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27/11/2016

Le mot et la chose

Hor donc il y a peu de jours il advint que JC a remployé le terme "onomatopée", histoire de rappeler les origines de la littérature, et moi ça m'a rallumé passeque voilà. Comme en mathématiques on admet que, en l'occurrence on admet que personne n'a perdu de vue que le grec "onomatopeia" signifie "formation de mots" ; donc les Grecs le savaient ! Heu non c'est pas ça... Pas besoin de remonter à Solutré, dans la vie courante dès que le son passe pas (éloignement, langues étrangères, marteau-piqueur) on y va au geste. Mais après danach ? Là c'est plus fin, disons que, contrairement au geste qui fuse immédiatement, on hésite à oser imiter un bruit pour évoquer un phénomène, et puis après on y va ; c'est vrai qu'on fait un peu l'acteur. Mais les bêtes aussi ! Enfin rendons grâces à la bande dessinée, et puis après tout apprendre une langue, dons son parc ou un labo, c'est bien imiter des sons, etc.

 

Et justement, imiter. Ce qui m'anime, dans l'affaire, ce sont les assonances et allitération dans tout cela. Encore elles ! Par nature, chacune des deux constitue une répétition ; et qui peut se produire dans le même mot, ou entre voisins, ou se réverbérer en bondissant dans la phrase, bref on assiste purement et simplement, comme dans une symphonie, ou une poésie, mettons, à une juxtaposition de phénomènes ondulatoires, chacun sa fréquence chacun son amplitude, parce qu'évidement vibrer c'est recommencer. Et alors ces assonances et allitérations, ou bien l'on s'en sert comme maint poète, ou bien ce sont d'ennuyeux parasites et on les traque dans tous les coins.

 

Peu importe au demeurant, l'important étant de remarquer qu'elles s'amènent quand bon leur semble, c'est-à-dire fort souvent, et surtout sans qu'on les invoque ; autrement dit elles ont une vie propre, elles sont le résultat de l'action d'un mécanisme, cette perpétuelle vibration de tout partout. Elle est là, l'écriture automatique ! Mais ce n'est que le début... Elles s'imposent, ces braves, finalement... Et elle vont jusqu'à suggérer la fin de la phrase, de la même manière qu'au concert, quand c'est possible, on se met à terminer une mesure ou on écrit la mesure suivante à la place du compositeur. Et elles la suggèrent à qui, la fin de la phrase ? Eh bien à la main, directos, par un arc réflexe raccourci ! Elles écrivent avant la pensée ! Ne dit-on pas : "ça m'a échappé" ? Et les gus qui s'écoutent parler ! Il faut un temps d'avance, pour cela ; et ce n'est pas celui qu'on croit, c'est l'autre, celui de l'automatisme, donc bien évidemment du subconscient...

 

Tout cela pour farfouiller les délicats mécanismes qui font qu'on vit comme des zombies, ce qu'on savait déjà... Bon je m'en vais sur ma Yamaha ; trouvez pas que ça fait le bruit, "Yamaha", un peu élastique de quelques forcenés coups de kick ? Et puis alors après cela plus besoin de demander si les robots vont parler ! Ca i vont nous les casser, oui...

20/11/2016

Concert for Georges

Halor voilà je reviens sur un sujet particulièrement barbant mais compte tenu du fait que dans un blog normal on est bien d'accord que les billets faut pas les lire, eh bien qui ne saurait faire de mal à nobody que ce soit... D'ailleurs on voit pas tellement pourquoi j'en cause, étant bien moins amplement informé que des qui font des thèses et des ouvrages de plusieurs kilos sur ces phénomènes subreptices ; mais enfin on est tous un peu des motodidactes comme Clopine, et rien que dans les souterrains du cerveau on peut voir des trucs que les excellents spécialistes, pressés comme ils sont comme Alain Delon, loupent en se payant un pilier qui leur dit "gros plein de soupe !"

 

Hadonc en logique formelle on distingue le jugement (lien entre deux faits = idée) de prédication et celui de relation. Good ! Mais keskeucé comme dirait le Concombre ? La prédication c'est les boîtes, les étiquettes, l'appartenance à un ensemble (en fonction de ses lois de composition), ce qu'on obtient par le syllogisme le plus classique, la déduction : en un mot, le fameux "classer" de Georges Pérec. A cet égard je me demandais ce matin en renversant le café par terre si, en prenant comme cellule de base le syllogisme (ou son équivalent mathématique), on ne pourrait pas modéliser l'ensemble de la pensée, par exemple l'acte simple de mettre son béret pour aller au pain, avec sa variante de s'arrêter au bistrot qui appelle, ou même des constructions intellectuelles beaucoup plus abstraites.

