrine. .../... Des spectateurs maîtrisèrent l'énergumène qui fut conduit au commissariat de police..../..."J'ai frappé Mme G. , a-t-il dit, parce qu'elle me devait de l'argent". Les policiers mettent en doute cette explication car l’homme ne paraît pas jouir de ses facultés mentales et il est possible qu’il ne connaisse pas la victime.

 

 

En fait, lorsque la femme a crié et que le film s’est arrêté, j’étais furieuse. Des gens s’étaient levés, ils cachaient l’écran , quelqu’un à côté de moi a dit : « Oh, encore une qui a une petite crise ! » Mais nous avons entendu l’ouvreuse qui disait : « Fais allumer la salle, il lui a fichu un coup de couteau. »

 

Surprise, étonnement, attente, curiosité,  puis la police est arrivée qui a emmené l’homme, je n’ai même pas vu la femme.

 

 Puis le film a enfin continué. 

 

 *en cherchant sur internet (on y trouve décidément tout) et en mettant le nom de la victime j'airetrouvé dans'Paris Jour' un article qui relate le fait divers mais ce n'est pas cet article là que j'ai gardé (je ne lisais pas Paris Jour !)

 

 

Lucy, almost in the sky without diamonds