 

Donc ça c'est le un, le classer, la prédication ; s'il peut tout faire, qu'est l'autre, le penser, le jugement de relation ? Hé bin c'est peu clair ; a R b, qu'on dit, mais pourquoi et comment, c'est à peu près aussi précis que le "penser". Du coup l'on songe à quelque magie, et même j'avais imaginé que ce pourrait être proprement le résultat du travail du subconscient, qu'il nous livre en renversant le café. Fatal error ! On n'a jamais dit qu'il nous livre des pensées géniales ; ce que l'on observe, c'est qu'il nous propose des idées séduisantes de clarté, et qu'on aurait dû avoir depuis longtemps : nuance ! Donc en fait c'est rien, c'est juste un autre canal. En revanche, ce qui caractérise cette activité, c'est sa grande puissance, due probablement à des questions de transmission : on arrive vite et bien dans l'ESP, avec toutes les perspectives qui s'ouvriront un jour. Mais le contenu, en toute rigueur, ça reste du "classer", du rangement, de la localisation, de la place, donc quelque chose d'expressément relatif.

 

Cela signifie qu'on aurait fait le tour de la pensée humaine, et qu'on ignore si d'autres sont envisageables. En revanche cela simplifie la question des ordinateurs nous supplantant : bien sûr, c'est possible, il n'y a rien que de très simples comparaisons, faites de manière heuristique, c'est-à-dire en comparant tout à tout ; quel boulot ! Mais déjà havec mon Xeon ça trace un max, alors avec des ordinateurs vivants...

 

 

21/10/2016

Unfall !

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Voilà ce qui se passe le matin chaque matin que Dieu fait avant toute chose je fonce à la poste au petit galop de chasse relever non pas le compteur mais la boîte, attendu qu'on est affublé comme facteur d'un pitre tronche en biais qui ronque pire qu'un porc toute la matinée et s'amène tranquillos dégazer en pleine après-midi ; adonc de la sorte moi aussi je le suis, tranquille, en outre je vois pas son groin et enfin il y a les poubelles de la poste je mets tout le courrier c'est la poubelle qui trie.

 

Hadonc j'arrive avant que le soleil ne soit très haut dans  le ciel, christiania dans le dernier virage pour pas riper dans le caniveau, je mets le casque lourd la serpette entre les dents comme les Rouges et j'envisage l'objectif à quinze mètres et à fermes jumelles ; et qu'est-ce qui en sort, de l'objectif donc du gourbi des boîtes postales ? Un pingouin, vieux mais encore pas trop, et surtout harnaché à dans les six cent mille euros, jean encore étiquettes au vent et repassé comme à la Légion et tout le reste à l'avenant, en général je regarde pas beaucoup les mecs.

 

Et sur sa gauche c'est-à-dire face à moi, dégoulinant mollement sur le trottoir descendant sur nous, un autre pingouin, jeune celui-là, sur une trottinette, un patinette comme on disait. On voit la suite, i se rapproche pesamment du vieux, s'active sur son machin qui arrive même pas à rouler sur une pente pourtant assez marquée, lequel vieux regarde systématiquement ailleurs pour être sûr de se faire empapaouter et peut-être se faire rerembourser le jean.

 

Comment veut-on réussir des accidents avec des aouèches pareils ? Eh bien si, voyez-vous ça... J'ai jamais compris comment, guettant pour détrousser les cadavres. Ca a topé, le jean a commencé à se plier et le bill s'accroupir par terre comme un gros sac, pour se relever en se demandant où i était. Plus modestement l'autre a sauté de sa patinette.

 

Heureusement, il y a eu le dialogue, même à trois, avec la participation d'une bonne femme du voisinage spécialisée dans le boulot d'être là :

- J'en étais sûre, ça devrait arriver !

 

Franchement, on payerait un dialoguiste pour cela ?

 

Sinon, pour alimenter l'incertitude je vous dis pas qui a dit quoi :

- Maintenant fais attention, hein !

 - Oui...

 

Et on a peur des robots ? Mais ils sont là, les robots ! Et nombreux...